Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409170

vendredi 26 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2409170
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de rejet du renouvellement de titre de séjour de M. B, ressortissant béninois. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés par le requérant (notamment la méconnaissance de l'article L. 426-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'erreur de fait et l'erreur manifeste d'appréciation) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision préfectorale. La solution retenue est le rejet de la requête, sans qu'il soit nécessaire d'examiner la condition d'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés le 24 juin 2024 et les 2, 3 et 6 juillet 2024, M. A B demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Il doit être regardé comme soutenant que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision attaquée entraîne de graves conséquences sur sa situation personnelle et professionnelle ;

- il existe un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle méconnait l'article L. 426-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

- le préfet du Val-d'Oise a entaché sa décision d'une erreur de fait dès lors qu'il n'a pas reçu de nouvelle demande de pièces de la préfecture d'Argenteuil concernant sa demande de renouvellement de titre de séjour ; qu'il a bien effectué une demande de renouvellement de son récépissé, périmé depuis mai 2024, et qu'il a adressé plusieurs courriels à la préfecture d'Argenteuil dans le cadre du renouvellement de celui-ci, en date du 1er avril, 29 mai et 17 juin 2024, mais que, doutant de la réception desdites pièces, celui-ci a renvoyé une autre demande de renouvellement de son récépissé contenant les pièces demandées, par un pli recommandé avec avis de réception, en date du 26 juin 2024, réceptionné le 27 juin 2024 ; que la préfecture ne lui a pas demandé de leur faire parvenir les résultats du concours des médecins étrangers que ce dernier avait présenté ;

- le préfet du Val-d'Oise a commis une erreur de droit dès lors que pour lui refuser le renouvellement de son titre de séjour, le préfet lui a opposé la limite des 24 mois de stage, qu'il a déjà effectué en tant que médecin-stagiaire, alors qu'il a reçu un avis favorable du ministère de l'intérieur et des outre-mer pour poursuivre son stage malgré cette limite des 24 mois de stage ;

- le préfet du Val-d'Oise a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il lui a demandé d'adresser des documents pour un autre titre de séjour que pour celui dont il a fait une demande de nouvellement, et, pour lui refuser le renouvellement de son titre de séjour, s'est borné à lui opposer la limite des 24 mois de stage pour les médecins-stagiaires, alors qu'il avait reçu un avis favorable du ministère de l'intérieur et des outre-mer pour poursuivre son stage à l'hôpital malgré cette limite ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juillet 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer de la requête.

Il fait valoir que le nécessaire a été fait pour instruire la demande de titre de séjour du requérant mais que ce dernier s'est montré négligeant dans le suivi de sa demande en ne répondant pas aux sollicitations des services de la préfecture d'Argenteuil ; qu'une nouvelle demande de pièces lui a été adressée par les services de la préfecture d'Argenteuil.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n°2408095, enregistrée le 4 juin 2024, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision contestée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer des requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 15 juillet 2024 à

9 heures.

A été entendu, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière d'audience, le rapport de M. Poyet, juge des référés, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant béninois né le 3 janvier 1991, est entré en France, en novembre 2020, avec le statut de médecin stagiaire, selon ses déclarations. Il a été mis en possession d'un titre de séjour portant la mention " stagiaire ", valable jusqu'au 16 février 2023. Le 3 novembre 2023, il a sollicité auprès du sous-préfet d'Argenteuil le renouvellement de son titre de séjour. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par M. B, tels qu'ils ont été analysés ci-dessus, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision implicite par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour. Par suite, les conclusions de M. B tendant à la suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'une situation d'urgence ni sur la fin de non-recevoir soulevée par le préfet du Val-d'Oise.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 26 juillet 2024

Le juge des référés,

signé

M. Poyet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2409170