Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407766
mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2407766 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Résumé IA
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme A... contestant un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 5 869 euros pour la période de décembre 2019 à novembre 2020. La requérante a confirmé avoir quitté la France de Noël 2019 à novembre 2020, ce qui établit l'absence de résidence stable et effective, condition essentielle prévue par les articles L. 262-2 et R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles. Elle a également reconnu avoir perçu des revenus locatifs non déclarés entre juin et novembre 2020, en violation de l'obligation de déclaration de l'article R. 262-37 du même code. En conséquence, les moyens soulevés ont été jugés inopérants ou insuffisamment fondés, et la requête a été rejetée en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 mai 2024 et 26 août 2024, Mme B... A... demande l’annulation de la décision du 18 avril 2024 par laquelle le département des Hauts-de-Seine a confirmé, sur recours préalable obligatoire, mettre à sa charge un indu de revenu de solidarité active (RSA) pour la somme totale de 5 869 euros, versée entre le 1er décembre 2019 et le 30 novembre 2020.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le décret n°2019-1323 du 10 décembre 2019 ;
- le décret n°2020-1746 du 29 décembre 2020 ;
- le décret n°2020-519 du 5 mai 2020 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : (…) / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que (…), des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (…) ». Aux termes de l’article R. 772-6 du même code : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l’article R. 222-1, qu’après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S’il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l’expiration du délai de recours. Il est informé qu’à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l’expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l’information prévue à l’article R. 611-7 ».
Aux termes de l’article L. 262-2 du code de l’action sociale et des familles : « Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. (….) ». Aux termes de l’article R. 262-5 du même code : « Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. (…) En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ». De plus, aux termes de l’article R. 262-6 du code de l’action sociale et des familles : « Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. ». L’article R. 262-37 du même code précise que : « Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ».
Il ressort des termes de la décision attaquée que le département du Val-d’Oise a considéré qu’il avait indûment verser le RSA à Mme A... au motif, d’une part, qu’elle ne disposait pas d’une résidence stable et effective en France sur l’ensemble de la période et que, d’autre part, elle bénéficiait de revenus locatifs depuis octobre 2018 qu’elle n’avait pas déclarés sur sa déclaration trimestrielle de ressources.
D’une part, Mme A... confirme avoir quitté la France vers Noël 2019 et n’y être pas revenue jusqu’à la fin de la période litigieuse soit novembre 2020. Ce faisant, elle vient au soutien du motif pour lequel le département a estimé à bon droit qu’elle n’avait aucun droit au RSA sur cette période en l’absence d’une résidence stable et effective en France. Si elle fait valoir des arguments tenant à des difficultés familiales ainsi qu’aux conséquences de la pandémie de Covid-19 qui auraient rendus plus difficile son retour, ces derniers, qui peuvent venir à l’appui d’une demande de remise gracieuse d’une dette, sont sans incidence sur son bien-fondé.
D’autre part, Mme A... confirme qu’elle a loué sa maison entre juin et novembre 2020, générant ainsi des revenus mobiliers et qu’en conséquence, le remboursement qui lui est demandé est justifié sur cette période. Si elle soutient qu’elle avait tout de même droit au RSA sur la période antérieure, dès lors qu’elle n’a perçu aucun revenu locatif avant juin 2020, Mme A... confirme par ailleurs, comme le présent jugement le rappelle au point 4, qu’elle ne disposait pas d’une résidence stable et effective entre le 1er décembre 2019 et le 30 juin 2020 en France, motif qui justifiait que lui soit refusé le versement du RSA, quelle que soit sa situation financière.
Il résulte de ce qui précède que les conclusions d’annulation de Mme A... ne sont assorties que de moyens inopérants, de moyens manifestement dépourvus des précisions suffisantes permettant d’en apprécier le bien-fondé et qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien, en dépit de l’invitation qui lui a été faite par le tribunal, en application des dispositions de l’article R. 772-6 du code de justice administrative, de motiver sa requête.
Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative dans toutes ses conclusions.
Par ces motifs, le tribunal ordonne :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Copie sera délivrée au département du Val-d’Oise et à la caisse d'allocations familiales du Val-d’Oise.
Fait à Cergy, le 11 septembre 2024.
La magistrate désignée,
M. Monteagle
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 mai 2024 et 26 août 2024, Mme B... A... demande l’annulation de la décision du 18 avril 2024 par laquelle le département des Hauts-de-Seine a confirmé, sur recours préalable obligatoire, mettre à sa charge un indu de revenu de solidarité active (RSA) pour la somme totale de 5 869 euros, versée entre le 1er décembre 2019 et le 30 novembre 2020.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le décret n°2019-1323 du 10 décembre 2019 ;
- le décret n°2020-1746 du 29 décembre 2020 ;
- le décret n°2020-519 du 5 mai 2020 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : (…) / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que (…), des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (…) ». Aux termes de l’article R. 772-6 du même code : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l’article R. 222-1, qu’après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S’il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l’expiration du délai de recours. Il est informé qu’à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l’expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l’information prévue à l’article R. 611-7 ».
Aux termes de l’article L. 262-2 du code de l’action sociale et des familles : « Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. (….) ». Aux termes de l’article R. 262-5 du même code : « Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. (…) En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ». De plus, aux termes de l’article R. 262-6 du code de l’action sociale et des familles : « Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. ». L’article R. 262-37 du même code précise que : « Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ».
Il ressort des termes de la décision attaquée que le département du Val-d’Oise a considéré qu’il avait indûment verser le RSA à Mme A... au motif, d’une part, qu’elle ne disposait pas d’une résidence stable et effective en France sur l’ensemble de la période et que, d’autre part, elle bénéficiait de revenus locatifs depuis octobre 2018 qu’elle n’avait pas déclarés sur sa déclaration trimestrielle de ressources.
D’une part, Mme A... confirme avoir quitté la France vers Noël 2019 et n’y être pas revenue jusqu’à la fin de la période litigieuse soit novembre 2020. Ce faisant, elle vient au soutien du motif pour lequel le département a estimé à bon droit qu’elle n’avait aucun droit au RSA sur cette période en l’absence d’une résidence stable et effective en France. Si elle fait valoir des arguments tenant à des difficultés familiales ainsi qu’aux conséquences de la pandémie de Covid-19 qui auraient rendus plus difficile son retour, ces derniers, qui peuvent venir à l’appui d’une demande de remise gracieuse d’une dette, sont sans incidence sur son bien-fondé.
D’autre part, Mme A... confirme qu’elle a loué sa maison entre juin et novembre 2020, générant ainsi des revenus mobiliers et qu’en conséquence, le remboursement qui lui est demandé est justifié sur cette période. Si elle soutient qu’elle avait tout de même droit au RSA sur la période antérieure, dès lors qu’elle n’a perçu aucun revenu locatif avant juin 2020, Mme A... confirme par ailleurs, comme le présent jugement le rappelle au point 4, qu’elle ne disposait pas d’une résidence stable et effective entre le 1er décembre 2019 et le 30 juin 2020 en France, motif qui justifiait que lui soit refusé le versement du RSA, quelle que soit sa situation financière.
Il résulte de ce qui précède que les conclusions d’annulation de Mme A... ne sont assorties que de moyens inopérants, de moyens manifestement dépourvus des précisions suffisantes permettant d’en apprécier le bien-fondé et qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien, en dépit de l’invitation qui lui a été faite par le tribunal, en application des dispositions de l’article R. 772-6 du code de justice administrative, de motiver sa requête.
Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative dans toutes ses conclusions.
Par ces motifs, le tribunal ordonne :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Copie sera délivrée au département du Val-d’Oise et à la caisse d'allocations familiales du Val-d’Oise.
Fait à Cergy, le 11 septembre 2024.
La magistrate désignée,
M. Monteagle
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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