lundi 9 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2101302 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | FEAT SOCIETE D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mai 2021, M. E A et Mme D C, représentés par Me Peltier-Féat, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2014 ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- concernant les revenus regardés comme distribués par la société JMF à Mme C, un loyer d'un montant de 8 004 euros, correspondant à la contrepartie d'un bail meublé conclu le 1er juin 2013 et constituant une charge engagée dans l'intérêt de l'entreprise dans des conditions conformes aux prix du marché, doit être admis en déduction et " taxé en micro BIC non professionnel avec un abattement pour frais " ; le fondement juridique du rehaussement lié au solde du compte courant débiteur de 1 471 euros est erroné car les dispositions applicables sont celles du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts et non celles du c de l'article 111 ;
- concernant les revenus regardés comme distribués par la société JMF à M. A, la rémunération de gérance perçue par ce dernier, qui est la contrepartie d'un travail effectif, doit être imposée entre ses mains au titre des dispositions de l'article 62 du code général des impôts et non dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers ; l'administration ne rapporte pas la preuve que M. A était le seul maître de l'affaire dès lors que Mme C est également détentrice de la signature à la banque, qu'elle détient les qualifications requises pour réaliser les opérations de courtage, qu'elle a signé les contrats, que les dépenses ont profité aux deux associés et que le capital social est divisé en trois ;
- concernant les frais réels, les requérants " réalisent les recherches nécessaires pour faire ressortir la carte grise de la BMW et les factures d'entretien ".
Par un mémoire en défense enregistré le 27 octobre 2021, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 septembre 2023 :
- le rapport de M. Cros ;
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, associé de la société à responsabilité limitée (SARL) JMF, et Mme C, gérante statutaire de cette société, qui sont liés par un pacte civil de solidarité, ont fait l'objet d'un examen de leur situation fiscale personnelle au titre des années 2014 à 2016, lequel s'est conclu concernant l'année 2014 par une proposition de rectification du 15 décembre 2017 et une proposition complémentaire du 25 juin 2018 relative aux bénéfices non commerciaux, qui ont notamment constaté l'existence de revenus distribués aux intéressés par cette société. En parallèle, l'administration a mis en œuvre une vérification de comptabilité à l'encontre de M. A au titre des années 2007 à 2016, à l'issue de laquelle elle lui a notifié, par une autre proposition de rectification du 25 juin 2018, des rehaussements de bénéfices non commerciaux résultant d'une activité exercée à titre occulte d'apporteur d'affaires et d'intermédiaire entre prêteur et emprunteur. Après que leur réclamation du 2 octobre 2020 a été rejetée par une décision du 12 mars 2021, M. A et Mme C demandent au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2014, pour un montant total de 37 525 euros en droits et pénalités.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne les revenus regardés comme distribués par la SARL JMF, imposés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers :
2. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices () ". Selon l'article 110 de ce code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109 les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés () ". Aux termes de l'article 111 du même code, dans sa rédaction applicable à l'année d'imposition en litige : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () c. Les rémunérations et avantages occultes () ". Enfin, l'article 47 de l'annexe II au code général des impôts dispose que : " Toute rectification du bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés au titre d'une période sera prise en compte au titre de la même période pour le calcul des sommes distribuées ".
S'agissant des revenus distribués à Mme C :
Quant à la location immobilière :
2. Il résulte de l'instruction qu'au titre de l'exercice 2014, la SARL JMF a comptabilisé, dans les charges déductibles de son résultat, des dépenses de location immobilière pour une somme de 14 496 euros qui a été créditée sur le compte bancaire personnel de Mme C. Selon la proposition de rectification du 11 décembre 2017 adressée à la SARL JMF à la suite de la vérification de sa comptabilité, l'administration a rejeté cette somme des charges déductibles du résultat au motif qu'elle n'avait pas été appuyée de justificatifs suffisants ni engagée dans l'intérêt direct de la société. Corrélativement, aux termes de la proposition de rectification du 15 décembre 2017 faisant suite à l'examen de situation fiscale personnelle de Mme C, l'administration a estimé que cette somme correspondait, du point de vue de l'intéressée, à des revenus distribués soumis à l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2014 dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Les requérants soutiennent qu'à hauteur de 8 004 euros, cette somme constitue un loyer versé par la SARL JMF à Mme C en contrepartie de la location d'un local meublé de 20 m², que ce loyer est une charge engagée dans l'intérêt de la société pour un montant conforme au prix du marché et que, par suite, elle doit, du point de vue de la requérante, être " taxée en micro BIC [bénéfice industriel et commercial] non professionnel avec un abattement pour frais " et non en revenus de capitaux mobiliers. Toutefois, il est constant qu'aucun contrat de bail n'a été présenté lors des opérations de contrôle malgré les demandes de l'administration, que la société JMF n'a pas indiqué disposer d'un local autre que son siège social situé à une adresse différente, et que Mme C n'a pas déclaré de revenus locatifs à ce titre. Au surplus, l'administration fait valoir sans être contredite que les requérants n'étaient pas propriétaires du local en cause et qu'ils n'ont pas démontré avoir été autorisés par leur propre bailleur à sous-louer ce local à la société JMF. Dans ces conditions, le contrat de bail produit pour la première fois devant le tribunal administratif est dépourvu de toute valeur probante, alors d'ailleurs qu'il est entaché d'une incohérence puisqu'il mentionne la location d'un " local nu " au point n° 1 puis d'un " local meublé " au point n° 3. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à contester la prise en compte de la somme de 8 004 euros, figurant sur le compte bancaire personnel de l'intéressée, en tant que revenus distribués au profit de Mme C, imposés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement du 1° de l'article 109-1 du code général des impôts.
Quant au solde débiteur du compte courant :
3. Il résulte de l'instruction que le service a relevé un virement de 1 500 euros opéré le 18 mai 2014 par la SARL JMF au débit du compte " 455000 C/C C " ouvert au nom de Mme C dans les écritures de la société et qu'elle a réintégré cette opération dans le résultat imposable de cette dernière, à hauteur de 1 471 euros correspondant au solde débiteur de ce compte courant, sur le fondement des dispositions, précitées au point 2, du c de l'article 111 du code général des impôts qui qualifient de revenus distribués les rémunérations et avantages occultes. Les requérants contestent le fondement juridique de ce rehaussement en soutenant que les dispositions applicables ne sont pas celles du c de l'article 111 mais celles du 2° du 1 de l'article 109 du même code. Toutefois, ces dernières dispositions ne sont applicables qu'aux sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. En l'espèce, Mme C, qui ne détient aucune participation dans le capital social de la SARL JMF, n'a pas la qualité d'associé, actionnaire ou porteur de parts de cette société. Dès lors, les dispositions invoquées par les requérants ne sont pas applicables. Au surplus, comme le relève l'administration dans son mémoire en défense, l'argumentation des requérants est incohérente puisqu'elle prétend opposer le 2° du 1 de l'article 109 tout en faisant valoir que ce sont les conditions d'application du 1° du 1 de l'article 109 qui sont réunies. Dès lors, un tel moyen ne peut qu'être écarté.
S'agissant des revenus distribués à M. A :
Quant aux revenus de gérance :
4. Aux termes de l'article 62 du code général des impôts : " Les traitements, remboursements forfaitaires de frais et toutes autres rémunérations sont soumis à l'impôt sur le revenu au nom de leurs bénéficiaires s'ils sont admis en déduction des bénéfices soumis à l'impôt sur les sociétés par application de l'article 211, même si les résultats de l'exercice social sont déficitaires, lorsqu'ils sont alloués : / Aux gérants majoritaires des sociétés à responsabilité limitée n'ayant pas opté pour le régime fiscal des sociétés de personnes dans les conditions prévues à l'article 3-IV du décret n° 55-594 du 20 mai 1955 modifié ou dans celles prévues à l'article 239 bis AA ou à l'article 239 bis AB ; / Aux gérants des sociétés en commandite par actions ; / Aux associés en nom des sociétés de personnes, aux membres des sociétés en participation et aux associés mentionnés aux 4° et 5° de l'article 8 lorsque ces sociétés ou exploitations ont opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux. / Le montant imposable des rémunérations visées au premier alinéa est déterminé, après déduction des cotisations et primes mentionnées à l'article 154 bis, selon les règles prévues en matière de traitements et salaires ".
5. Il résulte de l'instruction que l'administration a regardé la somme de 36 000 euros versée le 31 décembre 2014 par la SARL JMF au crédit du compte courant d'associé de M. A comme des revenus distribués à ce dernier, imposables à son égard dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement du 2° de l'article 109-1 du code général des impôts. Les requérants soutiennent que ces sommes correspondent en réalité à la rémunération de la gérance de fait exercée par M. A et qu'elles doivent être imposées entre ses mains au titre des dispositions de l'article 62 du code général des impôts. Toutefois, ces dispositions ne sont applicables, s'agissant des SARL n'ayant pas opté pour le régime fiscal des sociétés de personnes, qu'aux gérants majoritaires. En l'espèce, M. A ne détient qu'une part minoritaire du capital de cette société, à hauteur de 49 %. L'intéressé ne peut pas non plus utilement soutenir qu'il formerait un " collège de gérance majoritaire avec le gérant statutaire " de la SARL JMF dès lors que Mme C, gérante statutaire mais non associée, ne détient aucune part sociale. Dans ces conditions, les dispositions invoquées par les requérants ne sont pas applicables et c'est à bon droit que l'administration fiscale a imposé entre les mains de M. A la somme précitée, qui figurait sur son compte courant d'associé ouvert dans les écritures de la société, sur le fondement des dispositions du 2° de l'article 109-1 du code général des impôts.
Quant aux revenus issus de la maîtrise de l'affaire :
6. Est qualifiée de maître de l'affaire une personne qui exerce la responsabilité effective de l'ensemble de la gestion administrative, commerciale et financière de la société et dispose sans contrôle de ses fonds. Si l'administration fiscale entend imposer des revenus réputés distribués sur le fondement du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts au nom du maître de l'affaire, elle doit justifier de cette qualification. Celle-ci nécessite une analyse des circonstances propres à l'affaire et notamment du fonctionnement spécifique de l'entreprise. Le contribuable peut établir que les éléments apportés par l'administration sont insuffisants pour justifier de cette qualification. S'il est reconnu maître de l'affaire, il est être réputé avoir appréhendé la totalité des revenus distribués par la société, la circonstance qu'il n'aurait pas effectivement appréhendé les sommes correspondantes ou qu'elles auraient été versées à des tiers étant sans incidence à cet égard.
7. Il résulte de l'instruction que l'administration a estimé que M. A était le maître de l'affaire de la SARL JMF et l'a regardé à ce titre comme le bénéficiaire de revenus distribués par cette société pour un montant de 57 494 euros au titre de l'année 2014. Les requérants soutiennent que Mme C était également maître de l'affaire. Toutefois, M. A possède 49 % des parts de la société dont le nom correspond à ses initiales, est spécialisé dans le courtage en assurances qui correspond à l'activité de la société, dispose de la signature sur les comptes bancaires de la société ainsi que des moyens matériels de celle-ci, et gère les relations de cette société avec les clients. Son père, M. B A, détient 51 % des parts sans qu'il ne résulte de l'instruction qu'il aurait pris part à quelque acte de gestion. Si Mme C est gérante statutaire et détient elle aussi la signature sur les comptes bancaires de la SARL JMF, elle ne possède aucune participation dans le capital de cette société et exerce à temps complet une activité salariée de secrétaire dans une autre société située à Cogolin. Il n'est pas établi qu'elle possèderait les qualifications requises pour exercer l'activité de courtage en assurance correspondant à l'objet statutaire de la SARL JMF. Sa collaboration au sein de cette société n'a pas été constatée lors des opérations de contrôle. Enfin, les requérants ne contestent pas que la nomination de Mme C comme gérant statutaire était due à une clause de non-concurrence du précédent contrat salarié de M. A, qui l'empêchait d'être lui-même gérant. Compte tenu de tous ces éléments, c'est à bon droit que l'administration a regardé M. A comme le seul maître de l'affaire de la SARL JMF et, par suite, comme le bénéficiaire des revenus réputés distribués par cette société.
En ce qui concerne les frais réels :
8. En se bornant à indiquer qu'ils " réalisent les recherches nécessaires pour faire ressortir la carte grise de la BMW et les factures d'entretien ", les requérants n'assortissent pas ce moyen de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A et Mme C ne sont pas fondés à demander la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2014.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par M. A et Mme C.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Mme D C et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Cros, premier conseiller,
M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé
F. CROS
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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