Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2412609

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2412609
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté les requêtes de M. B. Celui-ci demandait la suspension de la décision implicite de rejet de la commission de médiation de Seine-et-Marne, qui n'avait pas répondu à son recours visant à être reconnu prioritaire pour un logement d'urgence. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour le requérant d'apporter des éléments concrets sur sa situation personnelle et ses démarches. Les conclusions accessoires aux fins d'injonction, d'astreinte et au titre de l'aide juridictionnelle ont également été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 11 octobre 2024 sous le n° 2412609,

M. A C B, représenté par Me Kwemo, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet résultant du silence gardé pendant trois mois par la commission de médiation de Seine-et-Marne sur le recours dont il a saisi cette commission le 13 mai 2024, au titre du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, en vue d'être reconnu comme prioritaire et comme devant se voir attribuer un logement en urgence ;

3°) d'enjoindre à la commission de médiation de Seine-et-Marne de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à Me Kwemo au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

II. Par une requête, enregistrée le 16 octobre 2024 sous le n° 2412801,

M. A C B, représenté par Me Kwemo, conclut aux mêmes fins que la requête

n° 2412609.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes nos 2412609 et 2412801 visées ci-dessus ont le même objet. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour y statuer par une seule ordonnance.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à prescrire la mesure de suspension qu'il sollicite, M. B fait valoir que la décision en litige le prive d'un logement d'urgence alors qu'il vit dans la rue depuis plusieurs années, et que l'attribution d'un logement à très bref délai est nécessaire pour préserver sa sécurité, sa dignité et sa santé. Toutefois, d'une part, il résulte des dispositions des articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation que la circonstance qu'une personne a été reconnue par une commission de médiation comme prioritaire et devant être logée d'urgence n'implique pas nécessairement l'attribution immédiate d'un logement à cette personne. D'autre part, et surtout, le requérant n'apporte en l'espèce aucun élément permettant d'apprécier la réalité, d'une part, de sa situation personnelle, notamment de ses conditions de vie, d'autre part, des démarches qu'il prétend avoir vainement accomplies pour être hébergé ou se loger. Par suite, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut, en l'état de l'instruction, être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'admettre provisoirement l'intéressé à l'aide juridictionnelle, qu'il y a lieu de rejeter les requêtes nos 2412609 et 1212801 de M. B, y compris leurs conclusions accessoires aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Les requêtes nos 2412609 et 1212801 de M. B sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B et à Me Kwemo.

Fait à Melun, le 17 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé : P. Zanella

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,