Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409548

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2409548
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B, ressortissante camerounaise, qui demandait le renouvellement de son titre de séjour ou la fixation d’un rendez-vous en préfecture. Le juge a estimé que la condition d’urgence particulière exigée par cette procédure n’était pas remplie, la requérante disposant d’un titre valable jusqu’au 20 juillet 2024 et n’établissant pas une situation d’extrême urgence nécessitant une intervention sous 48 heures. La solution retenue s’appuie sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que sur les articles L. 521-2 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Balme Leygues, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) à titre principal, d'enjoindre à l'État de lui délivrer un certificat de résidence ou le renouvellement de son titre de séjour dans un délai de cinq jours à compter de l'intervention de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à l'État de lui fixer un rendez-vous lui permettant de déposer son dossier, contre remise d'une preuve de régularité de son séjour en France l'autorisant à travailler et à voyager, le temps de l'instruction de sa demande, dans un délai de cinq jours à compter de l'intervention de l'ordonnance à venir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est présumée s'agissant d'un renouvellement de titre de séjour, qu'elle dispose d'un titre de séjour valable jusqu'au 20 juillet 2024 et qu'elle entend en obtenir le renouvellement, sauf à ce qu'une carte de résident lui soit remise, qu'un titre de séjour valable lui est indispensable pour exercer sa profession d'avocat, ne serait-ce que pour faire des actes usuels de la profession, notamment renouveler sa clé RPVA, qu'elle a déjà renoncé à se rendre à un colloque prévu à Douala, le 4 juillet 2024, qu'aucun créneau de rendez-vous n'est disponible dans les services de la préfecture avant que son titre de séjour n'expire et l'administration ne propose aucune solution ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, à son droit au respect de la liberté personnelle, à sa liberté individuelle, à son droit de mener une vie familiale normale et à son droit de travailler.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante camerounaise née le 12 novembre 1978, titulaire d'un titre de séjour portant la mention " entrepreneur - profession libérale - exercice d'une activité non salariée ", valable du 21 juillet 2020 au 20 juillet 2024, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence ou de lui renouveler son titre de séjour et, à titre subsidiaire, de lui fixer un rendez-vous lui permettant de déposer son dossier, contre remise d'une preuve de régularité de son séjour en France l'autorisant à travailler et à voyager, le temps de l'instruction de sa demande.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, ou encore d'une demande fondée sur l'article L. 521-3 du même code qui peut être satisfaite s'il est justifié, notamment, de l'urgence et de l'utilité de la mesure demandée, une demande présentée, comme en l'espèce, au titre de la procédure de l'article L. 521-2 de ce code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

4. Pour justifier de l'urgence particulière qu'il y aurait à enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine les mesures qu'elle sollicite, Mme B fait valoir qu'elle a demandé le renouvellement de son actuel titre de séjour, qui est valable jusqu'au 20 juillet 2024, dont la détention lui est indispensable pour exercer sa profession d'avocat, ne serait-ce que pour faire des actes usuels de la profession, notamment renouveler sa clé RPVA, qu'elle a déjà renoncé à se rendre à un colloque prévu à Douala, le 4 juillet 2024, et insiste tout particulièrement sur la circonstance qu'aucun créneau de rendez-vous n'est disponible dans les services de la préfecture avant que son titre de séjour n'expire, l'administration ne proposant aucune solution depuis le mois d'avril 2024. Toutefois, étant titulaire d'un titre de séjour portant la mention

" entrepreneur - profession libérale - exercice d'une activité non salariée " valable jusqu'au 20 juillet 2024, en l'état de l'instruction, l'intéressée ne justifie pas d'une situation d'extrême urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.

5. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme B, en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 5 juillet 2024.

Le juge des référés,

Signé

M. Poyet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 24095482