Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2202979

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2202979
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation8ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a statué sur la demande de la SCI Jamifa Immobilier, qui contestait son assujettissement à la taxe foncière sur les propriétés bâties pour 2021 à Neuilly-sur-Seine. L'administration fiscale a accordé un dégrèvement partiel en cours d'instance, correspondant à la part départementale de la taxe, rendant cette partie du litige sans objet. Pour le surplus, le tribunal a rejeté la demande de décharge, considérant que la commune de Neuilly-sur-Seine avait valablement supprimé l'exonération de deux ans prévue à l'article 1383 du code général des impôts pour les constructions nouvelles à usage d'habitation achevées à compter du 1er janvier 1992. La solution retenue s'appuie sur les articles 1383 du code général des impôts et 16 de la loi de finances pour 2020.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 28 février et 22 avril 2022, la société civile immobilière (SCI) Jamifa Immobilier demande au tribunal :

1°) la décharge de la cotisation primitive de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujetti au titre de l'année 2021 dans le rôle de la commune Neuilly-sur-Seine ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 300 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de condamner l'Etat aux entiers dépens.

Elle soutient que :

- les constructions nouvelles sont exonérées de taxe foncière sur les propriétés bâties dans les deux années qui suivent leur achèvement ;

- la construction qu'elle a acquise a été livrée le 4 janvier 2021, sans que l'appartement ne soit habitable à cette date ; l'appartement n'était non plus pas achevé le 10 décembre 2020, contrairement à ce que soutient l'administration fiscale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2022, la directrice départementale des finances publiques du département du Val-d'Oise conclut au non-lieu partiel à statuer à concurrence des dégrèvements intervenus en cours d'instance et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Elle fait valoir que :

- il n'y a plus lieu à statuer à concurrence du dégrèvement intervenu en cours d'instance ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- la loi n°2019-1479 du 28 décembre 2019 ;

- le code de justice administrative, et notamment ses articles R. 222-19 et R. 811-1.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Bertoncini a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par deux réclamations du 2 novembre 2021 et du 3 janvier 2022, la SCI Jamifa Immobilier a demandé à bénéficier de l'exonération des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2021, à raison d'un bien dont elle est propriétaire au 3 boulevard Georges Seurat à Neuilly-sur-Seine, en application de l'article 1383 du code général des impôts. Après le rejet de ses réclamations préalables, elle demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie pour l'année 2021.

Sur l'étendue du litige :

2. Il résulte de l'instruction que, par une décision postérieure à l'enregistrement de la requête, l'administration fiscale a prononcé le dégrèvement de l'imposition en litige à hauteur de 534 euros, correspondant, selon le mémoire en défense du 7 avril 2022, à la part départementale de la taxe foncière sur les propriétés bâties. Les conclusions de la requête de la SCI Jamifa Immobilier relatives à cette imposition sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

Sur le surplus des conclusions de la requête :

3. Aux termes de l'article 1383 du code général des impôts dans sa rédaction applicable au 31 décembre 2020 : " I. -Les constructions nouvelles, reconstructions et additions de construction sont exonérées de la taxe foncière sur les propriétés bâties durant les deux années qui suivent celle de leur achèvement () V. -Les communes et groupements de communes à fiscalité propre peuvent, par délibération prise dans les conditions prévues à l'article 1639 A bis, supprimer, pour la part de taxe foncière sur les propriétés bâties qui leur revient, les exonérations prévues aux I et II, en ce qui concerne les immeubles à usage d'habitation achevés à compter du 1er janvier 1992 () ". Aux termes de l'article 1383 du code général des impôts applicable au titre de l'année 2021 : " I.- Les constructions nouvelles () sont exonérées de la taxe foncière sur les propriétés bâties durant les deux années qui suivent celle de leur achèvement. / La commune peut, par une délibération prise dans les conditions prévues à l'article 1639 A bis et pour la part qui lui revient, limiter l'exonération prévue au premier alinéa du présent I à 40 %, 50 %, 60 %, 70 %, 80 % ou 90 % de la base imposable. () ". En application du 2° du G du II de l'article de l'article 16 de la loi du 28 décembre 2019 portant loi de finance pour 2020, les locaux qui auraient bénéficié, au titre de 2021, de l'exonération prévue par l'article 1383 du CGI dans sa rédaction applicable au 31 décembre 2020 sont exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties, pour la durée restant à courir, selon les modalités fixées par l'article 1382-0 du même code.

4. Ainsi qu'il a été dit au point 2 ci-dessus, l'administration fiscale a accordé à la société requérante un dégrèvement en cours d'instance estimant qu'elle établissait avoir déclaré l'achèvement des travaux de l'immeuble lui appartenant et assujetti à la taxe foncière sur les propriété bâties dans le délai de quatre-vingt-dix jours suivant son achèvement. Elle a ainsi admis que la SCI Jamifa Immobilier pouvait bénéficier de l'exonération de cette taxe prévue par les dispositions du I de l'article 1383 du code général des impôts. Toutefois, elle a limité le dégrèvement ainsi accordé à la part départementale de la taxe foncière sur les propriétés bâties transférée à la commune de Neuilly-sur-Seine au titre de l'année 2021 en application de l'article 16 de la loi du 28 décembre 2019 portant loi de finance pour 2020 selon un pourcentage non contestée de 54,25%. Pour le surplus de cette taxe, il n'est pas contesté que le conseil municipal de la commune de Neuilly-sur-Seine a décidé de supprimer l'exonération de la part communale de taxe foncière pour les constructions nouvelles à usage d'habitation dans les conditions prévues à l'article 1383 précité applicable au 31 décembre 2020. Il s'ensuit que, les dispositions transitoires du 2° du G du II de l'article de l'article 16 de la loi du 28 décembre 2019 portant loi de finance pour 2020 n'ayant pas vocation à s'appliquer à la part communale de cette taxe dès lors que son exonération était déjà exclue au 31 décembre 2020, c'est à bon droit que l'administration fiscale a limité le dégrèvement intervenu en cours d'instance à la part départementale de la taxe en litige transférée aux communes au titre de l'année 2021 et qu'elle a refusé, pour le surplus, d'accorder à la SCI Jamifa Immobilier l'exonération de sa cotisation primitive de taxe foncière sur les propriétés bâties.

5. Il résulte de ce qui précède que la SCI Jamifa Immobilier n'est pas fondée à demander la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties restant en litige à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021 dans le rôle de la commune de Neuilly-sur-Seine.

6. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par la SCI Jamifa Immobilier au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de la SCI Jamifa Immobilier tendant à la décharge de la cotisation primitive de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2021 à hauteur de 534 euros.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SCI Jamifa Immobilier est rejeté.

Article 3: Le présent jugement sera notifié à SCI Jamifa Immobilier et au directeur départemental des finances publiques du département du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Bertoncini, président,

Mme Saïh, première conseillère,

Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.

Le président-rapporteur,

Signé

T. BertonciniL'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

signé

Z. Saïh

La greffière,

signé

N. Magen

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,