Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405462

mardi 30 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2405462
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. A, qui demandait la décharge de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour 2023. Le requérant n’avait pas déposé dans les quatre-vingt-dix jours suivant l’achèvement des travaux la déclaration obligatoire auprès de l’administration fiscale, mais seulement en mairie, ce qui est inopérant au regard de l’article 321 G de l’annexe III du code général des impôts. La bonne foi invoquée est sans incidence sur l’application des règles légales. La requête a donc été rejetée comme ne comportant que des moyens inopérants.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 9 et 22 avril 2024, M. B A demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2023 à raison d'un bien immobilier situé au 8 rue Montoir Saint-Nicolas à Saint-Witz (95).

Il soutient qu'étant de bonne foi, il n'avait pas connaissance de l'obligation du dépôt auprès de l'administration fiscale de la déclaration d'achèvement de la construction dans un délai de trois mois à compter de l'achèvement. En outre, il a déposé cette déclaration à la mairie de Saint-Witz.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ".

2. Aux termes de l'article 1383 du code général des impôts : " I - Les constructions nouvelles, reconstructions et additions de construction sont exonérées de la taxe foncière sur les propriétés bâties durant les deux années qui suivent celle de leur achèvement. () ". Aux termes de l'article 1406 de ce code : " I. Les constructions nouvelles, ainsi que les changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties, sont portés par les propriétaires à la connaissance de l'administration, dans les quatre-vingt-dix jours de leur réalisation définitive () I bis- Pour procéder à la mise à jour de la valeur locative des propriétés bâties, les propriétaires sont tenus de souscrire une déclaration sur demande de l'administration fiscale () II. Le bénéfice des exonérations temporaires de taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâties est subordonné à la déclaration du changement qui les motive. Lorsque la déclaration est souscrite hors délais, l'exonération s'applique pour la période restant à courir après le 31 décembre de l'année suivante ". Aux termes enfin de l'article 321 E de l'annexe III à ce code : " Les constructions nouvelles () sont déclarés par les propriétaires sur des imprimés établis par l'administration conformément aux modèles fixés par le ministre de l'économie et des finances. Il en est de même pour la déclaration mentionnée au I bis de l'article 1406 du code général des impôts. ". Enfin, aux termes de l'article 321 G de l'annexe III au même code : " Les déclarations sont produites auprès du service des impôts du lieu de situation des biens ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au contribuable de porter à la connaissance de l'administration fiscale l'existence d'une construction nouvelle dans les quatre-vingt-dix jours de sa réalisation définitive pour pouvoir bénéficier de l'exonération prévue par l'article 1383 pendant les deux années qui suivent l'achèvement de la construction et qu'une déclaration tardive ne lui ouvre droit au bénéfice de l'exonération que pour la période restant à courir après le 1er décembre de l'année suivante.

3. Il est constant que les travaux de construction de l'immeuble de M. A ont été achevés le 15 octobre 2022 et que la déclaration prévue par les dispositions précitées n'a été déposée auprès des services fiscaux que le 1er novembre 2023, soit après l'expiration du délai de quatre-vingt-dix jours qui était imparti au contribuable afin de pouvoir bénéficier de l'exonération de la taxe foncière afférente à cet immeuble. Si M. A soutient avoir déposé sa déclaration en mairie dans les délais requis, cette circonstance est, en tout état de cause, sans incidence sur l'imposition contestée dès lors qu'il ressort clairement des dispositions de l'article 321 G de l'annexe III au code général des impôts que ce document doit être déposé auprès de l'administration fiscale. Dès lors, et même à supposer établie la bonne foi du contribuable, c'est par une exacte application des dispositions précitées que l'administration a refusé de lui accorder le bénéfice de l'exonération de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties due au titre de l'année 2023.

4. Par suite, la requête de M. A ne comportant que des moyens inopérants, celle-ci doit être rejetée en application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A.

Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Fait à Cergy-Pontoise, le 30 juillet 2024.

Le président de la 2ème chambre,

signé

C. HUON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.