Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2401466
jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2401466 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 26 janvier et 11 mars 2024, Mme A B forme opposition à la contrainte émise le 9 janvier 2024 par la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine en vue du recouvrement d'un indu d'allocation de logement familiale (ALF) d'un montant de 4 508 euros concernant la période du 1er mars 2022 au 31 janvier 2023 et un indu d'allocation de logement sociale (ALS) d'un montant de 1 926 euros relatif à la période du 1er mars 2021 au 28 février 2022.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () ; 7º Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (). ". Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".
2. D'autre part, aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut () délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner () une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la notification mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine () Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent () ".
3. Pour demander la décharge de l'obligation de payer résultant d'une contrainte, le requérant ne peut utilement se prévaloir que de moyens susceptibles d'avoir une incidence sur le principe, la quotité et sur l'exigibilité de la créance de la caisse d'allocations familiales.
4. Par la présente requête, Mme B forme opposition à la contrainte émise à son encontre le 9 janvier 2024 par la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine en vue du recouvrement d'un indu d'allocation de logement familiale d'un montant de 4 508 euros concernant la période du 1er mars 2022 au 31 janvier 2023 et un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 926 euros relatif à la période du 1er mars 2021 au 28 février 2022. A l'appui de sa contestation, Mme B se borne toutefois à soutenir, de manière succincte et non étayée, qu'elle ne comprend pas pourquoi il lui est demandé de rembourser ces sommes, qu'elle rencontre de nombreuses difficultés avec ses locataires qui, seuls ont bénéficié de l'aide personnalisée au logement, et a même été contrainte de porter plainte contre les derniers d'entre eux, qu'elle ne dispose pas des ressources financières lui permettant de s'acquitter de cette somme et ajoute, dans son mémoire complémentaire en date du 11 mars 2024, non sans contradiction, qu'elle a reversé le montant de l'aide personnalisée au logement perçue à son fils.
5. Toutefois, ainsi formulés, ces moyens sont soit d'ordre gracieux et donc inopérants, soit manifestement non assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
6. La requête de Mme B peut par suite être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. La présente ordonnance ne fait toutefois pas obstacle, si elle s'y croit fondée et si elle ne l'a pas déjà fait, à ce que Mme B présente une demande de remise gracieuse de sa dette auprès de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 19 septembre 2024,
La vice-présidente,
Signé
H. Lepetit-Collin
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Mayotte — N° TA107-2602529
01/09/2026
Tribunal Administratif de Bastia — N° TA20-2501984
01/09/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601676
01/09/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601683
01/09/2026