Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405961
mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2405961 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Résumé IA
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme A... qui demandait une remise gracieuse d’un indu d’allocation de logement sociale de 106 euros réclamé par la CAF des Alpes-de-Haute-Provence. La requête a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n’a pas justifié avoir préalablement saisi l’organisme payeur d’une demande de remise de dette, condition nécessaire pour saisir le juge. Le tribunal a appliqué les articles R. 222-1, R. 421-1 et R. 412-1 du code de justice administrative, ainsi que les articles L. 553-2 du code de la sécurité sociale et L. 825-2 du code de la construction et de l’habitation.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 avril 2024, Mme B... A... demande au tribunal que lui soit accordée une remise gracieuse de sa dette auprès de la caisse d'allocations familiales (CAF) des Alpes-de-Haute-Provence, soit la somme de 106 euros au titre d’un indu d’allocation de logement sociale (ALS) versée en juin et juillet 2022 et dont il lui est réclamé le paiement par une contrainte émise le 16 avril 2024.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2024, la CAF des Alpes-de-Haute-Provence conclut au rejet de la requête.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ». Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision (…) ». Aux termes de l’article R. 412-1 du même code : « La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation ». Aux termes de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser (…) ». Aux termes de l’article R. 611-8-6 du même code : « Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par elles ».
Aux termes de l’article L. 821-1 du code de la construction et de l’habitation : « Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° Les aides personnalisée au logement / 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; b) L'allocation de logement sociale ». Le premier alinéa de l’article L. 553-2 du code de la sécurité sociale dispose : « Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. (…) ». Aux termes du cinquième alinéa de ce même article L. 553-2, la créance de l’organisme peut toutefois être réduite ou remise « en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations.
Aux termes de l’article L. 825-2 du même code : « Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ». Aux termes de l’article L. 823-6 du code de la construction et de l’habitation : « Le bailleur auprès duquel l'allocation est versée signale le déménagement de l'allocataire et la résiliation de son bail (…) ». Aux termes de l’article R. 823-12 du même code : « Les aides personnelles au logement cessent d'être dues à partir du premier jour du mois civil au cours duquel les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies (…) ».
La requête de Mme A... vise à ce que lui soit accordée une remise totale de sa dette d’ALS. Toutefois, il ne résulte pas de l’instruction qu’elle ait formé auprès de la CAF des Alpes-de-Haute-Provence une demande de remise de dette qui aurait été implicitement ou explicitement rejetée par cet organisme, avant de saisir le tribunal, y compris après avoir été mise à même de régulariser sa requête par le tribunal sur ce point par un courrier du 12 juillet 2024 qui lui a été transmis au moyen de l’application informatique mentionnée à l’article R. 414-1 du code de justice administrative, dite « Télérecours », dont elle n’a pas accusé lecture. Il ne ressort pas davantage des pièces produites par la requérante que cet organisme ait statué d’office sur une telle demande. Par suite, les conclusions de Mme A... à fin de remise de dette sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées sur le fondement du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
En tout état de cause, par la contrainte attaquée, la CAF des Alpes-de-Haute-Provence réclame paiement à Mme A..., propriétaire d’un logement qu’elle met en location dans ce département, de la somme de 106 euros d’ALS, versée à tort pour les mois de juin et de juillet 2022 alors que son locataire avait déjà déménagé. Alors que la dette en cause représente un montant minime, Mme A... n’a produit aucune pièce sur ses ressources et ses charges justifiant de l’existence d’une situation de précarité faisant obstacle au paiement de cette dette.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A... à fin de remise de dette doivent être rejetées comme irrecevables sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal ordonne :
Article 1er : La requête de la Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et à la caisse d’allocations familiales des Alpes-de-Haute-Provence.
Fait à Cergy, le 11 septembre 2024.
La magistrate désignée,
M. Monteagle
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 23 avril 2024, Mme B... A... demande au tribunal que lui soit accordée une remise gracieuse de sa dette auprès de la caisse d'allocations familiales (CAF) des Alpes-de-Haute-Provence, soit la somme de 106 euros au titre d’un indu d’allocation de logement sociale (ALS) versée en juin et juillet 2022 et dont il lui est réclamé le paiement par une contrainte émise le 16 avril 2024.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2024, la CAF des Alpes-de-Haute-Provence conclut au rejet de la requête.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ». Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision (…) ». Aux termes de l’article R. 412-1 du même code : « La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation ». Aux termes de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser (…) ». Aux termes de l’article R. 611-8-6 du même code : « Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par elles ».
Aux termes de l’article L. 821-1 du code de la construction et de l’habitation : « Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° Les aides personnalisée au logement / 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; b) L'allocation de logement sociale ». Le premier alinéa de l’article L. 553-2 du code de la sécurité sociale dispose : « Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. (…) ». Aux termes du cinquième alinéa de ce même article L. 553-2, la créance de l’organisme peut toutefois être réduite ou remise « en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations.
Aux termes de l’article L. 825-2 du même code : « Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ». Aux termes de l’article L. 823-6 du code de la construction et de l’habitation : « Le bailleur auprès duquel l'allocation est versée signale le déménagement de l'allocataire et la résiliation de son bail (…) ». Aux termes de l’article R. 823-12 du même code : « Les aides personnelles au logement cessent d'être dues à partir du premier jour du mois civil au cours duquel les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies (…) ».
La requête de Mme A... vise à ce que lui soit accordée une remise totale de sa dette d’ALS. Toutefois, il ne résulte pas de l’instruction qu’elle ait formé auprès de la CAF des Alpes-de-Haute-Provence une demande de remise de dette qui aurait été implicitement ou explicitement rejetée par cet organisme, avant de saisir le tribunal, y compris après avoir été mise à même de régulariser sa requête par le tribunal sur ce point par un courrier du 12 juillet 2024 qui lui a été transmis au moyen de l’application informatique mentionnée à l’article R. 414-1 du code de justice administrative, dite « Télérecours », dont elle n’a pas accusé lecture. Il ne ressort pas davantage des pièces produites par la requérante que cet organisme ait statué d’office sur une telle demande. Par suite, les conclusions de Mme A... à fin de remise de dette sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées sur le fondement du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
En tout état de cause, par la contrainte attaquée, la CAF des Alpes-de-Haute-Provence réclame paiement à Mme A..., propriétaire d’un logement qu’elle met en location dans ce département, de la somme de 106 euros d’ALS, versée à tort pour les mois de juin et de juillet 2022 alors que son locataire avait déjà déménagé. Alors que la dette en cause représente un montant minime, Mme A... n’a produit aucune pièce sur ses ressources et ses charges justifiant de l’existence d’une situation de précarité faisant obstacle au paiement de cette dette.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A... à fin de remise de dette doivent être rejetées comme irrecevables sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal ordonne :
Article 1er : La requête de la Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et à la caisse d’allocations familiales des Alpes-de-Haute-Provence.
Fait à Cergy, le 11 septembre 2024.
La magistrate désignée,
M. Monteagle
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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