Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2406914
mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2406914 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Résumé IA
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par Mme B... pour contester des indus de revenu de solidarité active (RSA), de prime d'activité et de prime exceptionnelle de fin d'année. La CAF des Hauts-de-Seine a procédé à l'effacement de la majorité de ces dettes, conduisant le tribunal à constater un non-lieu à statuer sur ces points. En revanche, le tribunal a maintenu l'examen de l'indu de RSA de 1 501 euros, pour lequel il a rejeté le moyen tiré du défaut de motivation comme inopérant, faute pour la requérante d'avoir demandé la communication des motifs de la décision implicite. La solution retenue s'appuie sur les articles R. 222-1 du code de justice administrative et L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 mai 2024, Mme A... B..., représentée par Me Moutoussamy, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite par laquelle le département des Hauts-de-Seine a confirmé, sur recours administratif préalable formé le 10 novembre 2023, qu’elle était redevable de deux indus de revenu de solidarité active (RSA) pour les sommes respectives de 1 501 euros, versées entre mai 2022 et juillet 2022, et de 12 186 euros, versées entre juillet 2020 et mai 2023 ;
2°) d’annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) des Hauts-de-Seine a confirmé, sur recours administratif préalable formé le 5 juillet 2023, qu’elle était redevable d’un indu de prime d’activité pour la somme de 120,11 euros, versée à tort en avril 2022 ;
3°) d’annuler les décisions, révélées par la consultation de son compte allocataire en ligne, par laquelle la CAF des Hauts-de-Seine a mis à sa charge des indus de prime exceptionnelle de fin d'année pour 2020 et 2022 ;
4°) de la décharger du paiement de ces sommes ;
5°) à titre subsidiaire, de lui accorder une remise de dette ;
6°) d’enjoindre au département des Hauts-de-Seine ainsi qu’à la CAF des Hauts-de-Seine de procéder au remboursement des sommes déjà retenues en vue du remboursement des indus.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2024, ainsi que des pièces complémentaires, enregistrées le 24 juillet 2024, la CAF des Hauts-de-Seine conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Vu :
- la décision du 29 janvier 2024 par laquelle le président du bureau d’aide juridictionnelle auprès du tribunal judiciaire de Pontoise a admise Mme B... à l’aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : (…)/; 3° Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; (…) / 7°Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. (…) ».
Sur l’exception de non-lieu à statuer :
La CAF des Hauts-de-Seine établit qu’elle a procédé, le 4 juillet 2024, à l’effacement dans leur intégralité des dettes de prime d’activité, de prime exceptionnelle de fin d'année ainsi que de l’une des dettes de RSA à hauteur de 12 186,50 euros, compte tenu des mesures prises dans le cadre de la situation de surendettement de la requérante. La CAF fait valoir en conséquence, sans être contredite par Mme B... à qui le mémoire en défense a été communiqué, que la requête a perdu son objet en cours d’instance. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la CAF ait procédé à l’effacement de la dette de RSA de 1 501,47 euros, correspondant à des prestations versées à tort entre mai 2022 et juillet 2022.
Il résulte de ce qui précède qu’il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions d’annulation relatives aux indus ayant fait l’objet d’un effacement, ainsi que, par voie de conséquence, sur les conclusions à fin d’injonction et sur celles, présentées, à titre subsidiaire relatives à une remise de dette en application des dispositions du 3° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. En revanche, il y a toujours lieu de statuer sur les conclusions relatives à l’indu de RSA de 1 501,47 euros, correspondant à des sommes versées au titre des mois de mai 2022 à juillet 2022, qui n’ont pas fait l’objet d’un effacement et la fin de non-recevoir opposée par la CAF en défense doit être écarté dans cette mesure.
Sur le surplus des conclusions à fin d’annulation :
En premier lieu, aux termes de l’article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : « Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n’est pas illégale du seul fait qu’elle n’est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l’intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande ».
Dès lors que Mme B... attaque une décision implicite par laquelle le département a confirmé l’indu de RSA de 1 501 euros mis à sa charge, elle ne peut utilement se prévaloir d’un défaut de motivation de cette décision, alors même qu’elle n’établit, ni même n’allègue, avoir sollicité communication des motifs de la décision en application des dispositions précitées. Par suite, son moyen tiré du défaut de motivation est inopérant.
En deuxième lieu, Mme B... soutient que son droit d’information et de communication prévu par les dispositions des articles L. 114-19 et L. 114-21 du code de la sécurité sociale a été méconnu dès lors qu’elle a vainement sollicité communication du rapport d’enquête et qu’elle n’a pas été informée de l’origine et de la teneur des informations qui fondent l’indu. Il résulte toutefois de l’instruction, notamment des termes du courrier du 20 juin 2023 adressé à Mme B... par la CAF des Hauts-de-Seine et l’informant de cet indu, que ce dernier a été mis à la charge de Mme B... après que la requérante a spontanément déclaré à la CAF le 18 juin 2023 un changement de situation professionnelle, en déclarant l’activité salariée qu’elle avait menée entre le 23 novembre 2021 et le 19 février 2022. L’indu ne résulte donc d’aucune enquête ou analyse de la CAF, au cours de laquelle cet organisme aurait fait usage de son droit de communication ou aurait établi un rapport d’enquête, mais seulement des déclarations de Mme B.... Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 114-19 et L. 114-21 du code de la sécurité sociale est inopérant.
En troisième lieu et comme il vient d’être dit, la requérante n’a fait l’objet ni d’une enquête sur place, ni d’une enquête sur pièce effectuée par un contrôleur assermenté et agréé. Dès lors le moyen tiré du défaut d’assermentation et d’agrément du contrôleur ayant procédé à la vérification de la situation de la requérante est inopérant.
En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 262-2 du code de l’action sociale et des familles : « Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. (…) ». Aux termes de l’article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles : « I.- Le montant dû au foyer bénéficiaire du revenu de solidarité active est égal à la moyenne des montants intermédiaires calculés pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit. II. Pour le calcul de l'allocation, les ressources du trimestre de référence prises en compte sont les suivantes : 1° La moyenne mensuelle des ressources perçues au cours des trois mois précédant la demande ou la révision, à l'exception de celles prévues aux 2° et 3° ; (…) ». Aux termes de l’article R. 262-37 du même code : « Le bénéficiaire de l’allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l’organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l’un ou l’autre de ces éléments ».
Si la requérante soutient que les indus ne sont pas fondés, faute pour la CAF d’établir le versement effectif des sommes en cause et dès lors qu’elle remplissait les conditions pour percevoir le RSA, elle se borne toutefois à une allégation générale sans apporter aucune précision, ni produire aucune pièce de nature, d’une part, à mettre en doute la réalité de ces versements, en ne joignant ni relevé bancaire, ni ses relevés de prestations pour l’année 2022, et, d’autre part, à établir l’état de sa situation financière sur le trimestre de référence permettant au juge d’apprécier la réalité de ses ressources entre février et juin 2022. Son moyen tiré de l’erreur d’appréciation est donc manifestement dépourvu de précisions suffisantes permettant d’en apprécier le bien-fondé.
En tout état de cause, il résulte de l’instruction que l’indu de RSA en litige résulte de ce que Mme B... a déclaré à la CAF avoir été salariée entre le 23 novembre 2021 et le 19 février 2022, de sorte que la CAF n’a fait que prendre en compte ses déclarations sur le trimestre de référence pour en déduire qu’elle n’avait pas de droit au RSA entre mai 2022 et juillet 2022. Ce point n’est pas contesté par la requérante.
En dernier lieu, aux termes de l’article L. 262-45 du code de l’action sociale et des familles : « L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. / La prescription est interrompue par une des causes prévues par le code civil. L'interruption de la prescription peut, en outre, résulter de l'envoi d'une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, quels qu'en aient été les modes de délivrance (…) ».
Il résulte de l’instruction que Mme B... a formé un recours préalable pour contester l’indu litigieux le 23 novembre 2023. Elle doit donc être regardée comme ayant eu connaissance de la décision mettant à sa charge l’indu de 1 501,47 euros au plus tard à cette date. Dès lors et à supposer que la requérante ait acquis connaissance de la décision de récupération de l’indu, qui interrompt la prescription, seulement le 23 novembre 2023, la prescription biennale ne faisait manifestement pas obstacle à ce que la CAF récupère des sommes versées entre mai 2022 et juillet 2022, soit à peine plus d’un an auparavant. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la créance serait partiellement prescrite n’est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation dirigées la décision implicite par laquelle le département des Hauts-de-Seine a confirmé mettre à la charge de Mme B... un indu de 1 501,47 euros relatif à un indu de RSA ne sont assortis que des moyens inopérants, de moyens manifestement dépourvus des précisions suffisantes permettant d’en apprécier le bien-fondé et de moyens qui ne sont assortis que de faits insusceptibles de venir à leur soutien. Par suite, les conclusions d’annulation de Mme B... contre la décision ayant confirmé cet indu ne peuvent qu’être rejetées en application des dispositions du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, ainsi que par voie de conséquence les conclusions à fin d’injonction et de décharge.
Sur les conclusions à fin de remise de dette :
Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ».
Mme B... demande, à titre subsidiaire, que lui soit accordée une remise totale de sa dette de RSA compte tenu de sa situation. Toutefois, il ressort des copies d’écran produites par Mme B..., par lesquelles elle indique avoir eu connaissance de l’existence de l’indu de 1 501 euros de RSA, qu’elle avait remboursé la totalité de cette dette avant même l’introduction de la requête. Dès lors et à supposer même que le département des Hauts-de-Seine soit regardé comme ayant refusé à Mme B... le bénéfice d’une remise de dette, alors qu’au demeurant Mme B... n’a pas établi avoir sollicité une telle remise, cette décision n’a pu lui causer aucun grief, en l’absence de tout reliquat de dette à sa charge à la date d’introduction de sa requête.
Par suite, les conclusions de Mme B... à fin de remise de dette sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées sur le fondement du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme B... sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, qui ne peuvent qu’être rejetées sur le fondement des dispositions du 5° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal ordonne :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur la requête de Mme B... en tant qu’elle formule des conclusions relatives aux indus de prime exceptionnelle de fin d'année pour 2021 et 2022, de prime d’activité et de RSA pour la somme de 12 186,50 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B... est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B..., à Me Moutoussamy, au département des Hauts-de-Seine et à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 11 septembre 2024.
La magistrate désignée,
M. MonteagleLa République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 7 mai 2024, Mme A... B..., représentée par Me Moutoussamy, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite par laquelle le département des Hauts-de-Seine a confirmé, sur recours administratif préalable formé le 10 novembre 2023, qu’elle était redevable de deux indus de revenu de solidarité active (RSA) pour les sommes respectives de 1 501 euros, versées entre mai 2022 et juillet 2022, et de 12 186 euros, versées entre juillet 2020 et mai 2023 ;
2°) d’annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) des Hauts-de-Seine a confirmé, sur recours administratif préalable formé le 5 juillet 2023, qu’elle était redevable d’un indu de prime d’activité pour la somme de 120,11 euros, versée à tort en avril 2022 ;
3°) d’annuler les décisions, révélées par la consultation de son compte allocataire en ligne, par laquelle la CAF des Hauts-de-Seine a mis à sa charge des indus de prime exceptionnelle de fin d'année pour 2020 et 2022 ;
4°) de la décharger du paiement de ces sommes ;
5°) à titre subsidiaire, de lui accorder une remise de dette ;
6°) d’enjoindre au département des Hauts-de-Seine ainsi qu’à la CAF des Hauts-de-Seine de procéder au remboursement des sommes déjà retenues en vue du remboursement des indus.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2024, ainsi que des pièces complémentaires, enregistrées le 24 juillet 2024, la CAF des Hauts-de-Seine conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Vu :
- la décision du 29 janvier 2024 par laquelle le président du bureau d’aide juridictionnelle auprès du tribunal judiciaire de Pontoise a admise Mme B... à l’aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : (…)/; 3° Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; (…) / 7°Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. (…) ».
Sur l’exception de non-lieu à statuer :
La CAF des Hauts-de-Seine établit qu’elle a procédé, le 4 juillet 2024, à l’effacement dans leur intégralité des dettes de prime d’activité, de prime exceptionnelle de fin d'année ainsi que de l’une des dettes de RSA à hauteur de 12 186,50 euros, compte tenu des mesures prises dans le cadre de la situation de surendettement de la requérante. La CAF fait valoir en conséquence, sans être contredite par Mme B... à qui le mémoire en défense a été communiqué, que la requête a perdu son objet en cours d’instance. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la CAF ait procédé à l’effacement de la dette de RSA de 1 501,47 euros, correspondant à des prestations versées à tort entre mai 2022 et juillet 2022.
Il résulte de ce qui précède qu’il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions d’annulation relatives aux indus ayant fait l’objet d’un effacement, ainsi que, par voie de conséquence, sur les conclusions à fin d’injonction et sur celles, présentées, à titre subsidiaire relatives à une remise de dette en application des dispositions du 3° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. En revanche, il y a toujours lieu de statuer sur les conclusions relatives à l’indu de RSA de 1 501,47 euros, correspondant à des sommes versées au titre des mois de mai 2022 à juillet 2022, qui n’ont pas fait l’objet d’un effacement et la fin de non-recevoir opposée par la CAF en défense doit être écarté dans cette mesure.
Sur le surplus des conclusions à fin d’annulation :
En premier lieu, aux termes de l’article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : « Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n’est pas illégale du seul fait qu’elle n’est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l’intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande ».
Dès lors que Mme B... attaque une décision implicite par laquelle le département a confirmé l’indu de RSA de 1 501 euros mis à sa charge, elle ne peut utilement se prévaloir d’un défaut de motivation de cette décision, alors même qu’elle n’établit, ni même n’allègue, avoir sollicité communication des motifs de la décision en application des dispositions précitées. Par suite, son moyen tiré du défaut de motivation est inopérant.
En deuxième lieu, Mme B... soutient que son droit d’information et de communication prévu par les dispositions des articles L. 114-19 et L. 114-21 du code de la sécurité sociale a été méconnu dès lors qu’elle a vainement sollicité communication du rapport d’enquête et qu’elle n’a pas été informée de l’origine et de la teneur des informations qui fondent l’indu. Il résulte toutefois de l’instruction, notamment des termes du courrier du 20 juin 2023 adressé à Mme B... par la CAF des Hauts-de-Seine et l’informant de cet indu, que ce dernier a été mis à la charge de Mme B... après que la requérante a spontanément déclaré à la CAF le 18 juin 2023 un changement de situation professionnelle, en déclarant l’activité salariée qu’elle avait menée entre le 23 novembre 2021 et le 19 février 2022. L’indu ne résulte donc d’aucune enquête ou analyse de la CAF, au cours de laquelle cet organisme aurait fait usage de son droit de communication ou aurait établi un rapport d’enquête, mais seulement des déclarations de Mme B.... Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 114-19 et L. 114-21 du code de la sécurité sociale est inopérant.
En troisième lieu et comme il vient d’être dit, la requérante n’a fait l’objet ni d’une enquête sur place, ni d’une enquête sur pièce effectuée par un contrôleur assermenté et agréé. Dès lors le moyen tiré du défaut d’assermentation et d’agrément du contrôleur ayant procédé à la vérification de la situation de la requérante est inopérant.
En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 262-2 du code de l’action sociale et des familles : « Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. (…) ». Aux termes de l’article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles : « I.- Le montant dû au foyer bénéficiaire du revenu de solidarité active est égal à la moyenne des montants intermédiaires calculés pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit. II. Pour le calcul de l'allocation, les ressources du trimestre de référence prises en compte sont les suivantes : 1° La moyenne mensuelle des ressources perçues au cours des trois mois précédant la demande ou la révision, à l'exception de celles prévues aux 2° et 3° ; (…) ». Aux termes de l’article R. 262-37 du même code : « Le bénéficiaire de l’allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l’organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l’un ou l’autre de ces éléments ».
Si la requérante soutient que les indus ne sont pas fondés, faute pour la CAF d’établir le versement effectif des sommes en cause et dès lors qu’elle remplissait les conditions pour percevoir le RSA, elle se borne toutefois à une allégation générale sans apporter aucune précision, ni produire aucune pièce de nature, d’une part, à mettre en doute la réalité de ces versements, en ne joignant ni relevé bancaire, ni ses relevés de prestations pour l’année 2022, et, d’autre part, à établir l’état de sa situation financière sur le trimestre de référence permettant au juge d’apprécier la réalité de ses ressources entre février et juin 2022. Son moyen tiré de l’erreur d’appréciation est donc manifestement dépourvu de précisions suffisantes permettant d’en apprécier le bien-fondé.
En tout état de cause, il résulte de l’instruction que l’indu de RSA en litige résulte de ce que Mme B... a déclaré à la CAF avoir été salariée entre le 23 novembre 2021 et le 19 février 2022, de sorte que la CAF n’a fait que prendre en compte ses déclarations sur le trimestre de référence pour en déduire qu’elle n’avait pas de droit au RSA entre mai 2022 et juillet 2022. Ce point n’est pas contesté par la requérante.
En dernier lieu, aux termes de l’article L. 262-45 du code de l’action sociale et des familles : « L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. / La prescription est interrompue par une des causes prévues par le code civil. L'interruption de la prescription peut, en outre, résulter de l'envoi d'une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, quels qu'en aient été les modes de délivrance (…) ».
Il résulte de l’instruction que Mme B... a formé un recours préalable pour contester l’indu litigieux le 23 novembre 2023. Elle doit donc être regardée comme ayant eu connaissance de la décision mettant à sa charge l’indu de 1 501,47 euros au plus tard à cette date. Dès lors et à supposer que la requérante ait acquis connaissance de la décision de récupération de l’indu, qui interrompt la prescription, seulement le 23 novembre 2023, la prescription biennale ne faisait manifestement pas obstacle à ce que la CAF récupère des sommes versées entre mai 2022 et juillet 2022, soit à peine plus d’un an auparavant. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la créance serait partiellement prescrite n’est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation dirigées la décision implicite par laquelle le département des Hauts-de-Seine a confirmé mettre à la charge de Mme B... un indu de 1 501,47 euros relatif à un indu de RSA ne sont assortis que des moyens inopérants, de moyens manifestement dépourvus des précisions suffisantes permettant d’en apprécier le bien-fondé et de moyens qui ne sont assortis que de faits insusceptibles de venir à leur soutien. Par suite, les conclusions d’annulation de Mme B... contre la décision ayant confirmé cet indu ne peuvent qu’être rejetées en application des dispositions du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, ainsi que par voie de conséquence les conclusions à fin d’injonction et de décharge.
Sur les conclusions à fin de remise de dette :
Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ».
Mme B... demande, à titre subsidiaire, que lui soit accordée une remise totale de sa dette de RSA compte tenu de sa situation. Toutefois, il ressort des copies d’écran produites par Mme B..., par lesquelles elle indique avoir eu connaissance de l’existence de l’indu de 1 501 euros de RSA, qu’elle avait remboursé la totalité de cette dette avant même l’introduction de la requête. Dès lors et à supposer même que le département des Hauts-de-Seine soit regardé comme ayant refusé à Mme B... le bénéfice d’une remise de dette, alors qu’au demeurant Mme B... n’a pas établi avoir sollicité une telle remise, cette décision n’a pu lui causer aucun grief, en l’absence de tout reliquat de dette à sa charge à la date d’introduction de sa requête.
Par suite, les conclusions de Mme B... à fin de remise de dette sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées sur le fondement du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme B... sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, qui ne peuvent qu’être rejetées sur le fondement des dispositions du 5° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal ordonne :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur la requête de Mme B... en tant qu’elle formule des conclusions relatives aux indus de prime exceptionnelle de fin d'année pour 2021 et 2022, de prime d’activité et de RSA pour la somme de 12 186,50 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B... est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B..., à Me Moutoussamy, au département des Hauts-de-Seine et à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 11 septembre 2024.
La magistrate désignée,
M. MonteagleLa République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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