Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2211548

mardi 23 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2211548
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème Chambre (JU)

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. et Mme A, qui demandaient la réduction de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2012 à 2016 concernant un garage transformé en local professionnel. La juridiction a jugé leur réclamation préalable irrecevable car tardive, en application de l’article R. 196-2 du livre des procédures fiscales. Le délai de réclamation expirait au plus tard le 31 décembre 2017 pour l’année 2016, alors que leur demande n’a été présentée qu’en avril 2022. Les requérants ne pouvaient pas non plus invoquer le délai spécial prévu au d) de cet article, leur réclamation ne portant que sur une partie des cotisations.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 9 août 2022 et le 21 mars 2023, M. et Mme B A demandent au tribunal de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2012 à 2016 à raison du garage qu'ils détiennent au 9 avenue Morere à Beauchamp (Val-d'Oise).

Ils soutiennent que :

- leur réclamation préalable n'était pas prescrite dès lors qu'ils n'ont eu connaissance de la double imposition appliquée à leur garage transformé en local professionnel qu'à compter du 28 août 2021 grâce au service en ligne " Gérer mes biens immobiliers " ;

- l'administration leur ayant accordé un dégrèvement pour les années 2017 à 2020, la même correction de la double imposition doit être réalisée pour les années en litige.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2022, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise par intérim conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable, la réclamation préalable étant tardive en application de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales ;

- les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Richard en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée, sur proposition du rapporteur public, a dispensé ce dernier de prononcer des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Richard, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une réclamation en date du 25 avril 2022, reçue le 29 avril 2022, M. et Mme A ont demandé le dégrèvement des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2012 à 2016 à raison d'un garage dont ils sont propriétaires au 9 avenue Morere à Beauchamp (95). Par décision du 8 juin 2022, le service a rejeté leur demande comme tardive. Par la requête susvisée, M. et Mme A réitèrent leurs prétentions devant le juge de l'impôt.

2. Aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de l'administration des impôts ou de l'administration des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition. () ". Selon l'article R. 196-2 du même livre : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts directs locaux et aux taxes annexes, doivent être présentées à l'administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle, selon le cas : / a) de la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / () / d) au cours de laquelle le contribuable a eu connaissance certaine de cotisations d'impôts directs établies à tort ou faisant double emploi ; () ".

3. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que, pour être recevable, une requête devant le tribunal tendant à la décharge ou à la réduction de la taxe foncière sur les propriétés bâties doit faire l'objet d'une réclamation préalable présentée au plus tard le 31 décembre de l'année qui suit celle au cours de laquelle est intervenue leur mise en recouvrement. D'autre part, le bénéfice du délai spécial de réclamation ouvert par le d) de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales ne peut s'appliquer qu'aux réclamations portant sur une cotisation établie à tort ou faisant double emploi et, de ce fait, relatives à l'intégralité de la cotisation établie.

4. Il résulte de l'instruction et il n'est d'ailleurs pas contesté que la mise en recouvrement des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles M. et Mme A ont été assujettis au titre des années 2012 à 2016, est intervenue le 31 août de chacune des années en litige. Alors qu'en vertu des dispositions précitées de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales, le délai de réclamation expirait le 31 décembre 2013 pour la taxe foncière de l'année 2012, le 31 décembre 2014 pour la taxe foncière de l'année 2013, le 31 décembre 2015 pour la taxe foncière de l'année 2014, le 31 décembre 2016 pour la taxe foncière de l'année 2015 et le 31 décembre 2017 pour la taxe foncière de l'année 2016, ce n'est que le 25 avril 2022 que M. et Mme A ont sollicité l'administration fiscale pour obtenir la décharge des impositions en litige. Par ailleurs, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions précitées du d de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales en faisant valoir qu'ils n'ont eu connaissance du détail des biens soumis à imposition que le 28 août 2021, dès lors qu'il est constant que la réclamation présentée le 25 avril 2022 ne concernait qu'une partie des cotisations litigieuses relative au seul garage requalifié en local professionnel en 2012. Par suite, leur réclamation devant le service était tardive et l'administration est fondée à soutenir que la requête de M. et Mme A est entachée d'irrecevabilité et ne peut qu'être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié M. et Mme B A et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.

La magistrate désignée,

signé

A. RICHARD

La greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.