Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411770
mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411770 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Mirtchev, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Val de Marne de lui délivrer une attestation favorable ou une attestation de prolongation d'instruction assortie d'une autorisation de travail de sa demande de renouvellement, dans un délai de 48 heures et sous astreinte de 150 euros par jour de retard en application des dispositions des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative ;
2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Val de Marne de la convoquer au sein des services préfectoraux dans un délai de 48 heures afin de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour assorti d'une autorisation de travail et sous astreinte de
150 euros par jour de retard en application des dispositions des articles L. 911-1 et L.911-2 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'État (préfet du Val de Marne) une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il indique que, de nationalité béninoise, il a bénéficié d'un titre de séjour qui est arrivé à expiration le 21 août 2024 et dont il a demandé le renouvellement le 24 avril 2024, qu'il a obtenu une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 20 septembre 2024, qui n'a pas été renouvelée malgré plusieurs demandes en ce sens auprès de la préfète du Val-de-Marne.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il son contrat de travail a été suspendu et que cette situation porte atteinte à sa vie privée et familiale, à sa liberté d'aller et de venir et de travail.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant béninois né le 8 octobre 1978 à Cotonou, a bénéficié en dernier lieu d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", délivrée par la préfète du Val-de-Marne et valable jusqu'au 21 août 2024. Le 27 avril 2024, il a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour. Il a obtenu le 21 juin 2024 une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 20 septembre 2024, qui n'a pas été renouvelée. Par une requête enregistrée le 23 septembre 2024, M. A demande donc au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut une autorisation de prolongation d'instruction.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la préfète du Val-de-Marne n'a pas renouvelé le récépissé de demande de titre de séjour de M. A au-delà du 20 septembre 2024. Cette absence de renouvellement, qui intervient plus de quatre mois après le dépôt de la demande de délivrance d'un nouveau titre de séjour, ne peut que révéler l'existence, à cette date, d'une décision implicite de rejet opposée par la préfète du Val-de-Marne à la demande de délivrance d'une carte de séjour présentée par M. A.
5. Par suite, comme il l'a été précisé au point 3, une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour ne portant pas, par elle-même, et quand bien même il serait soutenu que cette délivrance serait de plein droit, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,