Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2207875
mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2207875 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 mai 2022, Mme C D et M. B A demandent au tribunal la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2020 et 2021 dans les rôles de la commune de Villiers-le-Sec.
Ils soutiennent que :
- ils ont déposé le formulaire de déclaration H1 permettant l'exonération de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour une durée de deux ans en faveur des constructions nouvelles auprès des services fiscaux au mois de mai 2019, dans le délai de 90 jours à compter de la date d'achèvement des travaux ;
- l'administration fiscale n'a pas su trouver de solution lors de leurs échanges téléphoniques, qu'elle ne lui a pas permis de prendre rendez-vous physiquement ;
- ils n'ont pas reçu les lettres de relance de la part de l'administration demandant la souscription au formulaire H1.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2023, le directeur départemental des finances publiques du département du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative, et notamment ses articles R. 222-19 et R. 811-1.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Bertoncini a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D et M. A ont été assujettis à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2020 et 2021 à raison d'un bien immobilier dont ils sont propriétaires sis 6 rue du potager à Villiers-le-Sec. Le 6 octobre 2021 ils ont sollicité l'exonération de ces impositions en application de l'article 1383 du code général des impôts. Après le rejet de leur réclamation préalable, ils demandent au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles ils ont été assujettis pour les années 2020 et 2021.
2. Aux termes de l'article 1383 du code général des impôts : " I. Les constructions nouvelles () sont exonérées de la taxe foncière sur les propriétés bâties durant les deux années qui suivent celle de leur achèvement () " Aux termes de l'article 1406 du même code : " I. Les constructions nouvelles (), sont portés par les propriétaires à la connaissance de l'administration, dans les quatre-vingt-dix jours de leur réalisation définitive et selon les modalités fixées par décret. II. Le bénéfice des exonérations temporaires de taxe foncière sur les propriétés bâties () est subordonné à la déclaration de changement qui les motive. Lorsque la déclaration est souscrite hors délais, l'exonération s'applique pour la période restant à courir après le 31 décembre de l'année suivante. ". Aux termes de l'article 321 E de l'annexe III au code général des impôts : " Les constructions nouvelles () sont déclarés par les propriétaires sur des imprimés établis par l'administration conformément aux modèles fixés par le ministre de l'économie et des finances () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au contribuable de porter à la connaissance de l'administration l'existence d'une construction nouvelle dans les quatre-vingt-dix jours de sa réalisation définitive pour pouvoir bénéficier de l'exonération prévue par l'article 1383 du code général des impôts pendant les deux années qui suivent l'achèvement de la construction et qu'une déclaration tardive ne lui ouvre droit au bénéfice de l'exonération que pour la période restant à courir après le 31 décembre de l'année suivante. A cet égard, lorsqu'un contribuable reconnaît ne pas avoir souscrit dans le délai légal la déclaration, la circonstance qu'il ignorait l'obligation de fournir celle-ci n'est pas de nature, quelle que soit sa bonne foi, à justifier ce retard. Il en est de même du fait que, selon lui, les dispositions légales imposant une telle obligation auraient fait l'objet d'une insuffisante publicité, dès lors que de telles dispositions ont été régulièrement publiées, une lettre relance de l'administration ne rouvrant pas, par ailleurs, le délai de déclaration des constructions nouvelles
4. Il résulte de l'instruction que les requérants ont, le 11 juin 2020, déclaré leurs revenus de l'année 2019 en indiquant résider 6 allée du potager à Villiers-le-Sec, depuis le 30 avril 2019. Ils ne font pas valoir qu'à cette date leur habitation était néanmoins dans un état de finition en rendant l'utilisation effective impossible. Ce faisant les requérants devaient souscrire la déclaration modèle H1 dans un délai de quatre-vingt-dix jours à compter du 30 avril 2019 pour bénéficier de l'exonération prévue à l'article 1383 du code général des impôts.
5. Si Mme D et M. A soutiennent avoir souscrit cette déclaration le 3 mai 2019, ils se bornent pour l'établir à produire la copie d'une enveloppe adressée en courrier simple à l'administration portant un tampon d'expédition du 3 mai 2019. Ce faisant, alors que l'administration fait valoir n'avoir reçu aucune déclaration modèle H1 en 2019, et que l'adresse d'expédition figurant sur ce pli sise à Cergy n'existait pas en 2019, le service des impôts fonciers étant alors situé à Ermont, Mme D et M. A n'établissent pas avoir adressé la déclaration dont s'agit le 3 mai 2019. Il s'ensuit que l'administration fiscale ayant reçu le formulaire H1 le 6 octobre 2021, postérieurement au délai de 90 jours suivant l'achèvement de la construction nouvelle, c'est à bon droit, qu'elle a refusé d'accorder à Mme D et M. A le bénéfice de l'exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties prévue à l'article 1383 du code général des impôts au titre des années 2020 et 2021.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme D et M. A ne sont pas fondés à demander la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle ils ont été assujettis au titre des années 2020 et 2021 dans les rôles de la commune de Villiers-le-Sec.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D et de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et M. B A, et au directeur départemental des finances publiques du département du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le président-rapporteur,
signé
T. BertonciniL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
signé
Z. Saïh
La greffière,
signé
N. Magen
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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