Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409173

mercredi 31 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2409173
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête en référé suspension de Mme B, ressortissante marocaine, qui contestait le refus de renouvellement de sa carte de résident. La requérante invoquait l’urgence et plusieurs moyens, dont l’insuffisance de motivation, la méconnaissance des articles L. 412-5, L. 433-2 et L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. Le juge a estimé qu’aucun de ces moyens n’était, en l’état, de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’urgence. La demande a donc été rejetée, y compris les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 juin 2024, Mme A B, représentée par Me Berdugo, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 29 septembre 2023, notifiée le 3 novembre 2023, par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de sa situation sans délai et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail le temps de cet examen, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est présumée remplie, dès lors que le refus de renouvellement de son titre de séjour la place en situation irrégulière, qu'en l'absence de titre de séjour, elle risque d'être privée de son emploi et de son logement et qu'elle fait actuellement l'objet d'une mesure d'assignation à résidence ;

- il existe plusieurs moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* elle est insuffisamment motivée ;

* elle méconnait les articles L. 412-5 et L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle et eu égard à l'absence de menace à l'ordre public ;

* elle méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête :

Il fait valoir, à titre principal, que la requérante s'est désistée de sa requête en l'absence de confirmation de la requête au fond dans un délai d'un mois après l'ordonnance n° 2315878 du 2 janvier 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise et, à titre subsidiaire, en l'absence d'urgence et de doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance n° 2315878 du 2 janvier 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;

- la requête n° 2314734, enregistrée le 5 novembre 2024, par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision contestée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer des requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 12 juillet 2024 à

10 heures.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffière d'audience :

- le rapport de M. Poyet, juge des référés ;

- et les observations orales de Me Berdugo, représentant Mme B, requérante, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, en précisant ses écritures,

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante marocaine née le 28 mars 1988, est entrée sur le territoire français le 10 janvier 2011 sous couvert d'un visa long séjour portant la mention " conjoint de français ". Bénéficiaire d'une carte de résident valable jusqu'au 26 décembre 2021, elle en a sollicité le renouvellement en 2022 et a été maintenue sous récépissé jusqu'au 26 octobre 2023. Par un arrêté du 29 septembre 2023, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement de carte de résident, l'a obligée de quitter le territoire français sans délai et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 29 septembre 2023 portant refus de renouvellement de titre de séjour.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par Mme B, tels qu'ils ont été analysés ci-dessus, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 29 septembre 2023 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour. Par suite, les conclusions de Mme B tendant à la suspension de l'exécution de cette décision, y compris celles aux fins d'injonction et d'astreinte, doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'une situation d'urgence ni sur la fin de non-recevoir soulevée par le préfet des Hauts-de-Seine. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 31 juillet 2024

Le juge des référés,

signé

M. Poyet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2409173