Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2308840
lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2308840 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 juin 2023 et 8 août 2023, ainsi que des pièces complémentaires, enregistrées le 10 mai 2024, Mme A C née B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 avril 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) des Hauts-de-Seine a refusé de lui remettre sa dette relative à un reliquat d'indus de revenu de solidarité active (RSA) pour la somme de 1 620,54 euros ;
2°) de lui accorder une remise gracieuse totale de sa dette.
Elle soutient qu'elle ne comprend pas l'origine de cet indu et que sa situation financière ne lui permet pas de faire face aux remboursements des sommes qui lui sont réclamées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2024, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête, faisant valoir que la situation financière de l'intéressée ne justifie pas une remise de dette.
La caisse d'allocations familiale (CAF) des Hauts-de-Seine a produit une pièce, le 24 avril 2024.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la rapporteure publique a été, sur sa proposition, dispensée de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La CAF des Hauts-de-Seine a notifié à Mme C un indu de RSA d'un montant de 1 749,99 pour la période allant du 1er août 2021 au 28 février 2022. Par un courriel du 7 mars 2023, adressé à la CAF des Hauts-de-Seine, Mme C a sollicité une remise gracieuse de cette dette, qui a été rejetée le 25 avril 2023. Par la présente requête, la requérante demande l'annulation de cette dernière décision et une remise totale de sa dette.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 262-17 du code de l'action sociale et des familles : " Lors du dépôt de sa demande, l'intéressé reçoit, de la part de l'organisme auprès duquel il effectue le dépôt, une information sur les droits et devoirs des bénéficiaires du revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
3. D'autre part, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'allocation personnalisée au logement, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis .
4. Au cas particulier, il résulte du rapport d'enquête que l'agent assermenté en charge du contrôle a estimé que les erreurs et omissions déclaratives de Mme C à l'origine de l'indu, ne révélait aucune fraude intentionnelle. Dès lors, Mme C doit nécessairement être regardée comme étant de bonne foi.
5. Toutefois, il résulte de l'instruction que, si le revenu fiscal de référence de Mme C n'était en 2022 que de 2 000 euros, la requérante bénéficie de 1 095 euros de prestations par mois, n'a plus qu'un enfant à charge en 2024 pour lequel elle perçoit une pension alimentaire. Dans ces conditions et compte tenu du montant limité de la dette restant à sa charge, la requérante ne saurait être regardée comme étant dans l'incapacité de rembourser cette dette.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demande l'annulation de la décision du 25 avril 2023 par laquelle la CAF des Hauts-de-Seine a refusé de faire droit à sa demande de remise de dette. Par voie de conséquence, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de Mme C tendant à ce que le tribunal lui accorde une remise de sa dette.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C née B et au département des Hauts-de-Seine.
Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. MonteagleLa greffière,
Signé
C. Mas
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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