Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2400035

vendredi 6 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2400035
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. A, qui demandait la réduction de son impôt sur le revenu pour 2022 en déduisant des pensions alimentaires versées à ses enfants mineurs au Mali. Le juge a constaté que le requérant n’apportait aucune preuve des versements effectués ni de leur caractère alimentaire, condition nécessaire pour bénéficier de la déduction prévue à l’article 156 du code général des impôts. La requête a été rejetée comme manifestement infondée en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 janvier 2024, M. B A, représenté par

Me Guetta, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer la réduction des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2022 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'il est en droit de déduire de son revenu imposable les pensions alimentaires versées à ses enfants mineurs résidant au Mali, au titre de l'obligation alimentaire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par réclamation du 28 août 2023, M. A a sollicité la prise en compte, pour l'établissement de l'impôt sur le revenu établi au titre de l'année 2022, d'une somme de 8 420 €, représentative, selon lui, de pensions alimentaires versées à sa concubine pour le compte de ses deux enfants mineurs résidant au Mali. Par décision du 6 octobre 2023, le service a rejeté cette réclamation pour défaut de justificatifs. M. A réitère ses prétentions devant le juge de l'impôt.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

3. Aux termes de l'article 156 du code général des impôts : " L'impôt sur le revenu est établi d'après le montant total du revenu net annuel dont dispose chaque foyer fiscal. Ce revenu net est déterminé () sous déduction / () II. Des charges ci-après lorsqu'elles n'entrent pas en compte pour l'évaluation des revenus des différentes catégories : 2° () pensions alimentaires répondant aux conditions fixées par les articles 205 à 211, 367 et 767 du code civil () ". Les articles 205 et 207 du code civil disposent respectivement que " Les enfants doivent des aliments à leurs père et mère ou autres ascendants qui sont dans le besoin " et que " Les obligations résultant de ces dispositions sont réciproques ". Enfin, aux termes de l'article 208 du même code : " Les aliments ne sont accordés que dans la proportion du besoin de celui qui les réclame, et de la fortune de celui qui les doit ". Aux termes de l'article 371-2 de ce code : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. / Cette obligation ne cesse pas de plein droit lorsque l'enfant est majeur ".

4. Pour bénéficier de la déduction prévue par les dispositions précitées de l'article 156 du code général des impôts, le contribuable doit notamment apporter la preuve de la réalité des versements allégués et de l'état de besoin du bénéficiaire des sommes ainsi versées.

5. Si M. A soutient que l'aide qu'il apporte à ses enfants résidant au Mali, au titre de l'obligation alimentaire, est déductible de ses revenus, le requérant, qui supporte la charge de la preuve, n'apporte pas la moindre preuve des versements effectués, ni a fortiori de leur caractère alimentaire. Par suite, sa requête, dont les moyens ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien, ne peut qu'être rejetée, en toutes ses conclusions, par application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Fait à Cergy-Pontoise, le 6 septembre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

signé

C. Huon

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.