Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411915
vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411915 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Exécution d'un jugement |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Bertin, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de le convoquer afin d'enregistrer sa demande de titre de séjour portant la mention " étudiant " et de lui délivrer un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler et à franchir les frontières de l'espace Schengen dans un délai de quarante-huit heures à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à Me Bertin au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou, subsidiairement, à lui-même, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en cas de refus de l'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés
sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
" Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Il résulte de l'instruction que M. A, ressortissant marocain entré en France le 1er septembre 2023 sous couvert d'un visa de long séjour qui lui a conféré les droits attachés à la carte de séjour temporaire portant la mention " stagiaire " du 28 août 2023 au 27 août 2024, s'est vu refuser, par une décision du 22 août 2024, la délivrance de la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " qu'il avait sollicitée par une lettre datée du 5 août 2024 et reçue le 7 août suivant à la sous-préfecture de Nogent-sur-Marne. Sa requête tend, à titre principal, à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de le convoquer afin d'enregistrer une nouvelle demande de délivrance de cette carte et de lui remettre un document provisoire de séjour autorisant l'exercice d'une activité professionnelle et le franchissement des frontières de l'espace Schengen.
3. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est notamment subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale dans les quarante-huit heures.
4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à ordonner la mesure d'injonction qu'il sollicite, M. A fait valoir qu'alors qu'il remplit les conditions de délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " et qu'il a vainement tenté par tout moyen de déposer une demande à cette fin, il se trouve actuellement dépourvu de document de séjour et n'a pu, en conséquence, commencer à exécuter son contrat d'apprentissage au début du mois de septembre 2024. Il ajoute que, par une lettre du 26 septembre 2024, son employeur lui a laissé quinze jours pour régulariser sa situation administrative. Toutefois, les circonstances ainsi invoquées ne peuvent, alors, en outre, qu'il a été dit ci-dessus au point 2 que le requérant s'est déjà vu refuser la délivrance du titre de séjour qu'il entend obtenir par une décision du 22 août 2024, être regardées comme suffisant à caractériser l'existence d'une urgence particulière au sens indiqué au point précédent à la date de la présente ordonnance.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'admettre provisoirement l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle, qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A, y compris ses conclusions relatives aux frais liés au litige, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Bertin.
Fait à Melun, le 27 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé : P. ZANELLA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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