Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411828
jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411828 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 septembre 2024 et un mémoire enregistré le 27 septembre 2024, Mme C B épouse A, représentée par Me Laurent, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui donner un rendez-vous, dans un délai de 24 heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, pour se voir remettre un récépissé de demande de titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- elle est entrée en France le 19 octobre 2023 munie d'un visa de long séjour et s'est mariée le 15 juin 2023 avec un ressortissant français ; elle a déposé en ligne une demande de titre de séjour le 28 juin 2024, sans avoir aucune nouvelle depuis lors, en dépit de ses relances, alors que son visa expire le 30 septembre 2024 ;
- la condition d'urgence est remplie puisqu'aucun récépissé ne lui a été remise et qu'elle risque d'être en situation irrégulière et d'être exposée à un risque d'éloignement ;
- la mesure sollicitée est utile pour préserver ses droits ;
- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ".
3. Il résulte de l'instruction et Mme B fait valoir sans être contredite qu'elle s'est mariée avec un ressortissant français le 15 juin 2023 et qu'elle est entrée en France le 19 octobre 2023 munie d'un visa de long séjour valant titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale, conjoint de français " valable jusqu'au 30 septembre 2024, qu'elle a validé le 21 octobre 2023. Le 28 juin 2024, elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour, ainsi qu'il résulte de l'attestation de confirmation du dépôt d'une demande de renouvellement de titre de séjour. Il ne résulte pas de l'instruction et il n'est nullement allégué par la préfète du Val-de-Marne, qui n'a produit aucune pièce ni aucune observation, que la demande de renouvellement de titre de séjour déposée en ligne par Mme B aurait été incomplète. S'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et à défaut de toute circonstance particulière invoquée par la préfète, la condition d'urgence est présumée remplie. Par ailleurs, la préfète du Val-de-Marne ne peut être regardée comme ayant implicitement rejeté la demande de titre de séjour de la requérant, les conditions de délai prévues par des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'étant pas remplies et il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait statué explicitement sur cette demande. Par suite, Mme B est fondée à solliciter la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour, qui ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et qui revêt un caractère d'utilité pour permettre à la requérante de limiter toute rupture de ses droits.
4. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de délivrer à Mme B un récépissé de demande de titre de séjour ou une attestation de prolongation d'instruction, dans un délai huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
5. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de de délivrer à Mme B un récépissé de demande de titre de séjour ou une attestation de prolongation d'instruction, dans un délai huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à Mme B au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B épouse A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera transmise à la préfète du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 17 octobre 2024.
La juge des référés,
Signé : C. Ledamoisel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,