Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2403435

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2403435
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. A contestant la suspension de son revenu de solidarité active (RSA) à compter du 1er janvier 2023, confirmée par la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise le 14 février 2024. Le requérant invoquait son absence à un rendez-vous fixé par la commission d'audition départementale, motif de la suspension, mais n'a apporté aucun commencement de preuve de ses allégations (prévenu par téléphone, éloignement). Le juge a considéré que ses moyens étaient inopérants ou manifestement insusceptibles de venir au soutien de sa demande, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. La décision se fonde sur l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles, qui prévoit la suspension du RSA en cas de non-respect des obligations liées au projet personnalisé d'accès à l'emploi.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 1er mars et le 15 avril 2024, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision en date du 14 février 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise a, sur recours administratif, confirmé sa décision de suspension de versement du revenu de solidarité active à compter du 1er janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ". Aux termes de l'article R. 772-6 du même code : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

2. Aux termes de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental : / 1° Lorsque, du fait du bénéficiaire et sans motif légitime, le projet personnalisé d'accès à l'emploi ou l'un des contrats mentionnés aux articles L. 262-35 et L. 262-36 ne sont pas établis dans les délais prévus ou ne sont pas renouvelés ; / 2° Lorsque, sans motif légitime, les dispositions du projet personnalisé d'accès à l'emploi ou les stipulations de l'un des contrats mentionnés aux articles L. 262-35 et L. 262-36 ne sont pas respectées par le bénéficiaire ; / 3° Lorsque le bénéficiaire du revenu de solidarité active, accompagné par l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail, a été radié de la liste mentionnée à l'article L. 5411-1 du même code ; / 4° Ou lorsque le bénéficiaire refuse de se soumettre aux contrôles prévus par le présent chapitre. () ".

3. Par la décision attaquée, la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise a confirmé sa décision de suspension de versement du revenu de solidarité active à M. A à compter du 1er janvier 2023 au motif que l'intéressé était absent au rendez-vous proposé par la commission d'audition départementale le 14 décembre 2023 et qu'il n'avait pas repris contact dans le délai imparti à la suite du courrier d'avertissement en date du 26 décembre 2023.

4. A l'appui de sa demande d'annulation de cette décision, M. A, qui ne conteste pas ne pas s'être rendu à ce rendez-vous, se borne à soutenir, tout d'abord, qu'il avait prévenu de son absence par téléphone, courriels et SMS sans toutefois apporter aucun commencement de preuve à l'appui de ses allégations. Si M. A soutient ensuite que son unique mode de déplacement serait le vélo et que le rendez-vous fixé était trop éloigné de son domicile, il ressort des pièces du dossier, en tout état de cause, que le requérant, qui aurait pu recourir aux transports en commun puisqu'il dispose d'une carte de transports à prix réduit, réside à Asnières sur Oise (95) et que le rendez-vous auquel il devait se rendre devait avoir lieu à Cergy (95). Enfin, la circonstance, au demeurant non établie, qu'il se serait jusqu'alors présenté à tous ses rendez-vous, est sans incidence sur le bien-fondé de la décision attaquée. Il résulte de ce qui précède que, par les circonstances qu'il invoque, l'intéressé ne conteste pas utilement la décision attaquée.

5. La requête de M. A n'étant donc assortie que de moyens inopérants ou assortis de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien, il y a lieu de la rejeter par voie d'ordonnance en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il appartient à M. A, s'il s'y croit fondé et s'il ne l'a pas déjà fait, de présenter une nouvelle demande tendant au bénéfice du revenu de solidarité active.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au département et à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 27 septembre 2024.

La vice-présidente,

Signé

H. Lepetit-Collin

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.