Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411987
mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411987 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Place, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer en vue de l'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour, sous quarante-huit heures à compter de la décision à intervenir, et sous astreinte de deux cents euros par jour de retard ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler, sous quarante-huit heures à compter de la décision à intervenir, et sous astreinte de deux cents euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence, au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, est remplie ; sans document justifiant la régularité de son séjour en France, elle ne pourra se présenter au jury de diplomation ; elle a, en outre, été admise pour l'année 2024-2025, en mastère 2 mention " management des achats " à l'ESGCI ; sa formation se déroule en alternance et elle a trouvé une entreprise souhaitant la recruter ; les cours débutent le 30 septembre 2024 ; à la date de sa requête, son inscription et la signature de son contrat d'alternance sont suspendus ; l'entreprise Eva mariage l'a informée que la signature de ce contrat sera annulée si elle ne produit aucun document justifiant la régularité de son séjour en France avant le 4 octobre 2024 ; elle sera privée de toute rémunération sans ce contrat d'alternance ; elle a entrepris de nombreuses diligences afin de déposer la demande de renouvellement de son titre de séjour avant son expiration dans le respect des délais prévus à l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette mesure porte une atteinte grave à sa liberté d'aller et venir consacrée par les articles 2 et 4 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ; elle fait face à la carence des services de l'Etat et s'est heurtée à l'impossibilité, depuis plusieurs semaines, d'utiliser le téléservice visé par le décret du 22 mars 2023 ; les services de la préfecture sont dans l'incapacité de lui permettre de déposer sa demande de titre de séjour en ligne, de la recevoir pour lui remettre un récépissé de demande de renouvellement, sans rendez-vous, et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction lui permettant de circuler légalement et franchir les frontières de l'espace Schengen ; de surcroît, elle s'expose, en cas de contrôle, à la mise en œuvre d'une mesure d'éloignement du territoire français ; cette mesure porte également une atteinte grave à la liberté de travailler garantie par l'article 5 du Préambule de la Constitution de 1946 ; à défaut d'être admise au séjour en France, elle ne peut légalement occuper un emploi alors même qu'elle doit réaliser sa dernière année d'études dans le cadre d'un contrat d'alternance ; cette situation porte une atteinte manifestement illégale aux libertés d'aller et venir et de travailler ; les services de la préfecture font obstacle à l'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'ont placée en situation irrégulière et n'ont pris aucune disposition pour la convoquer en urgence afin de lui permettre de se présenter auprès des services préfectoraux alors qu'il est impossible de se rendre en préfecture sans une convocation préalable.
Des pièces, enregistrées le 30 septembre 2024, ont été produites par Mme A, représentée par Me Place, et communiquées à la préfète du Val-de-Marne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2024, la préfète du
Val-de-Marne conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête de Mme A.
Elle soutient que :
- il y a non-lieu à statuer dès lors que Mme A est convoquée le 1er octobre 2024 à 15 heures pour retirer son titre de séjour et déposer sa demande de renouvellement ;
- en raison de cette convocation, Mme A ne justifie pas se trouver dans une situation d'urgence ;
- Mme A sera déboutée de la demande qu'elle a présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Bonneau-Mathelot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qui a engagé une procédure contradictoire, peut ne pas la conduire à son terme et, notamment, ne pas tenir d'audience publique, lorsqu'il est amené à constater un non-lieu à statuer ou à donner acte d'un désistement.
2. Un requérant n'est recevable à demander au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension d'une décision que pour autant que la mesure dont il sollicite le prononcé a un objet. Si, postérieurement à l'introduction d'une requête en référé, cet objet vient à disparaître, soit au motif que la décision dont la suspension était réclamée a produit l'intégralité de ses effets, soit parce qu'une nouvelle décision de l'administration donne satisfaction au demandeur, il n'y a pas lieu pour le juge des référés de statuer et il est tenu de constater, au besoin d'office, la disparition de son objet.
3. Postérieurement à l'introduction de la présente instance, la préfète du Val-de-Marne a convoqué Mme A afin de retirer sa carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", dont elle n'a pu matériellement disposer en dépit de ses nombreuses démarches auprès des services préfectoraux, et déposer sa demande de renouvellement, qu'elle n'avait pu engager à défaut de s'être vue remettre son titre de séjour. Il suit de là que les conclusions de la requête à fin d'injonction ont perdu leur objet en cours d'instance. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A à fin d'injonction.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 1er octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé : S. Bonneau-Mathelot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision