Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2404937
lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2404937 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 avril 2024, Mme A, représentée par Me Bapceres, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de la caisse d'allocations familiales (CAF) du Val-d'Oise, révélée par la mise en demeure du 4 janvier 2024, mettant à sa charge des indus de primes exceptionnelles de fin d'année pour les années 2021 et 2022 d'un montant de 228,67 euros chacun ;
2°) de la décharger du paiement de ces sommes ;
3°) d'enjoindre à la CAF du Val-d'Oise de lui restituer les sommes déjà recouvrées au titre de ces indus ;
4°) de mettre à la charge de l'État et de la CAF du Val-d'Oise, chacun en ce qui les concerne, la somme de 1 200 euros au bénéfice de son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Vu :
- la décision du 15 juillet 2024 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2021-1657 du 15 décembre 2021 ;
- le décret n° 2022-1568 du 14 décembre 2022 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : ()/ 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () / 7°Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".
2. En premier lieu, si Mme A soutient que les décisions sont insuffisamment motivées, elle demande l'annulation de décisions d'indus en tant qu'elles lui ont été révélées par une mise en demeure datée du 4 janvier 2024. En tout état de cause, elle n'allègue aucunement avoir formé une demande de communication des motifs auprès de la CAF. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation est inopérant.
3. En deuxième lieu, si Mme A soutient que les décisions d'indus concernant des primes exceptionnelles de fin d'année n'ont pas été précédées d'une décision de fin de droit en matière de RSA ou d'aide au logement, la CAF n'avait aucune obligation de prendre une telle décision préalablement à la récupération des indus litigieux. Le moyen est donc inopérant.
4. En dernier lieu, en application des articles 3 des décrets des 15 décembre 2021 et 14 décembre 2022 visés ci-dessus, la prime exceptionnelle de fin d'année pour l'année 2021 et 2022 est versée aux bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) qui perçoivent cette allocation pendant les mois de novembre ou décembre de l'année 2021 et 2022. En outre, aux termes du I de l'article 6 de ce même décret : " Tout paiement indu d'une aide exceptionnelle attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci ".
5. En l'espèce, il ressort des termes de la mise en demeure, par laquelle Mme A a eu connaissance des indus en litige, que la CAF des Hauts-de-Seine a estimé que Mme A n'avait aucun droit au bénéfice des primes exceptionnelles en cause dès lors qu'elle n'avait aucun droit au revenu de solidarité active (RSA) ni en décembre 2021, ni en décembre 2022. Sans contester ce motif, Mme A, qui est représentée par un avocat, se borne à soutenir en des termes généraux qu'elle n'a jamais cessé de remplir les conditions d'attribution des primes en litige. Toutefois, elle n'apporte aucune précision dans ses écritures, ni ne verse aucune pièce justifiant de ses allégations, n'ayant au demeurant versé à l'instance que la mise en demeure du 9 janvier 2024. Dès lors, son moyen tiré de l'erreur d'appréciation n'est manifestement pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation de Mme A, à l'appui desquelles elle ne présente que des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont manifestement pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, ne peuvent qu'être rejetées sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence de ses conclusions à fin de décharge, de celles présentées à fin d'injonction et de celles relatives aux frais liés au litige.
Par ces motifs, le tribunal ordonne :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A née B, à Me Bapceres et à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 30 septembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. Monteagle
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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