Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407749
lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2407749 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et une pièce complémentaire, enregistrées le 30 mai 2024 et le 17 juin 2024, Mme B A, représentée par Me Dmoteng Kouam, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 5 avril 2024 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a clôturé sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation provisoire de travail dans un délai de quarante-huit heures, dans l'attente du jugement au fond ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle ne peut exercer une activité professionnelle, la privant de ressources alors qu'elle doit subvenir aux besoins de ses enfants ;
- les moyens suivants sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- elle a été prise par une autorité incompétente, en l'absence d'identité du signataire ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 423-7 et R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2407937, enregistrée le 28 mai 2024, par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 17 juin 2024 à
9 h30 heures.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière d'audience :
- le rapport de M. Poyet, juge des référés ;
- et les observations de Me Dmoteng Kouam, représentant la requérante, présente, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, en précisant ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante camerounaise née le 28 novembre 1981 à Yaoundé, est entrée en France le 17 août 2022, munie d'un visa de court séjour valable du 1er août 2022 au 29 septembre 2022. Le 3 mai 2023, elle a déposé une demande de titre de séjour sur la plateforme de l'administration numérique pour les étrangers en France et a été mise en possession d'une attestation de dépôt. Le 13 février 2024, elle a obtenu une attestation de prolongation d'instruction avec autorisation de travail valable du 13 février 2024 au 12 mai 2024. Le 5 avril 2024, elle a été notifiée d'une décision de clôture d'instruction. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Il résulte de l'instruction que la demande de titre de séjour de Mme A, déposée le
3 mai 2023, était incomplète, et que la préfecture du Val-d'Oise lui a demandé, à plusieurs reprises, de compléter son dossier, notamment en fournissant les justificatifs d'entretien du père de son enfant français, ce qui n'a pas été effectué. Par conséquent, aucun des moyens soulevés par
Mme A, tels qu'ils ont été analysés ci-dessus, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision de clôture d'instruction. Par suite, les conclusions de Mme A tendant à la suspension de l'exécution de cette décision, y compris celles aux fins d'injonction, doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'une situation d'urgence. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice doivent également être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 8 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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