Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2311665

vendredi 6 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2311665
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme B née C, qui demandait à être déchargée de son obligation solidaire de paiement de l'impôt sur le revenu. La requérante invoquait ses faibles ressources et sa situation familiale difficile (mari en détention, enfants à charge). Le tribunal a estimé que la demande était irrecevable car, à la date de sa demande, Mme B n'était ni séparée, ni divorcée, ni autorisée à résider séparément de son conjoint, conditions prévues par l'article 1691 bis du code général des impôts pour bénéficier de la décharge. En outre, elle n'a pas apporté de preuves suffisantes d'une disproportion marquée entre sa dette et sa situation financière. La requête a été rejetée par ordonnance sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 août 2023, Mme A B née C doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de son obligation solidaire de paiement des cotisations d'impôt sur le revenu mises à la charge de son foyer fiscal.

Elle soutient qu'elle n'est pas en capacité de payer la somme réclamée, dès lors qu'elle a peu de ressources, qu'elle élève seule ses enfants, son mari, avec qui elle est en instance de divorce, étant en détention.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. Aux termes de l'article 1691 bis du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Les époux et les partenaires liés par un pacte civil de solidarité sont tenus solidairement au paiement : / 1° De l'impôt sur le revenu lorsqu'ils font l'objet d'une imposition commune (). II. - 1. Les personnes divorcées ou séparées peuvent demander à être déchargées des obligations de paiement prévues au I ainsi qu'à l'article 1723 ter-00 B lorsque, à la date de la demande : / a) Le jugement de divorce ou de séparation de corps a été prononcé ou la convention de divorce par consentement mutuel prenant la forme d'un acte sous signature privée contresigné par avocats a été déposée au rang des minutes d'un notaire () / c) Les intéressés ont été autorisés à avoir des résidences séparées () ; / 2. La décharge de l'obligation de paiement est accordée en cas de disproportion marquée entre le montant de la dette fiscale et, à la date de la demande, la situation financière et patrimoniale, nette de charges, du demandeur. () ".

3. Pour rejeter la demande de Mme B née C présentée sur le fondement des dispositions précitées du code général des impôts, la directrice départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine a relevé qu'à la date de sa demande présentée le 2 janvier 2023, l'intéressée n'était pas séparée ou divorcée et n'avait pas été autorisée à vivre séparément de son conjoint. La requérante ne conteste pas ce motif, qui, à lui seul est de nature à justifier le rejet de sa demande, en se bornant à soutenir qu'elle n'est pas en capacité de payer les sommes réclamées compte tenu de ses faibles ressources financières, sans, du reste assortir cette allégation d'éléments suffisamment précis permettant d'apprécier l'existence d'une disproportion marquée entre le montant de sa dette fiscale et, à la date de la demande, sa situation financière et patrimoniale, nette de charges. Il est toutefois loisible à l'intéressée, si elle s'y croit fondée, de former auprès de l'administration fiscale une demande de remise gracieuse en justifiant de son état de gêne ou d'indigence, comme indiqué par le service dans sa décision de rejet du 16 juin 2023. Par suite, la requête de Mme B née C ne peut qu'être rejetée, sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B née C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B née C.

Copie en sera adressée à la directrice départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy-Pontoise, le 6 septembre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

signé

C. Huon

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.