Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2408702

lundi 8 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2408702
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, un ressortissant afghan reconnu réfugié, qui demandait la suspension du rejet implicite de sa demande de carte de résident. Le juge a constaté qu'une carte de résident lui avait déjà été délivrée le 18 avril 2024, retirant ainsi la décision implicite contestée, rendant la requête irrecevable. En conséquence, la demande d'aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 et 30 juin 2024, M. B A, représenté par Me de Seze, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté implicitement sa demande de carte de résident en qualité de réfugié ;

3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer, à titre principal, une carte de résident et, à titre subsidiaire, une attestation de prolongation d'instruction avec autorisation de travail dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou à titre encore subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1.500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de la renonciation de son conseil à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il se retrouve en situation irrégulière malgré la reconnaissance de son statut de réfugié et qu'il est dans une situation de précarité en raison de son absence de ressource dû à son impossibilité de travailler ou à percevoir des aides sociales ;

- il existe plusieurs moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle méconnait les articles L. 424-1, L. 424-2, R. 424-1, R. 424-4 et L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des articles 23 et 24 de la convention de Genève ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 juin 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et indique qu'un titre de séjour est en cours d'édition.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n°2408697 enregistrée le 17 juin 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision contestée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention de Genève relative au statut des réfugiés du 28 juillet 1951 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Thobaty, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer des requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 2 juillet 2024 à

14 heures.

A été entendu au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffière d'audience, le rapport de M. Thobaty, juge des référés.

Les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant afghan né le 20 mars 1998, est entré sur le territoire français et a été reconnu réfugié par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 18 août 2023. Le 17 novembre 2023, il a sollicité un titre de séjour en qualité de réfugié sur la plateforme de l'administration numérique pour les étrangers en France (ANEF), suite à quoi il a été mis en possession d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 16 mai 2024. Par la présente requête, il demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Val-d'Oise a implicitement refusé de faire droit à sa demande de titre de séjour en qualité de réfugié.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Il ressort de l'application AGDREF qu'une décision de délivrance d'une carte de résident a été éditée le 18 avril 2024 pour la période du 10 avril 2024 au 9 avril 2034 en faveur de M. B A, ce qui a eu pour effet de retirer la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration sur la demande de titre de séjour. Par suite, à la date de la requête enregistrée le 17 juin 2024, la requête dirigée contre une décision retirée était irrecevable.

4. Dans ces conditions, la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions comme irrecevable.

5. La requête étant irrecevable, la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au préfet du Val-d'Oise et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Cergy, le 8 juillet 2024.

Le juge des référés,

Signé

G. Thobaty

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2408702