Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2408308
lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2408308 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 juin 2024, M. B D, représenté par Me Vahedian, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de modifier les mesures ordonnées dans l'ordonnance n°2314909 rendue en date du 20 décembre 2023 par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise par une nouvelle injonction tendant à ce que le préfet des Hauts-de-Seine réexamine sa situation administrative dans un délai de deux jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.800 euros à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à défaut de son admission à l'aide juridictionnelle provisoire, de lui verser la somme directement.
M. D soutient que l'administration n'a pas réexaminé sa demande de regroupement familial, en dépit de l'article 2 de l'ordonnance n°2314909 du 20 décembre 2023.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu :
- l'ordonnance n° 2314909 rendue le 20 décembre 2023 par le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thobaty, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les requête en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 27 juin 2024 à
14 heures.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique, tenue en présence de
Mme El Moctar, greffière d'audience :
- le rapport de M. Thobaty, juge des référés ;
- et les observations de Me Vahedian pour M. D qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions au titre des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ".
2. Si l'exécution d'une ordonnance prononçant une injonction sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative peut être recherchée dans les conditions définies par les articles L. 911-4 et L. 911-5 du même code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, de compléter la mesure d'injonction demeurée sans effet en en modifiant le délai d'exécution ou en prononçant une astreinte destinée à assurer cette exécution, l'inexécution de la décision juridictionnelle présentant le caractère d'un élément nouveau au sens des dispositions dudit article L. 521-4 du code de justice administrative.
3. Eu égard à l'état de santé de M. D auquel a été reconnu un taux d'incapacité de 80% et à son placement sous curatelle renforcée renouvelée pour 60 mois par une ordonnance du juge des tutelles du 14 mars 2023, le requérant justifie d'une situation d'urgence au sens de l'l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
4. Par une ordonnance n° 2314909 du 20 décembre 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a, notamment, enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de procéder à un nouvel examen de la demande de regroupement familial de M. D présentée au bénéfice de Mme A C. Cette injonction n'ayant pas été suivie d'effet, M. D, par la présente requête, saisit le juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, et lui demande de modifier l'ordonnance n° 2314909 du 20 décembre 2023 tendant à ce que le préfet des Hauts-de-Seine réexamine sa situation administrative dans un délai de deux jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard. Eu égard à l'inexécution de la première injonction, il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de sa demande de regroupement familial au bénéfice de Mme A C dans le délai de 30 jours à compter de la mise à disposition de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu d'assortir l'injonction d'une astreinte.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle et les frais liés à l'instance :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. D à l'aide juridictionnelle provisoire.
6. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : M. D est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de la demande de regroupement familial au bénéfice de Mme A C dans le délai de 30 jours à compter de la mise à disposition de la présente ordonnance.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D, à Me Vahedian, au préfet des Hauts-de-Seine et au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer.
Fait à Cergy, le 15 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
G. Thobaty
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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