Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411471
jeudi 8 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2411471 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 août 2024, M. A B, représenté par Me de Sa-Pallix demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 14 juin 2024 du préfet des Hauts-de-Seine en tant qu'il porte retrait de sa carte de séjour pluriannuelle et refus de renouvellement de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travail ou une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros hors taxes en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est présumée remplie, dès lors que la décision attaquée lui refuse le renouvellement de son titre de séjour, qu'il est placé dans une situation de précarité administrative étant en situation irrégulière, qu'il est empêché de poursuivre son activité professionnelle et ne peut ainsi subvenir à ses besoins ni à ceux de ses enfants et qu'il risque une exécution forcée de sa mesure d'éloignement ce qui le place dans une situation d'angoisse ;
- les moyens suivant sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :
- les décisions portant retrait de titre de séjour et refus de renouvellement de titre de séjour ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elles méconnaissent sont droit à être entendu ;
- elles méconnaissent les articles L. 122-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et le principe du contradictoire ;
- elles ont été prises à la suite d'une procédure irrégulière en méconnaissance de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ;
- elles ont été prises à la suite d'une procédure irrégulière en méconnaissance de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles sont entachées d'une erreur de fait concernant sa situation personnelle ;
- elles méconnaissent l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne constitue pas de menace à l'ordre public ;
- elle méconnaissent l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent l'article 3.1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elles méconnaissent l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu :
- le jugement n°2409851 du 25 juillet 2024 du magistrat désigné du tribunal administratif de Cergy-Pontoise
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relatives aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. d'Argenson, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant congolais (RDC) né le 28 décembre 1982, a été mis en possession d'une carte pluriannuelle valable du 14 février 2019 au 13 février 2021. Le 22 février 2022, il a sollicité le renouvellement de sa carte. Par un arrêté du 14 juin 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de renouveler sa carte de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de son renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté en tant que seulement il porte retrait de carte de séjour pluriannuelle et refus de renouvellement de son titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.
4. Pour caractériser l'urgence de sa situation, M. B soutient qu'il est placé dans une situation de précarité administrative étant en situation irrégulière, qu'il est empêché de poursuivre son activité professionnelle et ne peut ainsi subvenir à ses besoins ni à ceux de ses enfants et qu'il risque une exécution forcée de sa mesure d'éloignement ce qui le place dans une situation d'angoisse. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, ainsi que l'a en outre estimé le magistrat désigné par son jugement n° 2409851 du 25 juillet 2024, n'établit pas être en situation régulière depuis 2021, ni contribuer à l'entretien et l'éducation de ses enfants ni n'établit disposer d'une situation professionnelle stable depuis la fin de l'année 2021. En outre l'intéressé, par les violences qu'il a commises, à l'origine de sa condamnation, qui ont motivé le refus de renouvellement contesté, s'est lui-même placé dans la situation qu'il déplore. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas que l'arrêté en litige porte une atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation de nature à caractériser une urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Par suite, la condition d'urgence prévue par ces dispositions ne peut être regardée comme étant remplie.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Cergy-Pontoise, le 8 août 2024.
Le juge des référés,
signé
P.-H. d'Argenson
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.0
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