Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411356

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2411356
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour de M. A, ressortissant algérien. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie, car le refus de renouvellement du récépissé ne suffisait pas à caractériser une urgence justifiant la suspension, sans que le requérant n'apporte d'éléments sur l'incidence immédiate de cette situation. La requête a été rejetée par ordonnance motivée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans examen des moyens de fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Vahédian, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'il soit statué sur sa légalité, après l'avoir admis à l'aide juridictionnelle provisoire :

1°) de suspendre la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans le délai de 8 jours, sous astreinte de

200 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre à titre subsidiaire à la préfète du Val de Marne de réexaminer la situation administrative du requérant dans le délai de 8 jours, sous astreinte de 200 euros par jour de retard et lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 2 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, de condamner le préfet du Val de Marne à lui verser cette somme.

Il indique que, de nationalité algérienne, il a déposé une dossier complet d'admission exceptionnelle au séjour le 16 février 2024 auprès de la préfète du Val-de-Marne et qu'il ne s'est vu remettre qu'une attestation de dépôt, puis qu'il s'est vu remettre un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 10 juillet 2024, qui n'a pas été renouvelé, qu'une décision implicite de rejet est née dont il a demandé la communication des motifs le 22 juillet 2024, sans obtenir de réponse.

Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car sa mère est en situation régulière et, sur le doute sérieux, que la décision en cause est illégale car il n'a pas été répondu à sa demande de communication de motifs et qu'elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

M. A a présenté une requête, enregistrée le 13 septembre 2024 sous le n° 2411356, demandant l'annulation de la décision attaquée.

La présidente du Tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, se disant ressortissant algérien né le 22 janvier 2004, entré en France selon ses dires en 2019, soutient avoir sollicité de la préfète du Val-de-Marne, le 16 février 2024, son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de la vie privée et familiale. Par une ordonnance du 2 avril 2024, le juge des référés du présent tribunal a enjoint à la préfète du

Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé et il a ainsi placé sous récépissé qui expirait le

10 juillet 2024, qui n'a pas été renouvelé, malgré une demande en ce sens. Il a demandé, par une lettre de son conseil du 22 juillet 2024 la communication des motifs de la décision implicite de rejet qu'il estime s'être vu opposée. Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024, M. A a demandé au présent tribunal l'annulation de cette décision dont il demande également, par une requête enregistrée le même jour, la suspension de son exécution.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'admettre le requérant, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de

l'affaire. () ".

5. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

6. En l'espèce, M. A n'établit ni son identité, ni les conditions et la date précise de son entrée sur le territoire, ni ses conditions d'existence depuis celle-ci, ni sa situation personnelle et familiale, ni enfin les raisons pour lesquelles il aurait attendu cinq ans pour régulariser sa situation administrative.

7. Dans ces conditions, il ne peut être regardé à ce jour comme justifiant d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation caractérisant une urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

8. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter la requête de M. A selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la préfète du

Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,