Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2008298

mercredi 24 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2008298
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantCABINET FEDARC AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 26 août 2020, le 3 décembre 2021 et les 16 et 17 janvier 2024, la société Gaz Réseau Distribution France (GRDF), représentée par Me Cassel, demande au tribunal :

1°) de condamner la société Groupe Marais à lui verser la somme de 28 619,04 euros en réparation du préjudice résultant des dommages subis à la suite de la dégradation d'un branchement de gaz lors de travaux de voirie entrepris par cette société le 19 octobre 2017, majorée des intérêts à partir du 8 mars 2019 ;

2°) de mettre à la charge de la société Groupe Marais une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la juridiction administrative est compétente pour trancher le litige ;

- les travaux publics exécutés par la société Groupe Marais à proximité du 201, chaussée Jules César à Beauchamp (95250) sont directement à l'origine des dommages causés aux canalisations dont GRDF a la jouissance exclusive ;

- ces dommages sont de nature à engager la responsabilité de la société Groupe Marais, même en l'absence de faute, dès lors que la société GRDF a la qualité de tiers par rapport à ces travaux ;

- en tout état de cause, la société Groupe Marais a commis une faute en ne procédant pas à une déclaration d'intention de commencement de travaux (DICT) en méconnaissance de l'article L. 554-1 du code de l'environnement ;

- elle a également commis une faute en utilisant une trancheuse dans une zone où pouvaient se trouver des canalisations de gaz ;

- le préjudice matériel subi par la société GRDF s'élève à la somme de 28 619,04 euros, correspondant aux dépenses engagées pour la remise en l'état de l'ouvrage.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 octobre 2021 et le 29 janvier 2024, la société Groupe Marais, représentée par Me Azoulay, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que les sociétés Eurotravaux et Beauval la garantissent des condamnations pouvant être prononcées à son encontre ;

3°) à la condamnation de la société GRDF aux entiers dépens et à la mise à sa charge d'une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- sa responsabilité sans faute du fait des travaux litigieux ne saurait être engagée dès lors qu'elle n'avait aucune autonomie dans leur réalisation, ceux-ci ayant été effectués sous la direction, le contrôle et la responsabilité de la société Beauval à laquelle elle était seulement liée par un contrat de location de matériel et non de sous-traitance ;

- elle n'a commis aucune faute dans la réalisation de ces travaux, la responsabilité de la déclaration d'intention de commencement de travaux incombant à la société Beauval ;

- en toute hypothèse, toute faute commise lors de l'exécution des travaux pourrait seulement engager la responsabilité des sociétés Beauval et Eurotravaux, exécutants des travaux ;

- le sinistre a été causé par un défaut d'information de la part de GRDF qui a ainsi commis une faute de nature à l'exonérer de toute responsabilité ;

- GRDF ne justifie pas des dépenses de main d'œuvre de prestations qu'elle prétend avoir engagées dès lors que les justificatifs qu'elle produit sont dépourvus de valeur probante et que le lien entre ces justificatifs et le dommage n'est pas établi.

La requête a été communiquée aux sociétés Eurotravaux et Beauval qui n'ont pas produit d'observations en défense.

Par un courrier du 10 janvier 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur les conclusions d'appel en garantie présentées par la société Groupe Marais contre les sociétés Beauval et Eurotravaux avec lesquelles elle est liée respectivement par un contrat ou par des relations de droit privé.

Par ordonnance du 17 janvier 2014, la clôture d'instruction a été fixée au 1er février 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Moinecourt, rapporteure

- les conclusions de Mme David-Brochen, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Alphonse, substituant Me Azoulay, représentant la société Groupe Marais.

Considérant ce qui suit :

1. La société Groupe Marais a été chargée de la réalisation de travaux de voirie impliquant l'utilisation d'une trancheuse au niveau du 201 chaussée Jules César, sur le territoire de la commune de Beauchamp (95), le 19 octobre 2017, au cours desquels elle a tranché un branchement de gaz dont la société GRDF avait la jouissance exclusive en sa qualité de concessionnaire de service public. Ces travaux, effectués dans le cadre de la mise en place d'un système de vidéosurveillance par la communauté d'agglomération du Val-Parisis, avaient été confiés à la société Eurotravaux, qui les a sous-traités à la société Beauval, laquelle a elle-même conclu un contrat de location de matériel avec mise à disposition d'un conducteur avec la société Groupe Marais. La société GRDF a procédé aux réparations du branchement endommagé et a adressé à la société Groupe Marais, le 8 mars 2019, une facture de 28 619,04 euros correspondant aux travaux de réparation réalisés. La société GRDF demande au tribunal de condamner la société Groupe Marais à réparer l'entier préjudice résultant de l'endommagement de l'ouvrage qu'elle évalue à la somme de 28 619,04 euros.

Sur la responsabilité :

2. Le maître de l'ouvrage ainsi que, le cas échéant, l'entrepreneur chargé des travaux sont responsables, même en l'absence de faute, des dommages causés à ceux-ci par l'exécution d'un travail public, à moins que ces dommages ne soient imputables à un cas de force majeure ou à une faute de la victime. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel.

3. Il résulte de l'instruction, et notamment du constat contradictoire établi le 19 octobre 2017 entre un représentant de la société GRDF et un représentant de la société Groupe Marais, qu'une canalisation dont la société GRDF, concessionnaire de service public, avait la jouissance exclusive, a été endommagée à l'occasion de l'exécution de travaux par l'emploi d'une trancheuse par la société Groupe Marais. Si la société Groupe Marais conteste être intervenue en qualité d'exécutante de ces travaux, il résulte néanmoins de l'instruction qu'elle disposait de cette qualité aux termes de ce constat contradictoire alors qu'elle ne conteste pas être intervenue en vertu d'un contrat la liant à la société Beauval au moyen d'une trancheuse conduite par un membre de son personnel, sans que cette intervention ne soit supervisée par la société Beauval. Ces travaux, exécutés par la société Groupe Marais, qui étaient réalisés dans un but d'intérêt général, avaient le caractère de travaux publics. Ainsi, le lien de causalité entre les travaux publics exécutés par la société défenderesse et le dommage causé à l'ouvrage du réseau dont la société GRDF est concessionnaire est établi. Dès lors, même en l'absence de faute de sa part, et indépendamment de l'existence d'un lien contractuel avec eux, la société Groupe Marais est responsable vis-à-vis des tiers des dommages causés à ceux-ci par l'exécution de ces travaux. Les dommages causés par la société Groupe Marais au branchement litigieux sont donc de nature à engager sa responsabilité sans faute.

Sur les causes exonératoires :

4. Aux termes de l'article L. 554-1 du code de l'environnement : " I. - Les travaux réalisés à proximité des ouvrages constituant les réseaux souterrains, aériens ou subaquatiques de transport ou de distribution ou à proximité des ouvrages mentionnés à l'article L. 562-8-1 sont effectués dans des conditions qui ne sont pas susceptibles de porter atteinte à leur intégrité, sécurité ou continuité de fonctionnement, à l'environnement, à la sécurité des travailleurs et des populations situées à proximité du chantier ou à la vie économique. / II. - Lorsque des travaux sont réalisés à proximité d'un ouvrage mentionné au I, des dispositions techniques et organisationnelles sont mises en œuvre, dès le début du projet et jusqu'à son achèvement, sous leur responsabilité et à leurs frais, par le responsable du projet de travaux, par les exploitants des ouvrages et par les entreprises exécutant les travaux. / Ces dispositions peuvent comprendre : - la consultation du guichet unique mentionné à l'article L. 554-2 ; - la déclaration préalable des travaux par le responsable du projet et les exécutants des travaux auprès des exploitants des ouvrages ; - des investigations ou actions de localisation des ouvrages en amont des travaux lorsque la position des ouvrages n'est pas connue avec une précision suffisante ; - la mise en place de précautions particulières à l'occasion des travaux ; - la déclaration, par son auteur, de tout dommage ou dégradation causé à un ouvrage auprès de son exploitant. () ".

5. Il ne résulte pas de l'instruction, et n'est au demeurant pas allégué, que la société Groupe Marais, qui doit, en dépit de ses dénégations, être qualifiée d'exécutante des travaux litigieux, aurait adressé une déclaration d'intention de commencement de travaux (DICT) pour ces opérations, en application des dispositions précitées. Une telle déclaration aurait permis à la société GRDF de lui indiquer la localisation précise des canalisations du secteur des travaux prévus et de formuler des recommandations de précaution. Il ne résulte pas davantage de l'instruction que la société Groupe Marais aurait conduit d'autres investigations ou adressé des demandes d'information à la requérante. La circonstance que la société Eurotravaux ait adressé à la société GRDF une DICT le 11 mai 2017, dont la société GRDF a accusé réception et à laquelle elle a au demeurant répondu en notifiant la présence d'ouvrages, n'était pas de nature à exonérer la société Groupe Marais, exécutante des travaux, de son obligation d'adresser une DICT à la société GRDF. En tout état de cause, le constat contradictoire établi entre les sociétés GRDF et Groupe Marais le 20 octobre 2021 indique la présence sur le lieu du dommage d'un affleurement signalant à l'exécutante la proximité de canalisations de gaz. Dès lors, compte tenu de l'ensemble de ces éléments et en l'absence de DICT, la société Groupe Marais n'est pas fondée à soutenir que la société GRDF aurait commis une faute consistant en un défaut d'information de nature à l'exonérer de sa responsabilité dans la survenue du dommage.

6. Il résulte de ce qui précède que la responsabilité de la société Groupe Marais est engagée au titre des dommages causés au branchement litigieux vis-à-vis de la société GRDF, qui en a la jouissance et qui a la qualité de tiers par rapport à ces travaux, sans qu'aucune faute de la victime ni aucun cas de force majeure ne puisse l'en exonérer.

Sur l'indemnisation des préjudices :

7. La société GRDF sollicite le remboursement des travaux de réparation qu'elle a dû effectuer pour remettre en état la canalisation de gaz endommagée, qu'elle chiffre à la somme totale de 28 619,04 euros dont la somme de 1 502,13 euros au titre de prestations et celle de 27 116,91 euros au titre de frais de main d'œuvre, lesquels comportent une somme de 20 617,57 euros au titre des frais des opérateurs, une somme de 3 595,57 euros au titre des frais des assistants et une somme de 2 903,77 euros au titre des frais des techniciens.

En ce qui concerne les prestations des sociétés AAXEPTP et AXEO :

8. L'indemnité susceptible d'être allouée à la victime d'un dommage de travaux publics a pour vocation de replacer cette dernière, autant que faire se peut, dans la situation qui aurait été la sienne, si le dommage ne s'était pas produit. En sa qualité de gestionnaire du réseau, elle était en droit de procéder elle-même aux réparations en cause. A ce titre, si elle est en droit d'obtenir l'indemnisation de l'intégralité des préjudices, qui sont en lien direct et certain avec les travaux incriminés, il lui incombe de justifier par tous moyens de la réalité et du quantum de ses préjudices, tant dans leur principe que dans leur montant.

9. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la société GRDF a dû faire procéder à des travaux de terrassement nécessaires à la remise en état de l'ouvrage par la société AAXEPTP. Elle en justifie par la production d'un bon de commande et d'une facture indiquant le lieu du chantier situé sur la chaussée Jules César à Beauchamp et une date de livraison au 6 novembre 2017. Par conséquent, la réalité de l'engagement de la somme réclamée de 1 077,13 euros hors taxes est établie par les pièces produites et devra être, à ce titre, réparée par la société Groupe Marais.

10. En second lieu, si la société GRDF demande également à être indemnisée de ses dépenses de règlement de la facture émise par la société ASPEO pour la livraison de quinze plateaux repas à Beauchamp le 20 octobre 2017 pour un montant de 425 euros, il résulte cependant du barème de facturation de la main d'œuvre versé à l'instance que le coût d'intervention des personnels de la société comprend l'ensemble des coûts découlant des fonctions support, logistique et d'appui. Il en résulte que la société GRDF n'est pas fondée à solliciter une indemnisation spécifique pour le coût de ces repas. Cette demande ne peut donc qu'être rejetée.

En ce qui concerne les dépenses de personnel :

11. La société GRDF demande ensuite le remboursement de frais de personnels, pour un montant total de 27 116,91 euros, ainsi que cela résulte du relevé des sommes à payer n° 0096824414 établi le 5 mars 2019 mentionnant l'intervention d'opérateurs, d'assistants et de techniciens en heures normales et en heures supplémentaires majorées à 50 %, 75 % et 100 %, suivant l'horaire d'intervention. La société GRDF produit, pour justifier des dépenses d'intervention de ces personnels, des bons de travaux précisant les objets des interventions localisées à Beauchamp sur le lieu du dommage et un récapitulatif des horaires. Il résulte de l'instruction que, si seule l'intervention du 19 octobre 2021 porte sur la réparation de la fuite en tant que telle, les interventions des jours suivants sont relatives à la remise en service des clients dont la fourniture de gaz a été interrompue en raison de cette fuite. Le lien entre ces interventions et le dommage doit donc être regardé comme établi.

12. Il résulte de l'instruction que la société GRDF a produit des bons travaux en cohérence avec le récapitulatif horaires qui doivent être regardés comme établissant la réalité de ses dépenses d'intervention à hauteur de 250,5 heures d'interventions d'opérateurs dont 195,75 heures au tarif horaire de base s'élevant à 78,11 euros, 44,75 heures au tarif horaire majoré de 50 % s'élevant à 87,51 euros, 1 heure au tarif horaire majoré de 75 % s'élevant à 92,21 euros, et 9 heures au tarif horaire majoré de 100 % s'élevant 96,92 euros pour un total de 20 170,60 euros. La société GRDF justifie également de 29,5 heures d'interventions d'assistants dont 20 heures au tarif horaire de base s'élevant à 94,02 euros, 7,5 heures au tarif horaire majoré de 50 % s'élevant à 105,34 euros, et 2 heures au tarif horaire majoré de 100 % s'élevant 116,66 euros pour un total de 2 903,77 euros. Elle justifie enfin de 28 heures d'interventions de techniciens dont 18,5 heures au tarif horaire de base s'élevant à 122,36 euros, 7,5 heures au tarif horaire majoré de 50 % s'élevant à 137,10 euros, et 2 heures au tarif horaire majoré de 100 % s'élevant 151,83 euros pour un total de 3 595,57 euros.

13. Il résulte toutefois de l'instruction que le bon travaux manuscrit du 21 octobre 2021, ne comporte pas d'objet et fait état d'une intervention de l'opérateur M. A de 8 heures à 17 heures alors même que l'intervention de ce même opérateur apparaît déjà sur un autre bon travaux du même jour, dactylographié et faisant apparaître l'objet de l'intervention, indiquant qu'il est intervenu entre 9 heures et 15 heures. Dans ces conditions, seules les six heures d'intervention mentionnées par ce second bon doivent être regardées comme justifiées et prises en compte au titre de l'indemnisation due par la société Groupe Marais. Par ailleurs, le récapitulatif horaire versé à l'instance par GRDF fait apparaître trois heures supplémentaires majorées à 100 % après 20 heures le 20 octobre 2017 pour trois agents (M. D, M. B et M. C), alors même que les bons de travaux afférents indiquent une fin d'intervention à 20 heures. Ces trois heures de main d'œuvre ne peuvent dès lors ouvrir droit à indemnisation.

14. Ainsi, la société GRDF établit la réalité d'un préjudice de 26 669,94 euros au titre des dépenses de personnels intervenus pour la réparation du branchement endommagé par les travaux.

15. Il résulte de tout ce qui précède que la société GRDF est fondée à demander la condamnation de la société Groupe Marais à lui verser la somme totale de 27 747,07 euros en réparation de son préjudice.

Sur les intérêts :

16. Les intérêts moratoires dus en application des dispositions de l'article 1153 du code civil, repris à l'article 1231-6 du même code, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.

17. La société GRDF a droit aux intérêts au taux légal correspondant à l'indemnité de 27 747,07 euros à compter du 8 mars 2019, date du premier envoi de l'avis des sommes à payer à la société Groupe Marais, non contestée par celle-ci.

Sur les appels en garantie :

18. Le litige né de l'exécution de travaux publics et opposant des participants à l'exécution de ces travaux relève de la compétence de la juridiction administrative, sauf si les parties en cause sont unies par un contrat de droit privé.

19. La compétence de la juridiction administrative pour connaître des litiges nés de l'exécution d'un marché de travaux publics et opposant des participants à l'exécution de ces travaux ne s'étend pas à l'action en garantie du titulaire du marché contre son sous-traitant avec lequel il est lié par un contrat de droit privé, ou à la même action du sous-traitant contre le titulaire du marché.

En ce qui concerne l'appel en garantie présenté par la société Groupe Marais contre la SARL Beauval :

20. Il résulte de l'instruction que les sociétés Groupe Marais et Beauval étaient liées par un contrat de droit privé conclu le 11 avril 2017. Par suite, l'appel en garantie formé par la société Groupe Marais à l'encontre de la société Beauval doit être rejeté comme porté devant une juridiction incompétente pour en connaître.

En ce qui concerne l'appel en garantie présenté par la société Groupe Marais contre la société Eurotravaux :

21. Il résulte de l'instruction que la société Beauval était également liée à la société Eurotravaux par un contrat de sous-traitance de droit privé. Par suite, les sociétés Groupe Marais et Eurotravaux doivent être regardées comme entretenant des relations de droit privé. L'appel en garantie formé par la société Groupe Marais à l'encontre de la société Eurotravaux doit par suite également être rejeté comme porté devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Sur les dépens :

22. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent la contribution pour l'aide juridique prévue à l'article 1635 bis Q du code général des impôts, ainsi que les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ".

23. La société Groupe Marais n'établit pas avoir engagé de dépens dans la présente instance. Sa demande tendant à ce qu'ils soient mis à la charge de la société GRDF ne peut donc, en tout état de cause, qu'être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société GRDF, qui n'est pas la partie perdante, une somme au titre des frais liés à l'instance et non compris dans les dépens.

25. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la société Groupe Marais la somme de 1 500 euros à verser à la société GRDF au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1 : La société Groupe Marais est condamnée à verser à la société GRDF la somme de 27 747,07 euros. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 8 mars 2019.

Article 2 : Les conclusions formulées par la société Groupe Marais à l'encontre des sociétés Beauval et Eurotravaux sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 3 : La société Groupe Marais versera à la société GRDF une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Gaz Réseau Distribution France, à la société Groupe Marais, à la société Beauval et à la société Eurotravaux.

Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Drevon-Coblence, présidente,

Mme Fléjou, première conseillère,

Et Mme Moinecourt, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 avril 2024.

La rapporteure,

signé

L. Moinecourt

La présidente,

signé

E. Drevon-CoblenceLa greffière,

signé

D. Charleston

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.