Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411385

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2411385
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme C qui demandait l’affectation d’une aide humaine individuelle pour son fils handicapé, en raison d’une décision de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées. Le juge estime que la demande, visant à contester l’attribution d’une aide mutualisée, fait obstacle à une décision administrative de refus et ne relève donc pas de cette procédure subsidiaire. La solution retenue est le rejet de la requête pour irrecevabilité manifeste, sans examen de l’urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 septembre 2024, Mme D C demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative

1°) d'ordonner à la direction des services départementaux de l'éducation nationale de Créteil l'affectation d'une aide humaine individuelle sur tout le temps scolaire, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, afin que son fils puisse bénéficier d'une scolarité effective.

2°) de mettre à la charge de la direction des services départementaux de l'éducation nationale de Créteil aux dépens et au paiement de la somme symbolique de 1 euro au titre de l'article L.761-1 du code de la justice administrative.

Elle soutient que, son fils ayant été diagnostiqué souffrant d'un trouble neurodéveloppemental complexe, est scolarisé en école maternelle à Arcueil (Val-de-Marne), que la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées du Val-de-Marne lui a accordé une aide individuelle sur le temps scolaire jusqu'au 30 septembre 2025, qu'elle a été informée à la rentrée 2024 qu'il ne bénéficierait que d'une aide mutualisée, que la condition d'urgence est satisfaite car cette situation porte atteinte à son droit à l'éducation et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 16 février 2023, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées du Val-de-Marne a accordé au jeune B A, né le

2 août 2019, une aide humaine individuelle aux élèves handicapés jusqu'au 31 août 2025.

Mme C, sa mère, indique avoir été informée à la rentrée 2024 que son fils, scolarisé à l'école maternelle " Olympe de Gouges " à Arcueil (Val-de-Marne) ne bénéficierait que d'une aide mutualisée. Par sa requête enregistrée le 15 septembre 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la direction des services départementaux de l'éducation nationale de Créteil d'affecter une aide humaine individuelle sur tout le temps scolaire.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. En l'espèce, Mme C demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la rectrice de l'académie de Créteil (direction des services départementaux de l'éducation nationale du Val-de-Marne) d'attribuer une aide humaine individuelle sur le temps scolaire pour son fils, celui-ci ne disposant selon ses dires que d'une aide mutualisée devant le 2 septembre 2024.

5. Une telle affectation d'une aide mutualisée, en contradiction avec la décision du 16 février 2023 de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées du Val-de-Marne, ne pouvant révéler qu'une décision de refus d'attribution de cette aide individuelle par la rectrice de l'académie de Créteil, la requête de Mme C ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, dès lors que sa demande a pour objet de faire obstacle à cette décision.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D C et à la rectrice de l'académie de Créteil.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,