Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2310147

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2310147
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de la SCI Bd A, qui contestait son assujettissement à la taxe sur les bureaux au titre de 2021 pour un immeuble à Courbevoie. La société soutenait que des travaux de rénovation lourde rendaient l’immeuble inexploitable, l’excluant du champ de l’article 231 ter du code général des impôts. Le tribunal a jugé que cette disposition soumet à la taxe tout propriétaire de locaux à usage de bureaux au 1er janvier de l’année, quel que soit leur état, y compris en cas d’inutilisation temporaire. Les locaux n’ayant pas été démolis et conservant leur destination de bureaux après travaux, l’imposition a été maintenue.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 juillet 2023, la société civile immobilière (SCI) Bd A, représentée par Me Schiano Gentiletti, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, assortie des intérêts moratoires, des cotisations de taxe sur les bureaux auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2021, à raison d'un immeuble dont elle est propriétaire aux 19 et 27 rue du Capitaine A à Courbevoie (92).

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les travaux de rénovation lourde opérés sur l'immeuble l'ont rendu inexploitable, au surplus en tant qu'immeuble de bureaux, de sorte qu'au titre de l'année 2021, il était placé hors du champ des dispositions de l'article 231 ter du code général des impôts.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2024, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen soulevé par la requérante n'est pas fondé.

Vu :

- les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Huon, président-rapporteur,

- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SCI Bd A a entrepris la restructuration de l'immeuble " Berkeley Building ", à usage de bureaux, dont elle est propriétaire aux 19 et 27 rue du Capitaine A à Courbevoie (92). Estimant que les travaux de réhabilitation lourde rendaient cet immeuble impropre à toute utilisation, et en particulier, à un usage de bureaux, elle a sollicité le dégrèvement des cotisations de taxe sur les bureaux y afférentes, établies au titre de l'année 2021. A la suite du rejet de sa réclamation, elle réitère ses prétentions devant le juge de l'impôt.

2. Aux termes de l'article 231 ter du code général des impôts, relatif à la taxe annuelle sur les surfaces de bureaux : " II. - Sont soumises à la taxe les personnes privées ou publiques qui sont propriétaires de locaux imposables ou titulaires d'un droit réel portant sur de tels locaux. / La taxe est acquittée par le propriétaire, l'usufruitier, le preneur à bail à construction, l'emphytéote ou le titulaire d'une autorisation d'occupation temporaire du domaine public constitutive d'un droit réel qui dispose, au 1er janvier de l'année d'imposition, d'un local taxable. /III.- La taxe est due : / 1° Pour les locaux à usage de bureaux, qui s'entendent, d'une part, des bureaux proprement dits et de leurs dépendances immédiates et indispensables destinés à l'exercice d'une activité, de quelque nature que ce soit, par des personnes physiques ou morales privées () / 2° Pour les locaux commerciaux, qui s'entendent des locaux destinés à l'exercice d'une activité de commerce de détail ou de gros et de prestations de services à caractère commercial ou artisanal () ; / 3° Pour les locaux de stockage, qui s'entendent des locaux ou aires couvertes destinés à l'entreposage de produits, de marchandises ou de biens et qui ne sont pas intégrés topographiquement à un établissement de production. / 4° Pour les surfaces de stationnement, qui s'entendent des locaux ou aires, couvertes ou non couvertes, destinés au stationnement des véhicules et qui font l'objet d'une exploitation commerciale ou sont annexés aux locaux mentionnés aux 1° à 3° sans être intégrés topographiquement à un établissement de production. ". Il résulte de ces dispositions, issues de l'article 38 de la loi du 30 décembre 1997 de finances pour 1998, et qui, en accroissant les ressources du fonds d'aménagement de la région Ile-de-France, visaient à préserver la capacité d'intervention financière de l'État en Ile-de-France afin de corriger les déséquilibres de cette région en matière de logement social, de transports collectifs et d'infrastructures de transports, que le propriétaire de locaux à usage de bureaux situé en Ile-de-France au 1er janvier de l'année d'imposition est assujetti à la taxe qu'elles prévoient, quel que soit l'état de ces derniers, y compris dans le cas où ils sont rendus temporairement impropres à cet usage.

3. Pour contester son assujettissement à la taxe annuelle sur les surfaces de bureaux au titre de l'année 2021, la SCI Bd A soutient que l'ensemble immobilier en cause fait, depuis l'année 2018, l'objet d'importants travaux affectant le gros œuvre d'une manière telle qu'ils rendent les locaux impropres à toute utilisation. Toutefois, il n'est pas contesté, d'une part, que les locaux n'ont pas été complètement démolis et subsistaient au moins à l'état brut de béton au 1er janvier de l'année d'imposition et, d'autre part, qu'ils avaient vocation à demeurer à usage de bureaux à l'issue des travaux, le projet prévoyant d'ailleurs une extension de 2 000 m². Par conséquent, et conformément au principe rappelé au point 2, la seule circonstance que les travaux en cause en auraient temporairement compromis l'usage n'est pas de nature à exclure l'immeuble du champ d'application des dispositions de l'article 231 ter du code général des impôts.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SCI Bd A ne peut qu'être rejetée, en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI Bd A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Bd A et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 25 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Huon, président,

M. Viain, premier conseiller,

Mme Froc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

L'assesseur le plus ancien

signé

T. VIAIN

Le président,

signé

C. HUONLa greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N° 2310047