Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409506

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2409506
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de refus de renouvellement de titre de séjour opposée à M. A, ressortissant algérien. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, dès lors que les récépissés délivrés au requérant l'autorisaient à exercer son activité professionnelle non salariée, et qu'aucune circonstance particulière ne justifiait une intervention à très bref délai. La requête a été intégralement rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Berton, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite en date du

13 mai 2023 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, à titre principal, de lui renouveler son titre de séjour et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de prendre une nouvelle décision sur sa demande de titre de séjour dans un délai de de 15 jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est présumée, dès lors qu'il s'agit d'un refus de renouvellement de titre de séjour, qu'il se trouve au demeurant dans une grande précarité professionnelle du fait du renouvellement permanent et illégal de récépissés, dont le dernier expire dans moins d'un mois.

- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2409499, enregistrée le 2 juillet 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision implicite attaquée.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Buisson, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 16 juillet 2024 à

14 heures.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de

Mme Soulier, greffier d'audience :

- le rapport de M. Buisson, juge des référés ;

- les observations de Me Fouace substituant Me Berton, avocat de M. A.

Le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant algérien né le 27 février 1989 à Dza (Algérie), demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite en date du 13 mai 2023 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé sa demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " commerçant ".

Sur les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Il résulte de l'instruction que M. A était titulaire d'une carte de séjour portant la mention " commerçant " valable du 8 février 2022 au 7 février 2023, qu'il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour le 13 janvier 2023 et a qu'il été mis en possession de récépissés successifs, le dernier expirant le 29 juillet 2024. Si M. A fait valoir que l'absence de décision sur sa demande de renouvellement le place dans une situation de grande précarité professionnelle, il résulte de la même instruction que les récépissés qui lui ont été remis mentionnent expressément qu'il est autorisé à exercer son activité professionnelle non salariée. Dans ces conditions, aucune des justifications fournies par le requérant de nature à justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse. Par suite la condition de l'urgence qui s'attacherait à la suspension des effets de la décision n'est pas remplie.

4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions tendant au prononcé d'une injonction et celles présentées au titre des dispositions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine

Fait à Cergy, le 18 juillet 2024.

Le juge des référés,

signé

L. Buisson

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.