Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411022
mardi 20 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2411022 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Biangouo-Ngniandzian Kanza, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 23 juillet 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours ;
2°) d'ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de retirer cet arrêté dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que cette décision a des conséquences sur sa vie privée et familiale, et notamment ses relations avec son enfant français, sa liberté de mouvement, sa situation professionnelle et sociale et sa situation personnelle ;
- il existe plusieurs moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* le signataire de l'arrêté du 23 juillet 2024 n'est pas compétent ;
* la durée de l'assignation méconnaît l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* cet arrêté est disproportionné et porte atteinte aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* il a respecté les obligations imposées par la précédente assignation à résidence ;
* l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant dès lors qu'il est le père d'un enfant français et qu'il participe à son éducation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2411039, enregistrée le 30 juillet 2024, par laquelle M. A, demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme L'Hermine, conseillère, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien né le 22 août 1997, est entré régulièrement en France le 15 août 2005. Il a été muni de plusieurs titres de séjour dont le dernier, qui portait la mention " résidence avant l'âge de 13 ans " a expiré le 21 juin 2021. Par un arrêté du 4 avril 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un arrêté du 23 juillet 2024, le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours, renouvelable deux fois. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " . L'article L. 522-1 de code dispose que : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige, M. A, se borne à soutenir, que la décision porte atteinte à sa vie familiale dès lors qu'elle compromettrait gravement le maintien des liens affectifs avec son enfant de nationalité française, qu'il est porté atteinte à sa liberté de mouvement, qu'étant en recherche active d'emploi, la décision fait obstacle à ce qu'il se rende à des entretiens d'embauche, qu'elle détériore sa situation personnelle en ce qu'elle est de nature à affecter sa santé mentale. Il ne produit aucun élément de nature à établir la réalité de ses allégations. En outre, il résulte de l'instruction que M. A a présenté le 30 juillet 2024, une requête tendant à l'annulation de l'arrêté du 23 juillet 2024 et que l'affaire est appelée au rôle d'une audience devant se tenir le 14 août prochain. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas que les effets de la décision qu'il conteste porteraient une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation de nature à caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, justifiant que sans attendre le jugement de la requête au fond, son exécution soit suspendue.
5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, qu'il y a lieu de rejeter la requête en toutes ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en application de l'article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 20 août 2024.
Le juge des référés,
Signé
M. L'Hermine
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2411022
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