Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411278

lundi 5 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2411278
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la lettre 48SI du 17 mai 2024 invalidant le permis de conduire de M. A pour solde de points nul. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, l'intéressé ayant lui-même créé la situation par ses infractions répétées sans démontrer l'absence d'alternative à l'usage de son véhicule pour ses obligations parentales. La requête a été rejetée en toutes ses conclusions, y compris la demande d'injonction et de frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 août 2024, M. B A, représenté par Me Lacour, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la lettre 48SI du 17 mai 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer transitoirement son permis ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée, dès lors que la privation du permis de conduire l'empêche de remplir ses obligations parentales à l'égard de ses deux enfants dont il a la garde alternée ;

- son solde de points n'était pas nul au moment de l'édiction de la lettre 48SI, laquelle est en outre insuffisamment motivée, et les infractions qui lui sont imputées ne sont pas établies, faisant ainsi naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- la requête n° 2411367 enregistrée le 2 août 2024 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision contestée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. d'Argenson, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. A l'appui de sa requête, M. A indique se trouver dans une situation d'urgence dès lors que la privation de son permis de conduire lui interdit d'emmener ses deux enfants à l'école, enfants qu'il prend en charge en garde alternée. Toutefois, d'une part, l'intéressé, qui n'indique pas avoir exercé un recours administratif pour contester la décision attaquée, n'apporte aucun élément permettant d'établir ou même de présumer qu'il ne serait pas l'auteur des multiples contraventions routières dont il s'est rendu coupable au cours des dernières années, dont il ne pouvait ignorer, compte tenu de leur caractère répété, et sans que l'intéressé exprime dans sa requête la moindre velléité de changement de comportement ou de prise de conscience de sa dangerosité pour lui-même ou pour autrui, qu'elles pouvaient conduire au retrait de son permis de conduire, et ne peut donc utilement invoquer une situation d'urgence qu'il a lui-même créé. D'autre part, si l'intéressé invoque la nécessité de déposer ses enfants à l'école en voiture, il ne donne aucune indication de distance entre son domicile et l'école de ses enfants et ne fait état d'aucune recherche infructueuse d'une solution alternative à la voiture, alors en outre que la rentrée scolaire n'aura lieu qu'en septembre. La condition d'urgence prévue par les dispositions précitées ne peut donc être regardée, en l'espèce, comme remplie.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer

Fait à Cergy, le 5 août 2024.

Le juge des référés

signé

P.-H. d'Argenson

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.