Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411544
lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411544 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Sauvadet, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui transmettre par tout moyen, dans un délai de 2 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et en tout état de cause avant le 21 septembre 2024, une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de titre de séjour, et assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre des frais irrépétibles engagés et non compris dans les dépens sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il indique que, de nationalité algérienne, il est entré régulièrement en France le 21 septembre 2018, qu'il a épousé une ressortissante française le 9 juillet 2022, qu'il a bénéficié d'un certificat de résidence algérien en qualité de conjoint de français le 11 août 2023, qu'il en a demandé le renouvellement le 21 mai 2024, qu'il n'a reçu aucune attestation de prolongation d'instruction y compris après l'expiration de son certificat de résidence.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il risque de perdre son emploi et que cette situation porte atteinte à sa liberté d'aller et de venir et d'exercer une profession.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né le 17 novembre 1993 à Bouzeguène (wilaya de Tizi-Ouzou), a bénéficié en dernier lieu d'un certificat de résidence algérien délivré par la préfète du Val-de-Marne et valable jusqu'au 10 août 2024, en qualité de conjoint de ressortissant français. Il a déposé une demande de renouvellement sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France le 21 mai 2024. Il n'a reçu aucune réponse, y compris après l'échéance de son certificat de résidence. Par une requête enregistrée le 17 septembre 2024, M. B demande donc au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. L'urgence doit s'apprécier, à la date de l'ordonnance, objectivement et globalement, et tenir compte notamment du fait que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans une situation qui ne lui permet plus d'invoquer utilement - ni sérieusement - la notion d'urgence.
4. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B a déposé une demande de renouvellement de son certificat de résidence algérien le 21 mai 2024 sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France. Faute de réponse de la préfète du
Val-de-Marne dans le délai de quatre mois, il doit être réputé comme s'étant vu opposer une décision implicite de rejet à sa demande à la date du 22 septembre 2024.
6. Par suite, comme il l'a été précisé au point 3, une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour ne portant pas, par elle-même, et quand bien même il serait soutenu que cette délivrance serait de plein droit, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la requête de
M. B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la préfète du
Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,