Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409686
mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2409686 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2024, M. D A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de prendre des mesures pour rétablir ses droits parentaux ;
2°) de suspendre les décisions fondées sur les rapports du service de l'aide sociale à l'enfance du Val-d'Oise ;
3°) d'ordonner le retour immédiat de ses enfants à son domicile ;
4°) d'ordonner une enquête sur le fonctionnement du service de l'aide sociale à l'enfance du Val-d'Oise.
Il soutient que :
- le service de l'aide sociale à l'enfance du Val-d'Oise a établi des rapports mensongers sur la base desquels ont été prises les décisions du juge des enfants ;
- ce service ne respecte pas son autorité parentale et ne lui fournit pas les différents rapports ni ne font droit à ses demandes en méconnaissance des articles 371-1 et 373-2-10 du code civil et à l'article 4 de la loi n°2019-722 du 10 juillet 2019.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ouillon, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement en assistance éducative du 18 octobre 2023, du juge des enfants de B, confirmé par un arrêt de la Cour d'appel de Versailles du 1er mars 2024, les deux enfants de M. A ont fait l'objet d'un placement auprès du service de l'aide sociale à l'enfance du Val-d'Oise. Par un jugement du 12 avril 2024, le juge des enfants de B a renouvelé le placement des enfants du requérant auprès du service de l'aide sociale à l'enfance du Val-d'Oise jusqu'au 30 avril 2025 et a accordé à M. A un droit de visite en présence d'un tiers. Par une ordonnance du 2 mai 2024, le juge des enfants de B a suspendu le droit de visite médiatisé de M. A à l'égard de ses enfants. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de prendre des mesures pour rétablir ses droits parentaux, de suspendre les décisions du juge des enfants s'appuyant sur les rapports établis par le service de l'aide sociale à l'enfance du Val-d'Oise et d'ordonner le retour immédiat de ses enfants à son domicile et enfin d'ordonner une enquête sur le fonctionnement du service de l'aide sociale à l'enfance du Val-d'Oise.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code précité mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
4. En premier lieu, les mesures demandées par M. A au juge des référés tendant à ce qu'il soit rétabli dans ses droits parentaux, à ce que les mesures éducatives prises au bénéfice de ses enfants soient suspendues et à ce que le retour de ses enfants à son domicile soit ordonné, visent à remettre en cause et à faire obstacle à l'exécution des décisions, rappelées au point 1, prises par le juge des enfants du C judiciaire de B. Les mesures ainsi demandées par M. A, qui tendent à la contestation de décisions rendues par le juge judiciaire, ne relèvent pas de la compétence de la juridiction administrative. Par suite, les conclusions tendant au prononcé de ces mesures sont manifestement irrecevables et doivent être rejetées.
5. En second lieu, pour demander que le juge des référés ordonne une enquête sur le fonctionnement du service de l'aide sociale à l'enfance du Val-d'Oise, M. A fait valoir, sans d'ailleurs en justifier dans la présente instance, que ce service ne respecterait pas ses obligations à son égard et ne lui apporterait pas de réponses ni ne lui communiquerait les documents qu'il demande. Toutefois, les circonstances dont se prévaut le requérant ne suffisent pas à établir une situation d'urgence particulière impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans un très bref délai de quarante-huit heures. Sa demande doit donc être rejetée.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A.
Fait à Cergy, le 10 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé
S. Ouillon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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