Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411558
mardi 20 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2411558 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 août 2024, M. D et Mme C E, agissant en qualité de représentants légaux de leur enfant B E D, représentés par Me Clerc, demandent au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article
L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution la décision du 4 juin 2024, confirmée sur recours gracieux le 1er juillet 2024, par laquelle le directeur académique des services de l'éducation nationale des Hauts-de-Seine a affecté leur fils B E D en classe de sixième au collège Victor Hugo à Nanterre ;
2°) d'enjoindre à la direction des services départementaux de l'éducation nationale de procéder à l'affectation de M. B E D au collège Les Chènevreux ou à défaut de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les requérants soutiennent que :
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la rentrée scolaire étant imminente, l'affectation de leur fils dans le collège Victor Hugo, qui lui crée une forte angoisse, leur fera supporter à très court terme les frais supplémentaires liés à l'emploi d'un professeur particulier en portugais et va compliquer leur organisation matérielle ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- les décisions en litige sont insuffisamment motivées faute de viser les dispositions règlementaires et circulaires applicables ;
- la décision rejetant leur recours gracieux est entachée d'un vice de forme faute de comporter une signature ;
- il n'est pas établi que le directeur des services départementaux de l'éducation nationale ait correctement apprécié la situation de B dans le cadre du pouvoir d'appréciation que lui confèrent les dispositions de l'article D. 211-11 du code de l'éducation ;
- les décisions en litige méconnaissent les articles 3-1 et 28 de la convention internationale des droits de l'enfant, 2 du protocole additionnel de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, 13 du préambule de la constitution de 1946 et les articles L. 111-1 et L. 141-1 du code de l'éducation ;
- elles portent atteinte à l'intérêt supérieur de leur enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 août 2024, le recteur de l'académie de Versailles conclut au non-lieu à statuer.
Il soutient que, par décision du 19 août 2024, B E D a été affecté dans l'établissement demandé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2411751 enregistrée le 7 août 2024 par laquelle M. D et Mme C E demandent l'annulation de la décision litigieuse.
Vu :
- le préambule de la constitution du 27 octobre 1946 ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le 1er protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Charlery, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 20 août 2024 à
9 heures 30.
Le rapport de Mme Charlery, juge des référés, a été entendu au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Grospierre, greffier d'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D et Mme C E ont sollicité auprès de la direction des services départementaux de l'Education nationale des Hauts-de-Seine une dérogation à la carte scolaire en vue de l'affectation, pour l'année scolaire 2024/2025, de leur fils B au sein du collège Les Chènevreux au lieu du collège Victor Hugo, tous deux situés sur le territoire de la commune de Nanterre, dont il a été accusé réception le 19 mars 2024. Suite à l'affectation de leur enfant au collège Victor Hugo, dont ils ont été informés par un appel téléphonique de cet établissement le 7 juin 2024, M. D et Mme C E ont, par courrier du 12 juin 2024, renouvelé leur demande de dérogation, dont ils ont été informés du rejet en se connectant, le 2 juillet 2024, à leur espace personnel sur la plateforme DAFNE (Dispositif Affectation Numérique Eleve). Par la présente requête, M. D et Mme C E, demandent à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution des décisions du 4 juin 2024 et du 1er juillet 2024.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Par une décision du 19 août 2024, le directeur des services départementaux de l'éducation nationale des Hauts-de-Seine a accordé à M D et Mme C E la dérogation demandée en affectant leur fils au collège Les Chènevreux à Nanterre à la prochaine rentrée scolaire. Dès lors, les conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par les requérants sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. D et Mme C E et non compris dans les dépens, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à M. D et Mme C E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D et à Mme F C E et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Versailles.
Fait à Cergy, le 20 août 2024.
La juge des référés,
Signé
C. Charlery
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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