Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412220

jeudi 5 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2412220
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a été saisi en référé-suspension par les parents d’un enfant mineur, contestant la décision du directeur académique des Hauts-de-Seine de l’affecter au collège André Maurois plutôt qu’au collège Pasteur pour la rentrée 2024-2025. En cours d’instance, l’administration a fait droit à la demande des requérants en affectant l’enfant au collège Pasteur. Les requérants se sont alors désistés de leurs conclusions principales, ne maintenant que leur demande de frais de justice. Le tribunal a donné acte du désistement et condamné l’État à leur verser 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 août 2024, Mme B D et M. C E, agissant en qualité de représentants légaux de leur enfant mineur A F, représentés par Me Julié, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 8 juillet 2024 par laquelle le directeur académique des services départementaux de l'éducation nationale des Hauts-de-Seine a affecté leur fils, A F, en classe de sixième au collège André Maurois à Neuilly-sur-Seine (92200) pour l'année scolaire 2024-2025, rejetant ainsi leur demande d'affectation dérogatoire en classe de sixième au collège Pasteur ;

2°) d'enjoindre au directeur académique des services départementaux de l'éducation nationale des Hauts-de-Seine d'inscrire leur fils en classe de sixième au collège Pasteur à Neuilly-sur-Seine (92200) ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande d'affectation dans un délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que le collège Pasteur est à proximité du domicile des deux parents ; qu'en outre la rentrée scolaire, fixée au 2 septembre 2024, est imminente ; l'affectation de leur fils dans un collège éloigné de leur domicile est incompatible avec son âge et son état de santé, ce dernier devant rentrer le midi pour déjeuner ; Mme D ne peut aller chercher son fils à l'école en raison d'une maladie invalidante ;

- plusieurs moyens sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* elle a été prise par une autorité incompétente ;

* elle est entachée d'un défaut de motivation, en ce que les motifs de droit ou de fait n'ont pas été exposés ;

* elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle ne vise pas les dispositions règlementaires qui permettent de vérifier que les critères de dérogation ont été respectés, tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article D. 211-11 du code de l'éducation ;

* elle méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant, en empêchant leur fils de rentrer le midi pour déjeuner en raison de son état de santé et de nouer des liens sociaux.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 septembre 2024, le recteur de l'académie de Versailles conclut au non-lieu à statuer et fait valoir qu'il a été indiqué par courriel aux parents de l'enfant que leur fils sera bien affecté au collège Pasteur pour la rentrée scolaire à venir.

Par un mémoire, enregistré le 4 septembre 2024, Mme B D et M. C E, agissant en qualité de représentants légaux de leur enfant mineur A E D, représentés par Me Julié, demande de prendre acte du retrait de la décision attaquée et de prononcer un non-lieu à statuer sur leurs conclusions aux fins d'annulation et d'injonction, et maintiennent leurs conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu

- la requête n° 2412267, enregistrée le 23 août 2024, par laquelle Mme D et M. E demandent l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'éducation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Bertoncini, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D et M. E ont demandé pour leur fils A F une affectation en classe de sixième au collège Pasteur, situé à Neuilly-sur-Seine (92200). Le 8 juillet 2024, le directeur académique des services départementaux de l'éducation nationale des Hauts-de-Seine a rejeté leur demande et l'a affecté en classe de sixième au collège André Maurois situé à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), pour l'année scolaire 2024-2025. Par la présente requête, Mme D et M. E demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".

3. Par une décision du 3 septembre 2024, le directeur académique des services départementaux de l'éducation nationale des Hauts-de-Seine a accordé aux requérants la dérogation demandée, affectant le jeune A F, en classe de sixième au collège Louis Pasteur à Neuilly sur Seine (92200) pour l'année scolaire 2024-2025. Par un mémoire enregistré le 4 septembre 2024, les requérants ont présenté des conclusions tendant à ne maintenir que celles qu'ils avaient présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces conclusions équivalent à un désistement pur et simple de leurs conclusions aux fins de suspension et d'injonction. Rien ne s'oppose à ce qu'il soit donné acte de ce désistement.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais liés à l'instance à verser à Mme D et M. E.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de Mme D et M. E.

Article 2 : L'Etat versera à Mme D et M. E une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D, M. C E, et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Versailles et au directeur académique des services de l'éducation nationale des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 5 septembre 2024.

Le juge des référés,

signé

T. Bertoncini

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.