Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411986
lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411986 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2024, M. A B, actuellement retenu au centre de rétention administrative n° 2 du Mesnil Amelot, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'annuler l'arrêté de maintien en rétention administrative ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui remettre une attestation de demande d'asile ;
3°) d'être assisté par l'avocat commis d'office.
Il soutient que :
- la condition d'urgence, au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, est remplie ; il est actuellement maintenu au centre de rétention n° 2 du Mesnil Amelot sur le fondement d'un arrêté préfectoral d'expulsion notifié le 29 juillet 2024 par le préfet de
Seine-et-Marne ; il fait l'objet d'une mesure d'éloignement immédiatement exécutoire sans possibilité de recours suspensif ; son placement en rétention administrative depuis le
2 septembre 2024 constitue un commencement d'exécution de cette décision d'éloignement ; le 27 septembre 2024, il a refusé d'être présenté devant les autorités consulaires de son pays d'origine en vue de son identification et de la délivrance d'un laissez-passer consulaire ; il peut donc être expulsé à tout moment d'autant que l'administration détient son passeport en cours de validité ;
- cette mesure porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile ; l'administration a voulu le présenter devant les autorités consulaires alors que sa demande d'asile est toujours pendante ; en dépit de sa qualité de réfugié, le préfet de Seine-Saint-Denis a décidé de le présenter à une audition consulaire avec les autorités angolaises pour identification de sa nationalité ; les autorités consulaires peuvent dès lors aviser le gouvernement ; cette situation porte atteinte à sa sécurité personnelle ainsi qu'à celle de ses proches restés dans son pays d'origine.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Bonneau-Mathelot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant congolais, a par une décision du 28 avril 2004 du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) obtenu le statut de réfugié auquel il a été mis fin par une décision du 15 septembre 2020 de la même autorité. Il est, en outre, constant, que le préfet de l'Eure a prononcé son expulsion par un arrêté du 17 octobre 2007 et que, par un arrêté du 12 mai 2021, le préfet de Seine-Saint-Denis a fixé l'Angola comme pays à destination duquel M. B pourra être expulsé. Par une ordonnance du 25 avril 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil a ordonné la suspension de l'exécution de cette décision. Par un arrêté du 2 septembre 2024, que M. B a contesté devant le juge judiciaire, le préfet de Seine-Saint-Denis a prononcé son placement en rétention. Par ordonnance du 8 septembre 2024, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux a rejeté le recours de l'intéressé et prononcé, par ailleurs, sur recours du préfet de
Seine-Saint-Denis, la prolongation de sa rétention pour une durée de vingt-six-jours à compter du 6 septembre 2024.
2. M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'une part, " d'annuler l'arrêté de maintien en rétention administrative " et, d'autre part, d'" enjoindre au préfet de police de [lui] remettre une attestation de demandeur d'asile ".
3. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ".
4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
5. D'une part, il résulte de l'application combinées des dispositions précitées des articles L. 511-1 et L. 521-2 du code de justice administrative qu'il ne rentre pas dans les attributions de la juge des référés, qui ne peut prononcer que des mesures provisoires de sauvegarde d'une liberté fondamentale, d'annuler une décision administrative ni ordonner une mesure qui aurait des effets en tous points identiques à ceux qui résulteraient de l'exécution par l'autorité administrative d'un jugement annulant une telle décision. Il suit de là que les conclusions présentées par M. B aux fins d'annulation de " l'arrêté de maintien en rétention administrative ", qu'il ne produit au demeurant pas, et d'injonction, par ailleurs mal dirigées, sont irrecevables et ne peuvent, pour ce motif, qu'être rejetées.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. B ainsi que celles tendant à ce qu'il soit assisté par l'avocat commis d'office ne peuvent qu'être rejetées, en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de Seine-Saint-Denis.
Fait à Melun, le 30 septembre 2024.
La juge des référés,
Signé : S. BONNEAU-MATHELOT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière,