Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412052
vendredi 6 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2412052 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 août 2024 et le 3 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Lerein, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé d'enregistrer sa demande de délivrance d'un certificat de résidence algérien ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa demande, de lui fixer un rendez-vous afin qu'elle puisse déposer sa demande de titre de séjour, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros HT à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors, d'une part, qu'elle est maintenue dans une situation irrégulière qui la prive de ses droits sociaux et de la possibilité de travailler et qui l'expose à des risques d'éloignement alors que sa famille séjourne en France et qu'elle est enceinte ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet du Val-d'Oise, en refusant d'enregistrer sa demande de titre de séjour, méconnaît l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'arrêté du 28 septembre 2023 ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations du d) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer.
Il soutient que la requête est dépourvue d'objet dès lors qu'aucun refus d'enregistrement n'a été opposé à la demande de Mme A et qu'elle est au contraire en cours d'instruction.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2412054, enregistrée le 20 août 2024, par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Richard, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 5 septembre à
14 heures 30.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Richard, juge des référés ;
- et les observations orales de Me Lerein, pour Mme A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, et demande en outre qu'il soit enjoint au préfet du Val-d'Oise à tout le moins de délivrer à Mme A un récépissé d'enregistrement de sa demande de titre de séjour.
Le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent ni représenté.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante algérienne, née le 30 juillet 1988, est entrée en France avec sa fille le 19 mai 2023 munie d'un visa long séjour valable jusqu'au 9 août 2023, dans le cadre d'un regroupement familial. Elle déclare avoir sollicité à son arrivée en France auprès de la préfecture du Val-d'Oise la délivrance d'un certificat de résidence algérien sur le fondement du d) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien dont l'enregistrement a été refusé par un courriel du 20 juillet 2023. En raison de l'impossibilité dans laquelle elle déclare s'être trouvée pour déposer sa demande sur le téléservice ANEF, Mme A fait valoir avoir adressé au préfet du Val-d'Oise une lettre recommandée avec accusé de réception le 13 juillet 2024 et des courriels les 7 juillet et 12 août 2024 pour faire enregistrer sa demande de certificat de résidence algérien. Par un courriel du 22 juillet 2024, la préfecture du Val-d'Oise l'a informée que sa demande était en cours d'instruction sur la plateforme ANEF ce que l'intéressée conteste. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé d'enregistrer da demande de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier l'urgence d'une suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé d'enregistrer sa demande de certificat de résidence algérien, Mme A fait valoir être dans l'impossibilité d'enregistrer sa demande depuis son arrivée en France, ne pas pouvoir bénéficier de droits sociaux ni travailler, et être soumise au risque d'être séparée de son époux et de sa fille alors qu'elle est enceinte de huit mois. Toutefois, les circonstances ainsi invoquées ne sont pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait à la suspension des effets de la décision attaquée alors, au demeurant, que Mme A est en situation irrégulière sur le territoire français depuis le 10 août 2023.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur l'exception de non-lieu opposée en défense par le préfet du Val-d'Oise, que les conclusions aux fins de suspension présentées par Mme A ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et sa demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 6 septembre 2024
La juge des référés,
signé
A. Richard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2412052
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