Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411591
vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411591 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 septembre 2024, Mme A C et M. B C, représentés par Me Zouba, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative
1°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne, sur le fondement de l'article L. 911-3 du code de justice administrative, de leur remettre une convocation afin qu'ils puissent déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour mention " vie privée et familiale ", dans un délai de sept jours à compter de la notification de la décision à intervenir, et ce, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, en application de l'article L. 911-3 du code de justice administrative ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu'en tous les dépens.
Ils soutiennent que, de nationalité mauricienne, ils sont entrés en France les
16 octobre 2018 et 11 septembre 2021 munis d'un visa de court séjour, qu'ils ont déposé une demande de rendez-vous en auprès de la préfète du Val-de-Marne en vue de déposer une demande d'admission au séjour, que la condition d'urgence est satisfaite car ils sont maintenus en situation irrégulière et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme et M. C, ressortissants mauriciens nés respectivement les
4 juillet 1986 et 8 septembre 1981 à Maurice, entrés en France les 16 octobre 2018 et
11 septembre 2021, accompagnés de leurs deux enfants nés en janvier 2010 et novembre 2014, ont déposé le 9 janvier 2024, auprès de la préfète du Val-de-Marne, une demande de rendez-vous en vue de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Ils n'ont reçu aucune réponse malgré plusieurs relances du service. Par leur requête enregistrée le 18 septembre 2024, ils demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de leur délivrer une convocation pour qu'ils puissent déposer leur demande de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous.
4. Aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile : " L'étranger qui ne se trouve pas dans une des situations visées aux articles R. 426-4,
R. 426-6 et R. 431-5 présente sa demande de titre de séjour dans les deux mois suivant son entrée en France ".
5. En l'espèce, les époux C ne peuvent se prévaloir d'aucune circonstance particulière propre à rendre nécessaire l'obtention en urgence d'un rendez-vous en préfecture pour y effectuer le dépôt de leur demande de titre de séjour, dès lors qu'ils ont attendu plusieurs années avant de déposer leurs demandes de rendez-vous, sans expliquer les motifs de ce délai, sans respecter les dispositions mentionnées au point précédent, et qu'ils ne détaillent par leurs conditions de vie et d'existence sur le territoire français depuis leur entrée sur le territoire, la poursuite de leur vie privée et familiale pouvant au surplus, sans difficultés aucunes, se poursuivre dans leur pays d'origine commun.
6. Dans ces conditions, la condition d'urgence n'étant pas satisfaite, la requête des époux C ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme et M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C, à M. B C et à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,