Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411490
lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411490 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2024, la société civile immobilière (SCI) Soleil 1000, représentée par Me Billémaz, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 18 juillet 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne a déclaré impropre à l'habitation le local aménagé dans les combles de la dépendance du pavillon sis 20 quai Victor Hugo à Champigny-sur-Marne, et l'a tenue
d'assurer le relogement de M. A, occupant des lieux, dans le délai de deux mois, ou a minima, de suspendre l'exécution de cet arrêté en tant qu'il pose cette dernière obligation ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que la décision en litige lui impose de reloger une personne dont elle conteste la qualité d'occupant, dans le délai de deux mois, circonstance portant atteinte au droit de propriété ;
- M. A, destinataire de lettres de congés de février à avril 2023, a sollicité une solution provisoire qui a entraîné la signature d'un contrat de bail le 1er novembre 2023 ;
- M. A n'a jamais acquitté ses loyers ni respecté l'échéancier défini par sa reconnaissance de dette locative, antérieure aux travaux de 2023 ;
- par une lettre du 29 juillet 2024, M. A a accepté de quitter volontairement les lieux le 20 septembre 2024, par conséquent l'obligation de le reloger n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Selon l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Le pavillon sis 20 quai Victor Hugo sur le territoire de la commune de Champigny-sur-Marne, dont la gestion a été confiée à la SCI Soleil 1000, a fait l'objet de visites du service d'hygiène et de santé de la commune les 8, 20 novembre et
20 décembre 2023, lequel a effectué le 28 février 2024 un signalement auprès de l'agence régionale de santé. Par une lettre du 14 mars suivant, cette agence a invité la société requérante à présenter ses observations, que cette dernière a produites par une lettre du
16 mars 2024. Par un avis du 23 avril 2024, le conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques a conclu à l'absence de solution pour remédier à l'insalubrité des lieux. Par un arrêté du 18 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne a constaté cette insalubrité et a enjoint à la SCI Soleil 1000 d'assurer le relogement de M. A, occupant les combles de la dépendance du pavillon, dans le délai de deux mois. La société Soleil 1000 demande la suspension de l'exécution de cet arrêté.
3. Il résulte de l'instruction qu'aucun des moyens soulevés par la SCI Soleil 1000 n'est de nature, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté pris par la préfète du Val-de-Marne le 18 juillet 2024.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par la SCI Soleil 1000 sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par la SCI Soleil 1000 est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Soleil 1000.
La juge des référés,
Signé : C. Letort
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,