Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2215037
mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2215037 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre (JU) |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 octobre 2022, un mémoire enregistré le 12 octobre 2023 qui concernait une autre instance que celle enregistrée sous le n° 2215037, un mémoire enregistré le 20 décembre 2023, et un mémoire enregistré le 4 juillet 2024 qui n'a pas été communiqué, la société civile immobilière (SCI) Le Capricorne Quatorze doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 à raison d'un immeuble situé 11, rue des Mathouzines à Deuil-la-Barre (95) dont elle est propriétaire ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 064,70 euros résultant des avis de saisies administratives à tiers détenteurs émis les 20 octobre et 14 novembre 2023, correspondant à des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 à raison du même immeuble ;
3°) d'enjoindre à l'Etat de lui restituer la somme de 1 064,70 euros ainsi que les 180 euros de frais bancaires ;
4°) de condamner l'Etat, à lui verser la somme de 500 euros par année d'imposition en litige au titre des dommages et intérêts en raison d'une faute de l'administration fiscale ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SCI Le Capricorne Quatorze soutient que :
- elle remplit les conditions pour bénéficier de l'exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties prévue au premier alinéa du I de l'article 1384 C du code général des impôts, précisées par l'instruction 6 C-4-99 du 15 septembre 1999 ;
- la valeur locative cadastrale de son bien doit faire l'objet d'une nouvelle évaluation au regard de l'article 1494 du code général des impôts et des articles 324 A et suivants de l'annexe III au même code et, par voie de conséquence, le montant des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties réduit à 404 euros au titre de chacune des années 2008 et 2009, 403 euros au titre de l'année 2010 et 406 euros au titre de chacune des années 2011, 2012 et 2013 ;
- en application du paragraphe 140 du BOI-IF-TFB 20-10-20-50, les surfaces réelles des trois appartements situés au 1er étage, au rez-de-chaussée et au rez-de-jardin de l'immeuble dont elle est propriétaire s'élèvent respectivement à 40 m2, 35 m2 et 59 m2 et non à 46 m2, 43 m2 et 61 m2, correspondant aux surfaces globales qu'elle a initialement déclarées et qui ont été retenues par l'administration et qui comprenaient les cloisons et la cage d'escalier;
- c'est à tort que l'administration a appliqué le coefficient d'entretien de 1,10 à l'immeuble, dès lors que ce coefficient doit être fixé à 0,9 répondant ainsi au critère de la catégorie cadastrale 6 ;
- au regard de la situation de l'immeuble, le coefficient de situation prévu à l'article 324 R de l'annexe III au code général des impôts doit être de -0,10 ;
- s'agissant de l'appartement situé au rez-de-chaussée, la surface des équivalences superficielles prévue à l'article 324 T de l'annexe III au code général des impôts s'élève à 25 m2, et non à 27 m2 comme retenu par l'administration ;
- c'est à tort que l'administration a procédé à des saisies administratives à tiers détenteur pour procéder au recouvrement des impositions litigieuses, dès lors qu'elle avait sollicité le bénéfice du sursis de paiement dans sa réclamation du 22 octobre 2019 ; elle a ainsi méconnu le paragraphe 20 de l'instruction administrative référencée BOI-REC-EVTS 30-20-20 ;
- la somme de 1 064,70 euros appréhendée par l'Etat à la suite de l'émission des saisies administratives à tiers détenteur vaut consignation et doit lui être restituée ;
- aucune lettre de rappel ne lui a été adressée, en méconnaissance des articles L. 255, L. 257, L. 257-0 A et L. 257-0 B du livre des procédures fiscales.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 août 2023, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que les réclamations préalables sont tardives au regard de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales ;
- les moyens soulevés par la SCI Le Capricorne Quatorze ne sont pas fondés.
Par courrier du 5 juillet 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office tirés, d'une part, de l'irrecevabilité des conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer les sommes résultant des saisies administratives à tiers détenteur en l'absence de réclamation préalable présentée conformément à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, d'autre part, de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires présentées par la SCI Le Capricorne Quatorze en l'absence de demande préalable d'indemnisation, et enfin de l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur les moyens relatifs à la régularité en la forme d'un avis à tiers détenteur.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Richard en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée, sur proposition du rapporteur public, a dispensé ce dernier de prononcer des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Richard, magistrate désignée ;
- et les observations de M. A, gérant de la SCI Le Capricorne Quatorze.
Considérant ce qui suit :
1. Par une réclamation en date du 7 juin 2022, la SCI Le Capricorne Quatorze a demandé le dégrèvement des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 à raison d'un immeuble dont elle est propriétaire au 11 rue des Mathouzines à Deuil-la-Barre (95). Par décision du 31 août 2022, le service a rejeté sa demande. Par la requête susvisée, la société réitère ses prétentions devant le juge de l'impôt.
Sur les conclusions à fin de décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 :
En ce qui concerne l'année 2019 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1496 du code général des impôts : " I. - La valeur locative des locaux affectés à l'habitation ou servant à l'exercice d'une activité salariée à domicile est déterminée par comparaison avec celle de locaux de référence choisis, dans la commune, pour chaque nature et catégorie de locaux. / II. - La valeur locative des locaux de référence est déterminée d'après un tarif fixé, par commune ou secteur de commune, pour chaque nature et catégorie de locaux, en fonction du loyer des locaux loués librement à des conditions de prix normales et de manière à assurer l'homogénéité des évaluations dans la commune et de commune à commune. / Le tarif est appliqué à la surface pondérée du local de référence, déterminée en affectant la surface réelle de correctifs fixés par décret et destinés à tenir compte de la nature des différentes parties du local, ainsi que de sa situation, de son importance, de son état et de son équipement. () ". L'article 324 M de l'annexe III au code general des impôts dispose que : " La surface pondérée des locaux de référence est déterminée en appliquant à leur surface réelle, mesurée au sol entre murs ou séparations et arrondie au mètre carré inférieur, les correctifs prévus aux articles 324 N à 324 S (). ".
3. Si la société requérante soutient avoir initialement déclaré à tort dans sa déclaration H2, pour les locaux en litige, des surfaces de 46 m², 43 m² et 61 m² affectées à l'habitation alors que ces surfaces incluraient les cloisons et cage d'escalier, elle ne produit toutefois aucun document de nature à établir l'erreur déclarative alléguée. Par ailleurs, elle ne peut se prévaloir de ce qu'elle a corrigé ces surfaces dans de nouvelles déclarations H2 déposées le 25 juillet 2022, cette circonstance étant postérieure aux années en litige. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
4. Par ailleurs, la SCI Le Capricorne Quatorze ne peut utilement se prévaloir, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du paragraphe 140 de la documentation administrative référencée BOI-IF-TFB-20-10-20-50 qui ne donne pas de la loi fiscale une interprétation différente de celle dont il vient d'être fait application.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 324 Q de l'annexe III au code général des impôts : " Le coefficient d'entretien est déterminé conformément au barème suivant : Bon - Construction n'ayant besoin d'aucune réparation 1,20. Assez bon - Construction n'ayant besoin que de petites réparations 1,10. Passable - Construction présentant, malgré un entretien régulier, des défauts permanents dus à la vétusté, sans que ceux-ci compromettent les conditions élémentaires d'habitabilité 1. Médiocre - Construction ayant besoin de réparations d'une certaine importance, encore que localisées 0,90. Mauvais - Construction ayant besoin de grosses réparations dans toutes ses parties 0,80 ". Aux termes de l'article 324 O de cette annexe III : " La surface totale des pièces et annexes de la maison ou de la partie principale des locaux des immeubles collectifs mentionnées au I de l'article 324 L, autres que les pièces à usage professionnel, sont affectées d'un coefficient tenant compte de leur importance, fixé pour chacune des catégories mentionnées aux articles 324 G et 324 H conformément au barème suivant () La surface ainsi déterminée, arrondie au mètre carré inférieur, est dénommée surface pondérée comparative de la partie principale ".
6. La société requérante soutient que c'est à tort que l'administration a appliqué le coefficient d'entretien de 1,10 à l'immeuble en litige, dès lors que ce coefficient doit être fixé à 0,9 répondant ainsi au critère de la 6ème catégorie foncière. Toutefois, il résulte des dispositions précitées que la détermination du coefficient d'entretien prévu à l'article 324 Q de l'annexe III au code général des impôts est sans lien avec la catégorie retenue pour déterminer, en application de l'article 324 O de la même annexe, le coefficient destiné à calculer la surface pondérée des biens litigieux. En tout état de cause, la SCI Le Capricorne Quatorze n'apporte aucun élément relatif à l'état de l'immeuble, de nature à justifier l'application d'un coefficient de 0,9. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 324 R de l'annexe III au code général des impôts : " Le coefficient de situation est égal à la somme algébrique de deux coefficients destinés à traduire, le premier, la situation générale dans la commune, le second, l'emplacement particulier : / Situation excellente, offrant des avantages notoires sans inconvénients marquants : + 0,10 /Situation bonne, offrant des avantages notoires en partie compensés par certains inconvénients : + 0,05 / Situation ordinaire, n'offrant ni avantages ni inconvénients ou dont les uns et les autres se compensent : 0 /Situation médiocre, présentant des inconvénients notoires en partie compensés par certains avantages : - 0,05 / Situation mauvaise, présentant des inconvénients notoires sans avantages particuliers : - 0,10./ Le coefficient de situation particulière tient compte notamment de la présence ou de l'absence de dépendances non bâties ".
8. Il résulte de l'instruction que l'administration a appliqué un coefficient de situation de 0 sur l'immeuble en litige, en application des dispositions précitées, correspondant à une " situation ordinaire, n'offrant ni avantages ni inconvénients ou dont les uns et les autres se compensent ". Si la SCI Le Capricorne Quatorze soutient qu'au regard de la situation de l'immeuble, un coefficient de -0,10 aurait dû être appliqué, elle n'apporte aucun élément probant au soutien de ses allégations. Par suite, le moyen doit être écarté.
9. En dernier lieu, aux termes du I de l'article 324 T de l'annexe III au code général des impôts : " I. - La surface pondérée totale de la partie principale est obtenue en ajoutant à sa surface pondérée nette les surfaces représentatives des éléments d'équipement en état de fonctionnement. Ces équivalences superficielles sont déterminées conformément au barème suivant : / Eau courante : 4 mètres carrés ; / () / Electricité (par installation quelle que soit l'utilisation du courant) : 2 mètres carrés ; / Installation sanitaire (éviers et w.-c. exclus) : / () / Par receveur de douches ou bac à laver : 4 mètres carrés ; / Par lavabo et autre appareil sanitaire : 3 mètres carrés ; / W.-C. particulier (par unité) : 3 mètres carrés ; / Egout (raccordement au réseau d') par local : 3 mètres carrés ; / () / Chauffage central, par pièce et annexe d'hygiène (que l'installation soit particulière au local ou commune aux différents locaux de l'immeuble) : 2 mètres carrés. ".
10. Si la SCI Le Capricorne Quatorze soutient que, s'agissant de l'appartement situé au rez-de-chaussée de l'immeuble litigieux, la surface des équivalences superficielles prévue par les dispositions précitées de l'article 324 T de l'annexe III au code général des impôts s'élève à 25 m² et non à 27 m² comme l'a retenu l'administration, il ne résulte pas de l'instruction que l'évaluation effectuée par l'administration serait erronée. Par ailleurs, la société requérante n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations alors même qu'elle est la seule à en disposer.
11. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise, que la SCI Le Capricorne Quatorze n'est pas fondée à demander la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2019.
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise s'agissant de l'année 2020 :
12. Aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de l'administration des impôts ou de l'administration des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition. () ". Selon l'article R. 196-2 du même livre : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts directs locaux et aux taxes annexes, doivent être présentées à l'administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l'année suivant, selon le cas : / a) L'année de la mise en recouvrement du rôle () ".
13. Il résulte de ces dispositions que, pour être recevable, une requête devant le tribunal tendant à la décharge ou à la réduction de la taxe foncière sur les propriétés bâties doit faire l'objet d'une réclamation préalable présentée au plus tard le 31 décembre de l'année qui suit celle au cours de laquelle est intervenue leur mise en recouvrement.
14. Il résulte de l'instruction que la mise en recouvrement des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles la SCI Le Capricorne Quatorze a été assujettie au titre de l'année 2020, à raison d'un immeuble situé 11 rue des Mathouzines à Deuil-la-Barre, est intervenue le 31 août 2020. Alors qu'en vertu des dispositions précitées de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales, le délai de réclamation expirait le 31 décembre 2021, ce n'est que le 16 mai 2022 que la SCI Le Capricorne Quatorze a sollicité pour la première fois l'administration fiscale pour obtenir le dégrèvement des cotisations de taxe foncière au titre de l'année 2020. Enfin, la réclamation litigieuse, rejetée par l'administration le 31 août 2022, a été présentée le 7 juin 2022 devant le service. Par conséquent, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise est fondé à soutenir que la réclamation de la société requérante était tardive et, par voie de conséquence, que les conclusions à fin de décharge des cotisations de taxe foncière de la SCI Le Capricorne Quatorze au titre de l'année 2020 sont irrecevables.
Sur les conclusions aux fins de décharge de l'obligation de payer :
15. Aux termes de l'article R. 281-1 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement prévues par l'article L. 281 peuvent être formulées par le redevable lui-même ou la personne tenue solidairement ou conjointement. / Elles font l'objet d'une demande qui doit être adressée, appuyée de toutes les justifications utiles, au chef de service compétent suivant : a) Le directeur départemental ou régional des finances publiques du département dans lequel a été prise la décision d'engager la poursuite ou le responsable du service à compétence nationale si le recouvrement incombe à un comptable de la direction générale des finances publiques () ". Aux termes de l'article R. 281-4 du même livre : " Le chef de service ou l'ordonnateur mentionné au deuxième alinéa de l'article L. 281 se prononce dans un délai de deux mois à partir du dépôt de la demande, dont il doit accuser réception () / Si aucune décision n'a été prise dans ce délai ou si la décision rendue ne lui donne pas satisfaction, le redevable ou la personne tenue solidairement ou conjointement doit, à peine de forclusion, porter l'affaire devant le juge compétent tel qu'il est défini à l'article L. 281. Il dispose pour cela de deux mois à partir : a) soit de la notification de la décision du chef de service ou de l'ordonnateur mentionné au deuxième alinéa de l'article L. 281 ; b) soit de l'expiration du délai de deux mois accordé au chef de service ou à l'ordonnateur mentionné au deuxième alinéa de l'article L. 281 pour prendre sa décision / La procédure ne peut, à peine d'irrecevabilité, être engagée avant ces dates ".
16. Il résulte de l'instruction que la SCI Le Capricorne Quatorze a demandé au tribunal la décharge de l'obligation de payer les sommes résultant des saisies administratives à tiers détenteurs émis au titre des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 sans avoir, au préalable, saisi l'administration d'une réclamation. Les saisies contestées comportent la mention de l'existence et du caractère obligatoire, à peine d'irrecevabilité d'un éventuel recours juridictionnel, de cette réclamation préalable, ainsi que les délais dans lesquels le contribuable doit la présenter à l'administration. Par application des dispositions précitées, les conclusions présentées à fin de décharge de l'obligation de payer ne sont, dès lors, pas recevables et ne peuvent être que rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
17. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". La condition tenant à l'existence d'une décision de l'administration doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle, régularisant ce faisant la requête.
18. Il résulte de l'instruction que la SCI Le Capricorne Quatorze n'a pas présenté de demande préalable d'indemnisation à l'administration fiscale. En l'absence, au jour du présent jugement, de toute décision de l'administration fiscale rejetant la demande indemnitaire de la SCI Le Capricorne Quatorze, les conclusions indemnitaires de cette dernière sont irrecevables.
19. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SCI Le Capricorne Quatorze doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Le Capricorne Quatorze est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Le Capricorne Quatorze et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.
La magistrate désignée,
signé
A. RICHARD
La greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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