Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2403371
jeudi 29 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2403371 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | DALO Urgences |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 mars 2024, M. A B demande au tribunal statuant en application de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation d'ordonner son relogement par l'État.
Il soutient qu'il a été reconnu par la commission de médiation du département des Hauts-de-Seine comme prioritaire et devant être logé d'urgence par une décision en date du 10 mai 2023 et que s'il a reçu une offre de logement, cette proposition n'était pas adaptée à sa situation.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 juin 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Il fait valoir que :
- le requérant a refusé une proposition de logement de type T2 situé à Nanterre à la fin du mois de mai 2023, en raison de l'environnement dégradé de l'immeuble et de l'insécurité du quartier ;
- il appartient à l'intéressé de démontrer que ce refus n'est pas illégitime.
Vu :
- la décision de la commission de médiation du département des Hauts-de-Seine en date du 10 mai 2023 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 juillet 2024 :
- le rapport de Mme Lepetit-Collin, vice-présidente,
- les observations de M. B.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application des dispositions de l'article R. 778-5 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 441-2-3-1 modifié du code de la construction et de l'habitation : " I. - Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. () Le président du tribunal administratif (), lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'État et peut assortir son injonction d'une astreinte () ".
2. Aux termes de l'article R. 441-16-2 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation, lorsqu'elle détermine en application du II de l'article L. 441-2-3 les caractéristiques du logement devant être attribué en urgence à toute personne reconnue prioritaire, puis le préfet, lorsqu'il définit le périmètre au sein duquel ce logement doit être situé et fixe le délai dans lequel le bailleur auquel le demandeur a été désigné est tenu de le loger dans un logement tenant compte de ses besoins et capacités, apprécient ces derniers en fonction de la taille et de la composition du foyer (), de l'état de santé, des aptitudes physiques ou des handicaps des personnes qui vivront au foyer, de la localisation des lieux de travail ou d'activité et de la disponibilité des moyens de transport, de la proximité des équipements et services nécessaires à ces personnes. Ils peuvent également tenir compte de tout autre élément pertinent propre à la situation personnelle du demandeur ou des personnes composant le foyer () ".
3. Il résulte des dispositions de l'article R. 441-16-3 du même code que le demandeur reconnu comme prioritaire par une décision de la commission de médiation peut perdre le bénéfice de cette décision s'il refuse, sans motif impérieux, une offre de logement correspondant à ses besoins et à ses capacités, dès lors qu'il a été préalablement informé de cette éventualité. Il appartient à l'administration d'établir que cette information a été délivrée au demandeur.
4. Il résulte de l'instruction que la demande de logement de M. B a été reconnue prioritaire et comme devant être satisfaite en urgence par une décision de la commission de médiation des Hauts-de-Seine en date du 10 mai 2023. Il est constant que M. B a refusé, le 1er juin 2023, une offre de logement de type T2 situé dans la commune de Nanterre en raison du sentiment d'insécurité que le quartier lui inspirait alors qu'il " envisage de fonder une famille ". Or, il ne résulte pas de l'instruction, et notamment des seules allégations du requérant qui ne sont confortées par aucune pièce, que la localisation du logement proposé à M. B présentait un risque particulier d'insécurité ou aurait pu l'exposer à une situation d'insécurité liée à des actes commis de manière habituelle créant des risques graves pour le requérant. Il ressort par ailleurs des indications mentionnées sur l'offre de logement qui lui a été faite le 24 mai 2023, que M. B a été expressément informé du risque qu'il encourait, en cas de refus, de perdre le bénéfice de la décision favorable de la commission de médiation. Par suite, le préfet des Hauts-de-Seine doit être regardé comme justifiant avoir offert à M. B un logement répondant à ses besoins et ses capacités que le requérant a refusé, en connaissance de cause, sans motif légitime établi. Cette proposition de logement doit donc être regardée comme ayant délié l'État de son obligation de relogement à l'égard du requérant.
5. Par suite, la requête de M. B tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de lui proposer un logement correspondant à ses besoins doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera transmise au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 29 août 2024.
La vice-présidente désignée,
Signé
H. Lepetit-Collin
La greffière,
Signé
C. Mas
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition
La greffière
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