Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2216732

mardi 23 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2216732
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème Chambre (JU)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme A, qui demandait la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties pour sa résidence principale au titre de 2022. Mme A invoquait son bénéfice de l’allocation supplémentaire d’invalidité pour obtenir une exonération sur le fondement de l’article 1390 du code général des impôts. Le tribunal a jugé que cette allocation ne lui avait été attribuée qu’à compter du 1er avril 2022, et non au 1er janvier, date de référence pour l’établissement de l’imposition. Les conclusions subsidiaires tendant à l’étalement du paiement ont également été déclarées irrecevables, faute de réclamation préalable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 8 décembre 2022 et le 9 octobre 2023, Mme B A demande au tribunal :

1°) à titre principal, de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties relatives à sa résidence principale sise 18 mail Alphonse Lamartine à Jouy-Le-Moutier (95), auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2022 ;

2°) à titre subsidiaire, d'étaler le paiement de ces cotisations.

Elle soutient devoir bénéficier d'une exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties dès lors qu'elle perçoit l'allocation supplémentaire d'invalidité et que si elle lui a été attribuée au 1er avril 2022 c'était à terme échu de la période du 1er janvier 2022 au 31 mars 2022.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2023, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les conclusions à fin de remise gracieuse de Mme A sont irrecevables ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Richard en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée, sur proposition du rapporteur public, a dispensé ce dernier de prononcer des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Richard, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une réclamation en date du 28 septembre 2022, Mme B A a demandé le dégrèvement des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2022 à raison de sa résidence principale sise 18 mail Alphonse Lamartine à Jouy-Le-Moutier (95), au motif qu'elle est bénéficiaire de l'allocation supplémentaire d'invalidité. Par décision du 11 octobre 2022, le service a rejeté sa demande. Par la requête susvisée, Mme A réitère ses prétentions devant le juge de l'impôt.

Sur la recevabilité des conclusions tendant à l'étalement du paiement :

2. Il ne résulte pas de l'instruction, et notamment de sa réclamation préalable, que la requérante aurait demandé l'étalement du paiement de l'imposition qu'elle conteste auprès de l'administration fiscale. Par suite, la juridiction gracieuse ne pouvant être saisie que par voie de recours contre une décision, les conclusions tendant à l'étalement du paiement de l'imposition doivent être rejetées en tant qu'elles sont irrecevables.

Sur les conclusions à fin de décharge :

3. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ". L'article 1415 du code général des impôts précise que : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ". Aux termes de l'article 1390 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " I. - Les titulaires de l'allocation de solidarité aux personnes âgées mentionnée à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation supplémentaire d'invalidité mentionnée à l'article L. 815-24 du même code sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties dont ils sont passibles à raison de leur habitation principale. Le bénéfice de cette disposition est subordonné à la condition qu'ils occupent cette habitation : soit seuls ou avec leur conjoint ; soit avec des personnes qui sont à leur charge au sens des dispositions applicables en matière d'impôt sur le revenu ; soit avec d'autres personnes titulaires de la même allocation. (). ".

4. Si Mme A soutient qu'elle doit être exonérée de taxe foncière dès lors qu'elle perçoit l'allocation supplémentaire d'invalidité, il résulte de l'instruction qu'elle ne bénéficie de cette allocation que depuis le 1er avril 2022 et que la période du 1er janvier 2022 au 31 mars 2022 n'a été prise en compte que pour calculer le montant de ladite allocation. Par suite, le moyen doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la requête de Mme A doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié Mme B A et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.

La magistrate désignée,

signé

A. RICHARD

La greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.