Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411703

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2411703
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. et Mme C, qui demandaient au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, la délivrance d’une carte "mobilité inclusion" mention "stationnement" pour leur fils. Le juge a estimé que cette demande ne relevait pas de sa compétence, car seule l’autorité administrative (président du conseil départemental) peut délivrer ce titre après avis de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées, conformément à l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles. Il a également relevé que le renouvellement de la carte avait déjà été refusé par des décisions administratives, auxquelles une injonction provisoire ferait obstacle. La requête a donc été rejetée comme manifestement mal fondée, en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 septembre 2024, M. D et Mme A C demandent au juge des référés d'attribuer une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " à leur fils, B C.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Par leur requête, qui, intitulée " référé par mesure utile ", doit être regardée comme présentée sur le fondement des dispositions, citées au point précédent, de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, M. et Mme C sollicitent la délivrance à leur fils, B, d'une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".

3. Il résulte toutefois des dispositions de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles qu'il n'appartient qu'au président du conseil départemental, saisi d'une demande en ce sens, de délivrer une telle carte au vu de l'appréciation portée par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées. Il n'entre par ailleurs pas dans l'office du juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, dès lors qu'en vertu des dispositions de l'article L. 511-1 du même code, celui-ci ne peut ordonner que des mesures présentant un caractère provisoire, d'enjoindre la délivrance d'une telle carte. Au surplus, le prononcé d'une injonction en ce sens ferait en l'espèce obstacle à l'exécution d'une décision administrative, dès lors qu'il résulte de l'instruction que le jeune B a été titulaire d'une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " valable du 24 septembre 2020 au 31 août 2022 et que le renouvellement de cette carte, que les requérants ont demandé le 13 décembre 2021 puis le 21 novembre 2022, lui a été refusé par des décisions prises les 15 mars 2022 et 7 février 2023.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. et Mme C suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C et Mme A C.

Fait à Melun, le 24 septembre 2024.

Le juge des référés,

Signé : P. Zanella

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,