Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2103997
mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2103997 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 8ème Chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 mars 2021 et 9 mars 2022, M. B C A demande au tribunal :
1°) la décharge de la cotisation foncière des entreprises à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat les frais non compris dans les dépens au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'État aux entiers dépens.
Il soutient que :
- son activité de taxi relève de l'article 1453 du code général des impôts ce qui l'exonère de cotisation foncière des entreprises, conformément à la doctrine administrative ;
- la création d'une entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL) n'implique pas la création d'une personne morale et par suite il remplit bien les conditions de l'article 1453 précité.
Par des mémoires en défense, enregistré les 12 août 2021 et 6 mai 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,
- et les conclusions de M. Bories, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C A exerce une activité de chauffeur de taxi. Par un courrier du 13 janvier 2021, il a demandé la décharge de la contribution foncière des entreprises à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2020. Par une décision du 22 mars 2021, un refus a été opposé à sa demande. Par la présente requête, il demande la décharge de cette imposition.
2. Aux termes de l'art. 1453 du code général des impôts : " Sont exonérés de la cotisation foncière des entreprises, les chauffeurs et cochers propriétaires d'une ou de deux voitures qu'ils conduisent et gèrent eux-mêmes, à la condition que les deux voitures ne soient pas mises simultanément en service, qu'elles ne comportent pas plus de sept places et que les conditions de transport soient conformes à un tarif réglementaire. "
3. Les textes instaurant une exonération fiscale étant d'interprétation stricte, il résulte des termes de l'article 1453 du code général des impôts, sur lequel s'est à bon droit fondée l'administration, qu'il doit être regardé comme réservant le bénéfice de l'exonération qu'il prévoit aux personnes physiques qui en remplissent les conditions. Par ailleurs, aucune disposition législative n'a étendu aux personnes morales, quel que soit leur régime d'imposition, le bénéfice de cette exonération.
4. L'activité de chauffeur de taxi en cause est exercée par une entreprise individuelle à responsabilité limitée ayant opté pour l'impôt sur les sociétés. La société requérante ne satisfait donc pas aux conditions posées par les dispositions précitées de l'article 1453 du code général des impôts réservés aux contribuables personnes physiques. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à demander le bénéfice de l'exonération prévue par ces dispositions.
5. Le paragraphe 10 de la documentation administrative de base référencée BOI-IF-CFE-10-10-10 du 26 juin 2019, cité par le requérant, ne comporte aucune interprétation différente de la loi fiscale dont il a été fait application. A supposer qu'il ait entendu le faire, le requérant n'est, en conséquence, pas fondé à s'en prévaloir sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par M. C A ne peuvent qu'être rejetées ainsi que celles liées aux frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
S. Cuisinier-HeisslerLe président,
Signé
T. BertonciniLa greffière,
Signé
N. Magen
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2103997
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