Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411236

lundi 16 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2411236
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, a rejeté la requête de M. A, ressortissant ivoirien, qui demandait la suspension de la décision implicite de la préfète du Val-de-Marne refusant le renouvellement de son titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. Le juge a estimé que les conclusions en annulation présentées par le requérant ne relevaient pas de l'office du juge des référés, lequel ne peut prononcer que des mesures provisoires. En conséquence, la condition d'urgence et l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision n'ont pas été examinées au fond. La requête a été rejetée, y compris les demandes d'injonction et d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Meurou, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est présumée remplie, alors en outre que la décision litigieuse le place en situation irrégulière et le prive de la possibilité de travailler ;

- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de la décision en litige ;

- cette décision est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, alors qu'il est le père d'un enfant français et qu'il contribue à ses besoins depuis sa naissance ;

- elle est contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et aux dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Selon l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. M. A, ressortissant ivoirien né le 23 décembre 1982 à Marcory (Côte d'Ivoire), entré en France le 12 novembre 2012, a bénéficié en dernier lieu d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 24 novembre 2023, dont il a demandé le renouvellement le 15 octobre 2023. La dernière attestation de prolongation d'instruction mise à la disposition du requérant est arrivée à expiration le 20 août 2024, sans renouvellement. M. A demande l'annulation de la décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté cette demande. Toutefois, de telles conclusions n'entrent pas dans l'office du juge des référés, au regard du caractère provisoire des mesures qu'il prononce.

3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction avec astreinte, ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

La juge des référés,

C. LETORT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,