mardi 28 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2106026 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | PASSET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 mai 2021 et le 23 février 2024, Mme B A, représentée par Me Passet, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception d'un montant de 21 105,55 euros émis le 22 octobre 2020 par la direction départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine correspondant à un indu de rémunération entre le 26 mars 2018 et le 31 mai 2019, ainsi que la décision du 2 avril 2021 par laquelle le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et le ministre de l'agriculture et de l'alimentation ont rejeté son recours administratif préalable obligatoire du 3 décembre 2020 ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 21 105,55 euros ainsi mise à sa charge ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre de perception n'est pas signé, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision du 12 avril 2021 est insuffisamment motivée ;
- le titre de perception du 22 octobre 2020 et la décision du 12 avril 2021 ont été pris par une autorité incompétente ;
- la créance n'est pas fondée dès lors que les demi-traitements qui lui ont été versés entre le 26 mars 2018 et le 31 mai 2019 lui étaient acquis à titre définitif ;
- à titre subsidiaire, les sommes qui lui ont été versées entre le 26 avril 2018 et le 19 octobre 2018 ne pouvaient être répétée par un titre du 22 octobre 2020 dès lors que le délai de répétition de l'indu de deux ans était expiré.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2024, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les moyens de la requête tirés de vices propres de la décision du 12 avril 2021 prise sur recours administratif préalable obligatoire sont inopérants ;
- les demi-traitements versés à Mme A entre le 26 mars 2018 et le 31 mai 2019 ne pouvaient être cumulés avec la pension d'invalidité qui lui a été versée rétroactivement ;
- les sommes versées ne présentaient pas le caractère d'une rémunération mais d'un revenu de remplacement et pouvaient par suite être répétées au-delà d'un délai de deux ans.
Par un mémoire enregistré le 22 février 2024, le ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire formule les mêmes conclusions et fait valoir les mêmes moyens que le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Par un mémoire enregistré le 12 janvier 2024, la directrice départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine conclut à sa mise hors de cause s'agissant des conclusions dirigées contre le titre exécutoire.
Par ordonnance du 5 mars 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 27 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Moinecourt, rapporteure
- les conclusions de Mme David-Brochen, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, agent titulaire de l'Etat depuis 2002 et membre du corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts (IPEF), exerçait depuis le 16 mars 2015 les fonctions d'adjointe au chef du bureau des écotechnologies et de la compétitivité à la direction de la recherche et de l'innovation du commissariat général au développement durable rattaché au ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Elle a été placée en congé de longue maladie à partir du 26 mars 2015, jusqu'à épuisement de ses droits le 25 mars 2018, et maintenue à demi-traitement à l'issue de ce congé, dans l'attente qu'il soit statué sur sa demande d'admission à la retraite pour invalidité à compter du 26 mars 2018. Par un arrêté du 15 mai 2019, le ministre de la transition écologique et solidaire et le ministre de l'agriculture et de l'alimentation ont procédé au placement rétroactif de Mme A à la retraite pour invalidité à partir du 26 mars 2018. Par un courrier du 8 juin 2020, Mme A a demandé à ces ministres de lui accorder le bénéfice de l'allocation d'aide au retour à l'emploi. Du silence de l'administration sur cette demande est née une décision implicite de rejet. La direction départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine a émis le 22 octobre 2020 un titre exécutoire à l'encontre de Mme A, pour un montant de 21 105,55 euros, afin de recouvrer le demi-traitement versé à l'intéressée entre le 26 mars 2018 et le 31 mai 2019. Mme A a formé un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de ce titre le 3 décembre 2020, qui a été rejeté par une décision du 12 avril 2021. Par la présente requête, elle demande l'annulation du titre exécutoire du 22 octobre 2020, ainsi que celle de la décision de rejet de son recours préalable, et à être déchargée de l'obligation de payer la somme demandée.
Sur le titre exécutoire :
2. D'une part, aux termes de l'article 34 de la loi susvisée du 11 janvier 1984, dans sa rédaction applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et qu'elle présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent ". L'article L. 29 du code des pensions civiles et militaires de retraite, dans sa rédaction applicable au litige, dispose que : " Le fonctionnaire civil qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'une invalidité ne résultant pas du service et qui n'a pu être reclassé dans un autre corps en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée peut être radié des cadres par anticipation soit sur sa demande, soit d'office () ". L'article 31 du même code dispose que : " La réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions sont appréciés par une commission de réforme selon des modalités qui sont fixées par un décret en Conseil d'Etat. () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 47 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa rédaction issue du décret n° 2011-1245 du 5 octobre 2011, applicable au litige : " Le fonctionnaire ne pouvant, à l'expiration de la dernière période de congé de longue maladie ou de longue durée, reprendre son service est soit reclassé dans un autre emploi, en application du décret n° 84-1051 du 30 novembre 1984 pris en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat en vue de faciliter le reclassement des fonctionnaires de l'Etat reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, soit mis en disponibilité, soit admis à la retraite après avis de la commission de réforme. / Pendant toute la durée de la procédure requérant soit l'avis du comité médical, soit l'avis de la commission de réforme, soit l'avis de ces deux instances, le paiement du demi-traitement est maintenu jusqu'à la date de la décision de reprise de service ou de réintégration, de reclassement, de mise en disponibilité ou d'admission à la retraite. "
4. Il résulte de la combinaison des dispositions citées aux points précédents que lorsque l'agent a épuisé ses droits à un congé de longue maladie, il appartient à l'administration qui l'emploie, d'une part, de saisir la commission de réforme, qui doit se prononcer sur son éventuelle reprise de fonctions ou sur sa mise en disponibilité, son reclassement dans un autre emploi ou son admission à la retraite, et, d'autre part, de verser à l'agent un demi-traitement dans l'attente de la décision de la commission de réforme. La circonstance que la décision prononçant la reprise d'activité, le reclassement, la mise en disponibilité ou l'admission à la retraite rétroagisse à la date de fin des congés de maladie n'a pas pour effet de retirer le caractère créateur de droits du maintien du demi-traitement prévu par cet article. Par suite, le demi-traitement versé au titre de cet article ne présente pas un caractère provisoire et reste acquis à l'agent alors même que celui-ci a, par la suite, été placé rétroactivement dans une position statutaire n'ouvrant pas par elle-même droit au versement d'un demi-traitement.
5. Il résulte de ce qui vient d'être dit que le demi-traitement versé au cours de la période litigieuse ne présentait pas un caractère provisoire et restait acquis à Mme A. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que ses ministères employeurs ne pouvaient procéder légalement, par le titre exécutoire du 22 octobre 2020, au rappel de la somme de 21 105,55 euros. Ainsi, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, il y a lieu de prononcer l'annulation de ce titre exécutoire et de décharger en conséquence Mme A de l'obligation de payer la somme réclamée.
Sur les frais liés au litige
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme A d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1 : Le titre exécutoire émis le 22 octobre 2020 par la direction départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine pour un montant de 21 105,55 euros est annulé.
Article 2 : Mme A est déchargée de l'obligation de payer la somme de 21 105,55 euros.
Article 3 : L'Etat versera à Mme A une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :
Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire et à la directrice départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 14 mai 2014, à laquelle siégeaient :
Mme Drevon-Coblence, présidente,
Mme Fléjou, première conseillère, et Mme Moinecourt, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2014.
La rapporteure,
signé
L. Moinecourt
La présidente,
signé
E. Drevon-CoblenceLa greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026