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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406441

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406441

lundi 29 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406441
TypeOrdonnance
RecoursExécution d'un jugement
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Koszczanski, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L 521-2 du code de justice administrative, à la préfecture de l'Essonne de transmettre par tout moyen, dans un délai de 24 heures et en tout état de cause avant le 27 juillet 2024, une attestation de prolongation de l'instruction de son titre de séjour, ou un récépissé de renouvellement de titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que son titre de séjour arrive à expiration le 27 juillet 2024 et que son employeur, la société CAPOCCI a indiqué suspendre son contrat de travail à compter de cette date, à défaut de présentation d'un titre de séjour valable ;

- l'absence de renouvellement de son titre de séjour remet en cause sa liberté d'aller et venir, sa liberté professionnelle et son droit au travail et son droit à mener une vie familiale normale.

La requête et l'ensemble de la procédure ont été communiqués au préfet de l'Essonne, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais a versé aux débats des pièces enregistrées le 26 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Lutz, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 29 juillet 2024 tenue en présence de Mme Paulin, greffière d'audience, Mme Lutz a lu son rapport et entendu Me Petit, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens en ajoutant que la décision portant obligation de quitter le territoire français qui a été prise à l'encontre de M. A le 10 juin 2024 par le préfet des Hauts-de-Seine ne lui est pas opposable en l'absence de notification, qu'elle a été prise par un préfet territorialement incompétent et qu'elle n'a pas été précédée du retrait de son titre de séjour en cours de validité.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 11h13

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant de délivrer un titre de séjour, ou de procéder à l'enregistrement d'une demande en ce sens d'apprécier et de motiver l'urgence, compte tenu de l'incidence immédiate du refus ainsi opposé sur la situation concrète de l'intéressé.

3. M. B A, ressortissant marocain né le 28 juin 1982 et présent en situation régulière en France depuis 1983, était titulaire d'un titre de séjour valable jusqu'au 27 juillet 2024, dont il a demandé le renouvellement le 27 mai 2024. Son titre de séjour étant arrivé à expiration, et son contrat de travail étant en conséquence suspendu à compter du 27 juillet 2024, il demande au tribunal d'enjoindre à la préfecture de l'Essonne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction.

4. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la fiche de M. A au Fichier National des Etrangers (FNE) produite en défense, que M. A a fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français prise par le préfet des Hauts-de-Seine le 10 juin 2024. Dans ces conditions, l'absence de délivrance, par le préfet de l'Essonne, d'une attestation de prolongation d'instruction de la demande de titre de séjour de M. A n'a pas pu porter atteinte aux libertés fondamentales invoquées par l'intéressé.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 29 juillet 2024.

La juge des référés,

signé

F. Lutz

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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