Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411368
mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411368 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024 sous le n° 2410366, M. A E et Mme C E, représentés par Me Fouret, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision de rejet de leur recours préalable obligatoire, ensemble la décision de refus d'autorisation d'instruction en famille de leur fils B ;
2°) d'enjoindre au rectorat de leur délivrer l'autorisation d'instruire en famille leur enfant sur le fondement du 3°) de l'article L. 131-5 du code de l'éducation en raison de l'itinérance de la famille, ou, à titre subsidiaire de reconsidérer la situation de leur enfant en tirant toutes les conséquences de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat (rectrice de l'académie de Créteil) la somme de
3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
II - Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024 sous le n° 2410367,
M. A E et Mme C E, représentés par Me Fouret, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision de rejet de leur recours préalable obligatoire, ensemble la décision de refus d'autorisation d'instruction en famille de leur fils F ;
2°) d'enjoindre au rectorat de leur délivrer l'autorisation d'instruire en famille leur enfant sur le fondement du 3°) de l'article L. 131-5 du code de l'éducation en raison de l'itinérance de la famille, ou, à titre subsidiaire de reconsidérer la situation de leur enfant en tirant toutes les conséquences de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat (rectrice de l'académie de Créteil) la somme de
3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
III - Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024 sous le n° 2410368,
M. A E et Mme C E, représentés par Me Fouret, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision de rejet de leur recours préalable obligatoire, ensemble la décision de refus d'autorisation d'instruction en famille de leur fils D ;
2°) d'enjoindre au rectorat de leur délivrer l'autorisation d'instruire en famille leur enfant sur le fondement du 3°) de l'article L. 131-5 du code de l'éducation en raison de l'itinérance de la famille, ou, à titre subsidiaire de reconsidérer la situation de leur enfant en tirant toutes les conséquences de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat (rectrice de l'académie de Créteil) la somme de
3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils indiquent qu'ils ont souhaité instruire en famille leurs trois enfants en raison de leur itinérance résultant du travail de leur père qui est amené à se déplacer fréquemment en raison de son métier, que leur mode de vie est donc itinérant et empêche toute scolarisation dans un établissement scolaire fixe, qu'ils ont donc sollicité l'autorisation de poursuivre leur instruction en famille mais que cela leur a été refusé et que leur recours préalable a également été rejeté.
Ils soutiennent que la condition d'urgence est satisfaite dès lors que leurs enfants ne peuvent être scolarisés dans un seul établissement en raison de la profession de leur père, et, sur le doute sérieux, que les décisions contestées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de la Convention internationale sur les droits de l'enfant et de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car leurs enfants ont le droit de vivre en famille.
Vu :
- les décisions contestées,
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation,
- le code de justice administrative.
Par des requêtes enregistrées le 13 septembre 2024 sous les n°s 2410350, 2410351 et 2410352, M. et Mme E ont demandé l'annulation des décisions en litige.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par trois décisions du 26 août 2024, la commission de l'académie de Créteil devant laquelle sont formés les recours administratifs préalables obligatoires exercés contre les décisions de refus d'autorisation d'instruction dans la famille a rejeté les recours formés par
M. et Mme E contre les décisions du 23 juillet 2024 par lesquelles la rectrice de l'académie de Créteil leur avait refusé l'autorisation d'instruire en famille leurs trois enfants, F, D et B nés respectivement en février 2011, novembre 2012 et avril 2016. Par trois requêtes enregistrées le 13 septembre 2024, M. et Mme E ont demandé au tribunal l'annulation de ces décisions et sollicitent du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de leur exécution.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de
l'affaire. () ".
3. Il résulte des dispositions précitées que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de la condition d'urgence, les requérants soutiennent que la nature itinérante de la profession de M. E, responsable de travaux au sein de la société " SNCF Réseaux ", l'amène à se déplacer fréquemment sur tout le territoire national pour les différents chantiers où il est appelé.
5. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que leur mère exerce une profession itinérante. Par suite, rien ne s'oppose à ce que les enfants du couple soient scolarisés dans un établissement scolaire proche du domicile familial, au moins temporairement, dans l'attente de la décision au fond.
6. Il résulte de ce qui précède que, la condition d'urgence n'étant pas satisfaite, les requêtes de M. et Mme E ne pourront qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes de M. et Mme E sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A E et Mme C E et à la rectrice de l'académie de Créteil.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2411366-2411367-2411368